Mimotrei dt madanu Campan, p. 3S
2. Déniera anniet du règne tt de la vit de LouU XYI, p. 4SI el solv.
3. Denùira annèei dm règne tldela vit de lotûi XYI, pu Pnotol* Hne, ^ 35», 351.
Il est permis de supposer jusqu'au bout des sentiments identiques à ceux de la reine prisonnière, à celle qui écrivait, le 5 août 1791, à M™* de Bombelles :
... On débite mille nouvelles plus folles les unes que les autres. La Russie, la Prusse, la Suède, l'Allemagne tout entière, la Suisse, la Sardaigno doivent tomber, dit-on, sur nous; l'Espagne ne sait trop ce qu'elle fera, et l'Angleterre reste nulle. Mais tranquillise-toi, ma Bombe, ton pays acquerra de la gloire, et puis voilà tout. Trois cent mille gardes nationaux parfaitement organisés, et tous braves par nature, bordent les frontières et ne laisseront pas approcher un seul houlan. Les mauvaises langues disent que, du côté de Maubeuge, huit houlans ont fait retirer et demander pardon à cinq cents gardes nationaux et à trois canons; il faut les laisser dire, cela les amuse; nous aurons notre tour pour nous moquer d'eux*...
Et dire que, cinq jours après, le délire populaire courait de nouveau sus aux Tuileries, violées vingt jours auparavant, essayant de justifier par la sublime folie de la patrie en danger et la vengeance d'une trahison le plus exécrable des attentats contre un roi et des princesses qui se félicitaient du triomphe de nos armes ! 0 ironie de la fortune ! 0 ingratitude des révolutions !
Dès la fin de l'année 1791, il était trop facile de prévoir ce résultai auquel aboutissaient fatalement, inévitablement, les empiétements quotidiens de l'Assemblée, les tergiversations des puissances, la faiblesse croissante des bons, Taudace croissante des méchants. Marie- Antoinette n'en doutait plus. « Un pareil état ne peut durer », écrivait-elle à M. de Mercy le 7 décembre 1791, « il mène droit à une catastrophe*. » Et dès le mois de septembre 1791, dans un de ces moments de découragement que n'expliquent que trop les difficultés contre lesquelles elle s'épuisait à lutter, elle écrivait à sa sœur Christine :
Notre pénible captivité vient de finir, ma chère sœur; mais, à peu de- chose près, mes chagrins et mes amertumes sont les mômes; nos ennemis connaissent le prince à
i. Recueil Feuillet de Conches, t. HI, p. 429. 2. Recueil dTHunolstein, p. 278.
MAIUE-AMOINETTE
L^ ib ml affaire. lU m"accusonl de lui inspirer loules raos volontés, Uwle» mes ti ÏbI oepeadant ib siveot de scieoMi certaine que le roi no reconnaît la justcas'; denift^ Ib qw lorsqur le nul cubilot qu'il n'est \>\ui te mpî'- ■ Neme renvoyez pas nMi ■ Imoêjfi ictf Je wt me pnro plus ; ma v le est une «existence toute noa- « Ml et jaar, je change i vue d'util, mes b'^aui jounj sont patué», H Tcs «Bfaata, jp Toadraid iW en jmix dans ma tombe, — lis mr tue-uiiL ■tcUMORStiM! A|n« dm mort, défendei-moi de tout votre ca>ur. J'ai Ioujodk mkié mra mIîbh rt «Ue d«s bonoéles personnes de tous les pays. On m'MXuse tkamms. Jv R'ai !■• basm dr dire que j'fn suis innocent*!. — Et le roi, par boohMt, ne Jnge m bomMs bonme; il oit que je n'ai jamais manqua à oe que je dénis àtmctimai-mèiM*..
Elle écri\aitdan5 le miîmc sens, avec les mêmes plaintes siir la Taiblesse ou l'imprudence des amis, l'audace que les sccU^rats puisent dans celte absence de concorde et de résistance, enfin les mêmes pressentiments funèbres, à la bonne princesse, h Vangélique Lamt balle. Celle-ci essapit en vain à ce moment d'apprivoiser et ri'hu- Imaniser le farouche dgoîsmc et l'implacable jalousie qui faisaient le I fcnd de la politique de ce terrible PiU, dont la reine ne pouvait entendre prononcer le mot « sans que la petite mort », disait-elle. « iie lui passât dans le dos ». M°" de Lamballe n'avait obtenu de l'^re homme d'Etat que des promesses évasives de ne pas laisser périr la monarchie française (il s'inquiétait peu du monarque, auteur de la guerre d'Amérique et de la construction de Chert)ourg), et, de la part des femmes de cette famille souveraine, dont le chef était plongé à la fois dans les ténèbres de l'àme et celles du corps, par la cécité et la démence, que les larmes d'une compassion impuissante*. La princesse parlait de revenir, en implorant ta permission qui lui était refusée par Marie-Antoinette, au nom de son salut, dans les termes les plus énergiques et les plus touchants *. On sait que la princesse, sourde
i. htcutil dHunoUUiit, p. 90Ï.