‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 130 sur 142 · Afctuil irHunolstrin, p · texte numérisé non relu

Afctuil irHunolstrin, p

3. Rtcûtil d'HMmolilti», p. 311, 3tt. — Ktcmnt frattld <b Comtku, t. II, p. SOO.

aux prières de ses amis, rebelle à ces défenses suppliantes de Marie- Antoinette, rentra en France et revint se jeter, avec sa raïve résolution, « dans la gueule du tigre » parisien. N'était-elle pas prête à mourir? N'avait-elle pas, dès le 15 octobre 1791, à Aix-la-Chapelle, obéissant à des pressentiments qui ne l'effrayaient pas, écrit ce testament, modèle de prévoyance intrépide, chef-d'œu\Te d'universelle sollicitude, où la bonne princesse n'oublie personne, pas même ses chiens, et que nous avons eu l'honneur de publier le premier .,.?

Dans les premiers jours de 1792 finirent, par suite d'un découragement mutuel, en présence d'événements supérieurs à tous les calculs humains, les relations de la cour et de Barnave, son dernier sauveur en titre, en espérance et en échec. Rien ne liii réussissait plus depuis le jour où il avait voué ses forces à la bonne cause. Il ne parvenait plus même à se faire écouter de ceux auxquels il s'était sacrifié, et dont la sourde et incurable méfiance, bienveillante à son caractère, rebelle à ses moyens, lui rendait plus amer encore l'anathème des Jacobins. Son plus beau triomphe avait été, de son propre aveu, le dernier éclat de sa popularité mourante. Après avoir prêté à la raison, dans la discussion sur l'affaire des colonies, son langage le plus harmonieux, et avoir atteint les dernières hauteurs de l'éloquence stérile, il se vit, malgré ce chant du cygne qui avait ravi l'oreille de Madame Elisabeth, déchu au point que toute son éloquence, tout son charme ne pouvaient, un an plus tard, sauver même sa vie. Il résolut de secouer de ses pieds la poussière de Paris, d'aller dans le pays natal, dans ces lieux, témoins des premiers efforts de la liberté encore pure, se consoler de la petitesse des honmies devant ces étincelants sommets et ces sereins horizons du Dauphiné.

M""* Campan nous a raconté l'entrevue d^adieux entre l'avocat poli-

■AIIE-AXTOIXETTE

ï de ce récil qu'un i taKfaal. Buanv, pour loole réompense d'eiïotis qu'il pres-

, soBSdU l'bonDeiir de baberh main de la reine. la rane aeoofda, les luroes am yeox. h Btrnave découragé, la mêmm bvenr qu'arail ofatcniK Btinbeau trioQiptant. Slais cette fois, biea Ion de partager les Qlasioos de son déCeoBeiir, elle s'associait k «es preasentimenlf, et cette ^^paratioa hd sembla le dernier avertist de la destÎDée. Mais elle sot gré à Bamave, malgré leur '^, de ses sentimeots et de ëcs efforts, et, dans ses enlretjeus avec )ladame Elisabeth, die en parlait avec one estime que le monstre, malgré la supériorité de son floquence et de son génie, n'avait pa lui ravir.

La reine, à partir de ce moment, ayaot épuisé tous les moyens humains de salut, se retooma vers Dieu et ne songea plus ({u u mourir dignement.

CUAPITKE III

Les récits et les considérations qui précèdent ont singulièrement abrégé notre tâche. Les causes étant connues jusqu'à satiété, nous n'avons plus qu'à en exposer successivement et brièvement les effets. Ces effets, la fatalité inexorable les accumule et les précipite avec un dédain brutal de toute transition et de tout ménagement. Le 29 juin, B 10 août, la retraite sur l'Assemblée, remprisonnement au Temple,

'autorité, : b tic s'endwiDcot comme des conséqueurea et se prestes tableaux divers d'un même spectade. lÊÊmtâ^t Ta dil annt nous : - La majesté royale s'avale plii^ '^^•l'-^T^-zt ai sdHBeluinûIieu qu'elle ne se précipite dii soinnK-l

Kàki

AsdiJO jâl79S.Pw omAim de

( bVC^ pM d^k prihdi u ooop de IbsdtaijipEbMil^a'calFhaHûm de AriSiPétionloia nseédé btt^DHBèn 17M.la FajHte a^ pfaa Je cnmimmrlmwl de k ffle mImimIb peiiritwg, jtriat d'ebord entre ax Acfa de lép^B, elfrnwnt dwqne mois, et que Seatan m vemper. Bailly, devoM mpeet, eqie pir l^yopiduité h ndate de l'onlre, xemparté» k i7 jidllBt 1791, sur oe Oninii de Han iiè lânUt l'eidnlMnm ■toiqiie agonie, etoùOrecena la watt i» me UwmUmiU <fm i» pmi, la Fayette, exilé h l'armée, cherche en TOÎn à donaner des stddeta fanatisés, et le soir, à la lueur de la lampe qui éclaire les méditations de sa lente, il se recueille en des souvenirs sans espérance, et en des regrets parfois amers comme des remords. La garde constituUomielle, commandée par le brave duc de Brissac, un des derniers types de la loyauté chevaletesque, n'a duré qu'un mois et demi. Organisée le 16 mars, elle n'a protégé que jusqu'au 30 mai la roj'auté. Les alarmes et les protestations intéressées des clubs où l'on délibère l'émeute ont bientôt écarté ce deniier rempart de poitrines fidèles. M. de Brissac est allé devant la haute Cour d'Orléans, se disculper du cria» d'un courage indomptable et d'une incorruptible fidélité. Les massacreurs de septembre l'ont déjà inscrit sur leurs listes, et leurs piques attendent sa tête. Ainsi la royauté, gardée seulement par quelques gentilshommes et quelques Suisses, demeure désarmée en présence

de la Révolution. L'Assemblée, d'usurpation en usurpation, est devenue Tunique pouvoir du moment. Portant, avec une prévoyance coupable, ses coups sur tout ce qui peut s'opposer à son ambition, elle a frappé successivement les princes français rebelles à son ordre brutal de rentrer en France de la peine de la déchéance, les prêtres insermentés de celle de la déportation, les émigrés de celle de la mort. Mort double, car la confiscation était attachée à l'arrêt, qui atteignait à la fois l'exilé et sa famille, la fortune et la vie.

Le parti constitutionnel n'est plus qu'une ombre. Les pères de la Révolution sont menacés par leurs enfants. Barnave va être arrêté, et attendra, pendant quinze mois de captivité, la déhvrance de la mort. Les Feuillants ont été dispersés par la pique et le bâton. Les clubs des Cordeliers et des Jacobins gouvernent Paris avec la complicité de la municipalité, et les Girondins, qui osent encore vouloir la monarchie à la condition de lui fournir des ministres, préparent sans le savoir sa chute et la leur.

Aux Tuileries, le roi, auquel on n'a plus laissé que le pouvoir de commettre des fautes, et qu'on a chargé en quelque sorte du soin de se détruire lui-même, se débat, avec l'inutile énergie de son bon sens enfin révolté, entre l'Assemblée qui l'opprime et le ministère qui le trompe. Le 20 avril 1792, il s'est rendu à l'Assemblée pour lui annoncer son consentement au plus difficile de ses sacrifices. 11 déclare en tremblant à son neveu François, qui vient de monter sur le trône d'Autriche, une guerre menaçante. Les factieux triomphent, car ils ont prévenu cette intervention de l'étranger qui troublait leurs rêves, et ils ont entraîné la nation dans une lutte qui, en portant à la frontière toutes ses forces vives, leur laissera le champ libre à Paris, consacrera par des victoires la liberté qu'ils vont souiller par des crimes, et cimentera de son sang la fatale solidarité de la Révolution et de la patrie elle-même. Désormais, en effet, et grâce à eux et à

■ ARIE-AMOINETTE

habikté, attaquer la Ré\'olulion c'est attaqucr

d'uoe tpllt^ situation, aux Tuileries désertes, le roi, sorte d'allrail funèbre, rrlil celte Vie de Charles 1", ds Bana, qal a traduite aulrrroiç, cl, (our en prenant un sombre fJMJr à CBfwr Im dem rart» hfclw, il m bwte de rwpcir de M pas ariàr JBBqa'aa boot le eort de ce taMe nodUe. GeW-ci, m dfct, » kne rtpteroiPé de ineghilw iiplMilMi Mefa M, il ■»■ «te dteme w-dnul des po^BH^ tofioUilB à ton» de UMeeee esdegénfimAê. Hme AitoàHlIe, de, ^ite avirir ^juriaé tass Ibi ■IweliêMehws les BApCdMBJi,» prie leded, qn'efie ae qeittaft fte. Ce dedU c'est le ded de sm Hee LéopoM, mort sAHe- ■Jiiil liMjIfiriiiiiiwiil le 1* Bin 17». Ce dedi, c'est mM di ni de SéUe Cssteie IIl,de ceÉa qii, 4 son «fèMmeat, s'ébâ I iftnsier, et qà, ■■ panait hd oftr que soa épée, ep«B ^ •■ à ton soitir, poer se mettre à sa We, ns vnafe des n^odatioiM stfriles ak, seol pent^tre, il était ifaicère. 6(1511^7 111 3 succombé, le 29 mars I79â, à l'assassinat du 16, laissant à )larie-.\nloinette le regret de son dernier ami, et arrachant à 3ladame Elisabeth l'épithète de héros ■ s'il eût été catholique d. Ce deuil en6n que porte Marie-.intoinelte, c'est le deuil d'elle-même. Réstdue à combattre une deniière fois, elle ne pressent que trop le résultat d'une lutte si inégale, et résignée à mourir, pourvu que ce soit noblement, elle s'y pr^iare religieusement. Le malheur a cmn* plétemeni ramené à Dieu cette ime si digne de lui, et la piété native de Marie-.Vnloinette est devenue une véritable ferreur. Pendant que rinsunection s'arme dans les bouges où elle a établi ses conciliabules, la reine s'arme au5si et reçoit secrètonent des mains d'un prêtre, qu'une telle mission n'a point effrayé, le pain de force et de >ie, le viatique di^in de l'humain voyage. L'expression de son visage rend

si dignement ces sentiments d'énergie et de courage qu'elle en semble comme le type et le modèle. « Madame », lui dira pour toute harangue le chef de la députation des infortunés colons de Saint-Domingue, venus pour solliciter les secours du roi, « Madame, dans un grand malheur nous avons besoin d'un grand exemple ; nous venons chercher celui du courage auprès de Votre Majesté*. » A côté d'elle. Madame Elisabeth, déjà sainte, se sanctifie encore davantage, pour l'exemple de Marie-Thérèse, qui l'imite, et la princesse de Lamballe, dont le dévouement a, en quelque sorte, trempé de fer la frêle constitution, passe ses journées, infatigable, souriante, à recevoir des nouvelles et des avis, et à s'assurer au moins de la fidélité du service du château.

La journée du 20 juin, double anniversaire du serment du Jeu de Paume et du départ du roi, fournissait à l'insurrection un prétexte trop favorable pour qu'elle n'en profitât pas. Déjà affluaient à Paris, à la veille des fêtes de la troisième fédération, ces délégués composés de l'écume révolutionnaire des départements. C'est dans le double but de priver la royauté de sa dernière consolation, sinon de son dernier appui, que l'Assemblée présenta à la sanction du roi ces deux décrets, dont l'un frappait de déportation les prêtres dits à tort rifraclaireSy puisqu'ils n'avaient fait que profiter de la liberté qui leur avait été laissée de refuser le serment à la constitution civile du clergé, sous l'unique réserve de renoncer à tout exercice public du culte; et dont l'autre plaçait sous Paris un camp de vingt mille honmies, foyer permanent d'insurrection, puisque ces prétendus défenseurs de la capitale devaient être choisis parmi les plus zélés révolutionnaires des départements. Le roi, armé de la prérogative constitutionnelle, refusa sa sanction et frappa légalement de son veto deux décrets par trop

Webor, p. 383.

l'Assemblée, et une lettre dans un tout autre sens, mais également intempestive peut-être, de La Fayette, rendait prochaine une explosion inévitable.

Dès le 18, les habitants du faubourg Saint-Marceau et du faubourg Saint- Antoine, qui vivaient en état à peu près permanent d'insurrection, avaient demandé au Conseil général de la Commune de se réunir en armes, le mercredi 20, pour aller présenter à l'Assemblée et au roi des pétitions relatives aux circonstances. Les prudentes objections que le Conseil général opposa à cette demande, les mesures énergiques du directoire du département, furent paralysées par la connivence secrète de Pétion et de son procureur-syndic, Manuel. Toutes les mesures étaient prises pour que cette manifestation hasardeuse eût son libre cours. L'abstention de Pétion était justifiée par un voyage de ce personnage à Versailles, et la garde nationale, privée d'ordres et de chefs, en partie d'ailleurs gagnée à l'émeute, ne pouvait lui offrir qu'une résistance passive et inefficace.

Celte étrange, grotesque et terrible députation de près de 30,000 hommes déguenillés, armés, enivrés, excités par les cris de leurs dignes compagnes et dirigés par des émissaires déguisés, se mit en marche dès le matin, ayant à sa tête le fameux Santerre, le brasseur populaire du faubourg Saint-Antoine, le chef de bataillon des milices citoyennes, qui allait achever de déshonorer les épaulettes de La Fayette. Cette multitude indisciplinée se rua sur l'Assemblée, où elle défila pendant quatre heures, au milieu de la flatterie des uns, du mépris silencieux des autres, de la terreur de tous.

Trois officiers municipaux, dont deux préludaient à la sinistre célébrité de septembre, vinrent dire au roi, qui observait ce mouvement dangereux, que l'Assemblée était débordée et étouffée par cette procession sans ordre et sans fin. Ils sollicitèrent l'autorisation de lui donner un écoulement préservateur par la terrasse des Feuillants et

SW HARIE-AXTOINETTE

b porie du Manège. Le roi consenlit, et les « piques n, comme les appelle énergiquemenl 3[adame ÉlisalM-th, commencèrent à défiler en ordre sous la terrasse devant le châleau, bordée de trois rangs de garde* nationaux. Us sortaient par la porte du Pont-Royai et feignaient de passer sur le Carrousel pour regagner le Faubourg. Mais soudain, refluant vers les portes des Tuileries, ils soUicilèrenl la permission d'entrer, a\ec des menaces qui prouvaient qu'ils étaient capables de s'en passer. Les officiers municipaux, qui, sous prétexte de régulariser cette manirestation, en avaient pris la conduite et la gardèrent jusqu'au bout, simulèrent le désappointement et l'impuissance, et ils firent donner accès, dans le but, disaient-ils, d'éviter dBpku gruds malbean, à cette na^àliadB dont les annes, les viMgoB, lea iflagaee «t les cm ne dlaaiait qae Irc^ les intantioM etlebnL

n était à ce UKffiM&t Iras beans de ^^)rès-^ùdi. La msifitaide inonda les escalierB» taisant résoiBier ses année* pHUsaiit des cris et des menaces hmriMes, an travos desqn^ m distinguait soitovt : A bas le Veto ! Vive la Nation ! La Constitution ou la mort ! Un témoin oculaire de cette invasion de l'Assemblée, qu'elle avait régularisée par un décret, ne pouvant l'empêcher, a peint ce défilé de quatre heures et demie en termes d'une brutalité égale au sujet, et c'est dans son énergique tableau qu'il faut prendre une idée du cortège qui venait d'entrer dans les Tuileries, à la façon' dont on entre dans une ville prise d'assaut'. La faible garde des portes ou des appartements ne pouvait être qu'un rempart d'une minute contre un tel débordement. Des quelques hommes, gendarmes ou gardes nationaux, qui étaient aux portes, les uns jetèrent leur amorce et remirent la baïonnette au fourreau, laissant tristement passer ce flot qu'ils ne pouvaient arrêter;

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