INTERROGATOIRE DU SIEUR DE CAGLIOSTRO
Du lundi 30 janvier 1786.
Par-devant nous Jean-Baptiste-Maximilien-Pierre Titon, conseiller du Roi en sa cour de Parlement, dans Tune des salles du gouvernement du château de la Bastille, a été amené, par le sieur de Losme, major adjoint du château, le nommé de Gagliostro.
* Archives de t Empire y X*, 2676.
Interroge de ses nom, surnoms, âge, qualité et demeure ,
 dit se nommer Alexandre de GagUostro , âgé de trente-sept à trente-^huit ans, professant la médecine sans en avoir fait son état particulier, demeurant à Paris, rue Saint-Claude, au Marais.
Interrogé à quoi il s'est occupé depuis qu'il est né,
 répondu qu'ayant perdu ses père et mère à Tàge de trois mois, il ne peut pas nous assurer s'il est né à Malte ou à Médine; que tout ce qu'il sait de sa naissance est qu'on lui a toujours dit qu'il était d'une extraction noble ; qu'il a reçu une éducation convenable à son état; qu'il a eu dès le bas âge un précepteur qui lui a été donné; qu'il l'a élevé dans les sciences, belleslettres et langues ; que dans un âge un peu plus mûr, il s'est occupé plus particulièrement de la botanique et de la chimie médicinale; que dès l'âge de dix-huit ans, il s'est adonné avec son précepteur aux voyages ; qu'il a parcouru l'Archipel, la Turquie, l'Asie, l'Afrique; que de là, il est venu dans l'Italie, d'abord à Naples, où il a peu séjourné ; qu'il a été ensuite à Rome, où, ayant eu la protection particulière du cardinal Orsini et du pape, et de tous les grands de ce pays-là, il a suivi le goût qu'il avait pour la médecine et l'a pratiquée surtout vis-à-vis des pauvres ; qu'il y a fait connaissance d'une jeune personne qu'il a épousée; qu'il a continué d'exercer la médecine; que son mariage lui a occasionné des ennemis : la calomnie s'est déchaînée contre lui, il a été obligé de quitter le séjour de Rome. Pour Jors, il a par-
PIÈCES JUSTIFICATIVES. :i39
couru toute l'Europe avec sa femme , et , an retour de Russie, a passé en France dans Tannée 1780. Nous observe qu'à Pétersbourg il a passé onze mois à la cour, que de la, il a été à Varsovie, où le roi de Pologne Ta forcé de rester quelque temps pour y traiter une dame de la cour dont il a opéré la guérison , et qu'il peut nous donner pour preuve de sa conduite et de la manière dont il a été accueilli dans ces différentes cours le chevalier de Gorberon, qui était chargé des affaires de France en Russie ; que voulant passer de Pologne en Angleterre, il a passé par Strasbourg.
Interrogé si c'est à Strasboui^ qu'il a fait là connaissance du cardinal de Rohan ,
A répondu que c'est à Strasbourg.
A kii demandé si le cardinal ne lui a pas témoigné lu plus grande déférence et les plus grands égards,
A répondu qu'ayant été quelque temps à Strasbourj; et s'y étant entièrement adonné à procurer les secours de son art à tous ceux qui avaient recours à lui, particulièrepient aux pauvres, M. le cardinal a voulu le voir, et l'a engagé à venir chez lui relativem»>it à un asthme qu'il ressentait; qu'ayant été dans le cas de guérir un secrétaire de M. le marquis de Salle, qui avait la gangrène extérieure et intérieure, M. le cardinal }'a engagé et forcé de venir à Paris pour y voir M. le prince de Soiibise; qu'il est resté douze jours à Paris sans avoir été employé par M. le prince de iSoubise, mais étant oUigé de donner des audiences et des conseils à une
quantité prodigieuse de monde qui l'a pour ainsi dire
assiégé ; que de là il est retourné à Strasbourg , et que M. le cardinal, content de la manière dont il se conduisit, lui a marqué les plus grands égards.
Interrogé s'il n'a pas dès ce temps-là persuadé au cardinal qu'il avait des secrets particuliers pour le faire réussir dans tout ce qu'il désirerait , À répondu que non.
Interrogé s'il connaît la dame de Lamotte , et dans quel temps il en a fait la connaissance ,
 répondu qu'il l'a connue chez le cardinal ; qu'un jour, à Strasbourg, il croit qu'elle est venuje lui demander des nouvelles d'une dame de Boulainvilliers , et si elle était à Strasbourg; qu'il lui répondit que non, et qu'elle la trouverait à Saverne.
Interrogé s'il n'est pas venu s'établir à Paris au mois de janvier 1785,
A répondu que oui, et qu'il y est arrivé le 30. Interrogé si lorsqu'il est arrivé à Paris il avait quelque fortune, et en quoi elle pouvait consister,
A répondu qu'eU/ venant à Paris il y avait apporté sufîBsamment d'argent pour s'y établir ; qu'il s'est logé au Palais-Royal à raison de 1 5 louis par mois ; qu'il y est resté à peu près vingt jours sans en sortir, mais recevant ses amis; que M. le cardinal est venu l'y voir plusieurs fois ; qu'il lui a conseillé d'en sortir, lui a offert un appartement chez lui et l'a déterminé à prendre une maison ; qu'en ayant trouvé une qui lui convenait, rue Saint-Claude, au Marais, il a chargé le sieur de Carbonnières de la louer, l'a fait meubler petit à petit et a prié
PIECES JLSTIFICATIVES. 341
le sieur de Garbonnières de présider à tous ces arrangements et à prendre les tempéraments convenables pour payer, et lui a donné de l'argent de temps en temps, ainsi que pour les frais de son carrosse. M. le cardinal est venu l'y voir dans le commencement trois ou quatre fois par semaine, et il venait souvent prendre ses repas chez lui.
Interrogé si ce n'était pas le cardinal qui fournissait à la dépense de la maison ,
A répondu que non, que c'est toujours lui répondant qui payait sa dépense, mais que le cardinal amenant de temps en temps des gens qui lui étaient attachés, comme les sieurs Planta et de Garbonnières, et lui répondant priant des amis du prince à dîner avec lui , le cardinal faisait venir un ou deux plats de chez lui , mais que lui répondant comptait tous les jours et payait de sa poche.
Interrogé si dans le mois de janvier 1785 le cardinal ne lui a pas dit qu'il allait acheter un collier de diamants pour la Reine, et s'il ne lui montra pas les conditions du marché ,
A répondu que le collier était acheté avant qu'il fut arrivé à Paris ; qu'il n'a pas vu le collier ni le marché qui a été fait; que tout ce qu'il sait, c'est que le cardinal a dit qu'il avait eu des ordres d'acheter le collier, qui était de 15 à 1600,000 livres; que lui, répondant, lui a demaîndé : « Est-ce que vous avez payé cela? — Non, dit-il, les arrangements sont faits et les bijoutiers sont contents; j'ai été à Versailles, j'ai porté le
34t PIÈCES lUSTIFICATIVES.
collier chez madame de Lamotte où la Reine deyait venir : nous l'avons attendue pendant quelque temps. Un homme est venu disant que la Reine ne pouvait pas monter; il a remis une lettre qui contenait des ordres de la Reine, pour qu'on lui livrât le collier; qu'il ne s'était pas trouvé avec l'homme auquel on a remis le collier. » Et lui a dit que cet homme s'appelait Desclaux ou Duclaux , garçon de la chambre. Le répondant a voulu lui faire quelques raisonnements , et sur ce que le cardinal lui a dit que c'était une affaire faite , il répondit au cardinal : a Ce n'est plus la peine de m'en parler. »
Interpellé de déclarer s'il a vu le marché du coUier avec les approuvé et la signature de la Reine ,
A répondu que lorsque le cardinal lui a parlé pour la première fois du collier, il ne lui a point montré le marché qui avait été fait ; qu'il ne l'a vu qu'à la fin de juillet, quinze jours avant la détention du cardinal; qu'à cette époque le cardinal lui ayant témoigné quelque inquiétude , le répondant lui dit : « Est-ce que vous n'êtes pas bien sur de ce qui a été fait? » Pour lors le cardinal lui montra le marché où il a vu les approuvé et la signature Marie- Antoinette de Frange; il dit au cardinal que cela ne lui paraissait pas bien clair; que la Reine ne devait pas signer ainsi; qu'à raison de sa place de grand aumônier il devait le savoir; qu'il y avait à parier qu'il était trompé; que le cardinal ne voulut pas le croire ; il insista et lui dit : « Sûrement vous êtes trompé; vous n'avez pas d'autre
parti à prendre que de vous aller jeter aux pieds du Roi et de lui dire ce qui s'est passe. » A quoi il répondit : « Eh bien, si je le fais, cette femme sera donc perdue? » Qu'il ne voulut pas y consentir; le répondant lui dit : a Si vous ne voulez pas le faire , un de vos amis le fera pour vous. » Ce que le cardinal a encore refusé.
A lui représenté le marché du collier où sont les approuvé et la signature Marie-Antoinette de France , contenant les conditions et propositions du marché, l'avons sommé de le reconnaître et de nous déclarer si c'est le même que celui que le cardinal lui a montré ; sommé de le parapher,
A répondu, après l'avoir examiiné, qu'il ne peut dire si c'est le même qu'il a vu, attendu qu'il n'y a pas &it d'attention, parce que cela ne l'intéressait, et ne veut le parapher, le regardant comme inutile ; ce fait, le marché n'a été paraphé ni du répondant ayant refusé de le faire , ni de nous, l'ayant été ci-devant.
Interrogé s'il n'est pas à sa connaissance que quand le cardinal a été en possession du collier, il l'a fait démonter et a disposé des diamants ,
A répondu que non.
Interrogé si dans le mois de mars dernier la dame de Lamotte ne s'est pas trouvée un jour chez le cardinal avec lui répondant ,
A répondu que oui .
Interrogé si deux jours après la dame de liamotte ne retourna pas chez le cardinal avec sa nièce , et si le
cardinal ne dit pas à la dame de Lamotte de prier lui répondant de lui faire voir une chose qui lui ferait g^rand plaisir,
A répondu qu'il croit que c'est le lendemain qu'il a vu chez le cardinal la dame de Lamotte avec une jeune fille, mais que le surplus de, la demande est faux.
Interrogé s'il n'y avait pas dans la chambre du cardinal vingt ou trente bougies d'allumées ,
A répondu qu'il y en avait comme il y en a ordinairement chez un prince, sans rien de plus.
Interrogé s'il ne fit pas mettre à genoux la jeune fille qui était avec la dame de Lamotte, et ne lui fit pas promettre de ne révéler à personne ce qu'elle allait avoir le bonheur de voir,
A répondu : «Jamais! oh! que non. »
Interrogé s'il n'a pas paré cette jeune fille d'un cordon bleu , vert et noir, et d'un cordon blanc , au bas desquels il y avait une croix et un crachat, et d'un tablier blanc sur lequel il y avait différents ordres ,
A répondu que non ; se rappelle seulement que le cardinal a pris quelques rubans qui étaient dans la chambre et les a mis sur cette jeune fille pour lui en faire présent, mais qu'il n'y avait pas de ces cordons bleus , verts , et pas de croix ni de tablier.
Interrogé s'il ne lui posa pas son épée nue sur la tête et ne lui fit pas prononcer ces mots : « Je t'ordonne, au nom du ^and Cophte et des anges Michaël et Raphaël , de me faire voir tout à l'heure tout ce que je voudrai. »
A répondu que c'est très-faux.
Interrogé s'il ne la fit pas passer derrière un paravent où étaient une table et une bouteille d'eau claire, et s'il ne lui fit pas mettre la main sur la bouteille,
A répondu que cela est très- vrai ; qu'il va nous expliquer le fait tel qu'il s'est passé; que la dame de Lamotte lui avait drt qu'elle était fort bien avec M. le cardinal, et qu'elle était fort bien aussi avec une grande dame de la cour ; que cette grande dame était grosse, et qu'on lui avait prédit ainsi qu'à une autre dame de la cour qu'elles mourraient en couches; que la seconde dame était morte, et que cela donnait beaucoup d'angoisses dans l'esprit à la grande dame, qui craignait qu'il ne lui en arrivât autant; qu'elle (de Lamotte) serait fort aise de pouvoir la tranquilliser, et que pour cela- elle avait recours à lui répondant , sachant qu'il avait beaucoup de connaissances.
A quoi il répondit : « Madame, mes connaissances sont dans la physique médicinale, et quoique je ne croie pas beaucoup au magnétisme, je m'imagine qu'il peut avoir beaucoup plus d'effet sur les enfants; par là on peut peut-être découvrir quelque chose en donnant la catalepsie. » Ce qu'il dit, parce que le cardinal était convenu avec lui de dire ces choses-là, afin de remettre l'esprit de la grande dame content. Il dit en conséquence à la dame de Lamotte : « Si vous voulez , amenez demain un enfant, quelqu'un de pur, nous ferons l'expérience. » La dame de Lamotte revint le lendemain au soir avec sa nièce ; il lui demanda si elle
était bien persuadée de son innocence, à quoi ayant répondu que oui, il demanda à la nièce si elle avait toujours été bien sage , si elle aimait bien Dieu , si eile n'avait jamais manqué à ses père et mère , et d'autres choses semblables, pour lui faire voir que si elle ne voyait pas ce qu'on allait lui demander, ce serait une preuve qu'elle ne serait pas innocente. Pour lors , il la fit passer derrière un paravent et lui fit mettre la main sur une bouteille en lui disant : « Si vous êtes ûmocetite , vous allez voir de belles choses ; et si vous ne l'êtes pas, vous ne verrez rien. » Et lui dit : « Frappez avec votre petit pied innocent. Qu'est-ce que vous voyez? — Rien. » Le répondant firappa du pied et dit : « C'est une preuve que vous ne seriez pas innocente. » Elle commença à dire : « Eh bien, monsieur, je vois, je vois, — Que voyez-vous? — La Reine! » Le répondant fut étonné et dit : « Gonunent est-elle habillée? — De blanc; elle est grosse, je vois l'estomac enflé. » Elle donna pour Jors le portrait exact de la Reine ; il resta encore plus étonné et lui dit : « Voyez si elle bsdsse la tête , c'est qu'elle accouchera heureusement , ce sera une marque que vous êtes innocente. » Elle dit : « Oui, monsieur, je vois baisser la tête. » U lui répondit : « Vous êtes bien innocente; la Reine accouchera heureusement. » Après cette opération finie, madame de Lamotte, sa nièce et le csurdinal firent une collation. Observe le répondant qu'il n'y a eu aucun serment de demandé , aucune cérémonie , et qu'il n'y avait rien d'extraordinaire dans la chambre;
qu'il pourrait attester sur cela le sieur de Garbonnières qui était entré dans la chambre un quart d'heure auparavant, et d'autres personnes qui y sont entrées après, et que le cardinal pourra nommer; ajoute que cette cérémonie a été répétée une seconde fois le lendemain à un enfent et à l'instigation du cardinal, pour rendre la dame de Lamotte satisfaite et remettre l'esprit à la {grande dame.
Interrogé si après cette dernière scène finie, l'enfant étant sorti, on n'apporta pas une table; s'il ne posa pas sur cette table une grande quantité de lumières , une épée nue en croix avec un poignard, difiGérentes médailles, des croix de Jérusalem et de Saint-Ândié, et s'il ne fit pas poser à la dame de Lamotte la main dessus en la faisant jurer que de sa vie elle ne dirait rien de ce qu'elle verrait, de ce qu'elle entendrait, et de ce qui allait lui être proposé,
 répondu que ce sont des faussetés ; qu'il en a des preuves convaincantes, ainsi qu'il vient de nous le dire, par les personnes qui sont entrées avant et après et par toutes les personnes de la maison du prince.
Interrogé s'il ne dit pas au cardinad : < Allez donc, prince, allez. » Si le cardinal n'alla pas à son secrétaire fft n'en rapporta une boîte de bois blanc ovale; s^il ne dit pas au cardinal : « Il y en a encore une , apportez-la. » Si le cardinal ne l'apporta pas ; si ces deux boîtes n'étaient pas remplies de diamants; si le cardinal ne demanda pas , en sa présence , à la dame de Lamotte si son mari voudrait aller en Angleterre et
n'ajouta pas : « Voici des diamants, j'en sais le prix; recommandez à votre mari que s'il'ne les vend pas sans être montés, il n'en rapporte pas ici sans l'être. »
A répondu que tout cela est très-faux.
Interrogé s'il n'est pas vrai que le cardinal donnait à la femme de lui répondant des diamants ; si on ne lui en a pas vu beaucoup , et si ces diamants proviennent du collier,
A répondu qu'ayant rapporté un bijou très-rare et précieux en or et en diamants, qui fait une pomme de canne dans laquelle il y a un carillon fort curieux, le cardinal l'ayant trouvé fort beau , il a prié le cardinal de l'accepter, ce que le cardinal a fait; qu'ayant voulu lui témoigner sa reconnaissance et lui donner quelques présents en retour, ce qu'il a refusé, si ce n'est que dans différentes occasions, notamment à la fête de son épouse, le cardinal lui a donné différents bijoux en diamants, savoir un petit saint-esprit, l'entourage du portrait de lui répondant et une chaîne garnie, le tout en diamants, avec une petite montre, qu'il a fait rendre plusieurs fois, mais que le cardinal l'a toujours forcé, de garder; qu'au surplus, tous les diamants tant de sa femme que de lui sont ici ; que sa femme n'en a jamais eu d'autres , et que les siens sont connus dans toutes les cours où il a voyagé.
Interrogé s'il n'a pas persuadé au cardinal que sa femme était l'intime amie de la Reine, qu'elle la voyait souvent et avait une correspondance suivie avec elle,
PIECES JL^STIFICATIYES. 340
A répondu qu'il ne Ta jamais dit; que sa femme ne connaît pas la Reine ; qu'elle n'a jamais été à Versailles ; qu'elle ne pouvait avoir de correspondance avec personne, ne sachant pas cîcrire.
A lui représentée la copie d'un billet contenant des propositions relatives au collier, interpellé de déclarer s'il le connaît et si ce n'est pas à lui ou à sa femme que ce billet a été envoyé par le cardinal, et sommé de le parapher,
A répondu après l'avoir examiné qu'il ne le connaît pas; que c'est la première fois qu'il le voit aujourd'hui, et ne veut pas le parapher, le re^jardant comme inutile ; ce fait, ledit billet n'a été paraphé ni du répondant, ayant refusé de le faire, ni de nous, l'ayant été ci-devant.
Interrogé s'il n'a pas persuadé au cardinal qu'il le * ferait parvenir au ministère ,
A répondu que non , et qu'au lieu de lui persuader de s'élever, il lui a au contraire conseillé de rester dans son état.
Interrogé si le cardinal ne lui a pas remis ou à sa femme une partie des diamants provenant du collier ou le prix de la vente de ces diamants ,
A répondu que non ; que ses actions ont toujours été publiques depuis qu'il est ici ; qu'elle n'a jamais vendu ni acheté ici de diamants, et qu'il n'a que ceux qu'il a apportés avec lui.
Interrogé s'il n'était pas sur le point d'acheter une maison de 50,000 écus, qu'il payerait comptant.
350 IMHCKS JUSTIFICATIVES.
A répondu que non.
A lui représenté que, d'après ce qu'il nous a dit qu'il a toujours exercé la médecine gratuitement et plus en faveur des pauvres que d'autres, il est étonnant qu'il puisse soutenir la dépense qu'il fait, et à lui demandé d'où provient sa fortune,
A répondu qu'il la tire de différents banquiers, notamment de Sarrasin de Bâle , et de Hans Gostard , à Lyon, et qu'il a des ressources considérables; partout au surplus où il va, il a toujours payé exactement ce qu'il devait et n'a laissé aucune dette nulle part.
Interrogé s'il veut croire les témoins ,
A répondu que oui, s'ils disent vérité.
TiTON. Le comte de Cagliostro.