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ment ou à la ruine de la France * . Marie- Antoinette ne voulait pas régner sur des esclaves et sur des débris.
Nous arrivons maintenant au récit de l'avortement de cette tentative si laborieusement, si minutieusement combinée, et qui échoua par suite de ces petits obstacles que la sagesse humaine ne peut prévoir, et dont la Providence se sert pour produire les plus grands effets.
Dès la fin d'octobre 1790, le roi, travaillé par Mirabeau dans le sens de cette résolution qui seule pouvait, selon son conseiller, le sauver ainsi que la monarchie, et à laquelle il lui fallut près d'un an pour s'accoutumer, faisait sonder confidentiellement, à titre de renseignement, les intentions du marquis de Bouille. Sa vigoureuse conduite à Nancy, où il avait victorieusement comprimé une effrayante sédition militaire, et sa réputation méritée de sang-froid, d'expérience et de désintéressement, en faisaient l'auxiliaire indispensable d'un semblable projet. L'envoyé du roi, M. d'Agoult, évêque de Pamiers, trouva l'énergique général, antithèse vivante de l'hésitant La Fayette, d'autant mieux disposé que, depuis les troubles de Nancy, il jouissait d'tine autorité sans contradiction, et cherchait lui-même une occasion. et un moyen de la faire servir à la restauration de la monarchie ou au moins au salut de la famille royale. Le plan auquel s'était arrêté d'abord M. de Bouille consistait dans un rassemblement à la frontière de ses meilleures troupes, concentration motivée par un mouvement comminatoire des troupes impériales. Il voulait faire présenter à l'Assemblée, par les départements de ces provinces frontières où sa popularité lui permettait alors la direction de l'opinion; une adresse demandant la présence du roi au milieu de son armée, pour dissiper les semences d'indiscipline qui fermentaient depuis l'explosion de Nancy,
1. Correspondance entre le comte de Mirabeau et le comte de la Marck. t. I, p. 2J6 et 2i5.
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litM ^ rc^ope. > bemml PmlUt * Caadhcr, L I, p. 1».
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l'acquit de sa conscience, il se mit à la disposition entière du roi pour l'aide et le conseil. La discussion approfondie des dispositions de ce- départ furtif du roi pour une ville frontière donna lieu, à partir de ce moment, entre le roi et le marquis, à une correspondance en chiffres qui dura huit mois, et dont le résultat fut le choix définitif, par le roi, de la ville de Montmédy pour asile*.
Le roi opta pour la route de Varennes, afin d'éviter •Reims, ville du sacre, où il était trop connu, et il assura à M. de Bouille qu'il avait une promesse formelle de l'empereur de faire marcher un corps de douze à quinze mille hommes à sa première réquisition pour appuyer moralement sa démarche.
Sans insister sur les inconvénients inséparables d'une détermination qui exigeait, pour réussir, un concert de coopérations et de discrétions à peu près impossible, — et qui vraiment ressemblait à une sorte de défi à la mauvaise fortune, — nous nous bornerons à dire que le plan adopté par Louis XVI était de ceux qui, à force de pusillanimité, touchent à la témérité la plus aveugle. Comment concilier les préparatifs minutieux d'un tel plan avec les indiscrétions de la curiosité et les délations de la trahison? Et en admettant qu'on échappât à ces dangers presque inévitables, comment admettre la sécurité d'un départ en voiture, sans escorte, de la capitale inquiète à travers la province en méfiance jusqu'à Cbâlons? Là seulement commençait la chaîne des pelotons protecteurs, qui ne pouvaient rallier leur poste sans éveiller les susceptibilités municipales et peut-être sans conflit avec les populations. Il serait trop facile de démontrer que la responsabilité de l'échec, que les divers auxiliaires se sont renvoyée mutuellement, doit surtout retomber sur un projet qui multipliait les occasions de faute ou d'erreur, de malentendu ou de trahison, au