LvmXVn, t.II,p.S
Toulon, le 28 août, avait ouvert son port aux Anglais, et proclamé la Constitution de 1791 et la royauté de Louis XVII . Simon, après avoir bu ironiquement à la santé de ce roi de Montbrison, devenu roi de Toulon, se mit à songer que les événements, après tout, pouvaient, au train dont les choses allaient dans le Midi et dans l'Ouest, en refaire le roi de Paris. Cette idée finit par le tourmenter, et prenant son prisonnier par Toreille, il le ramena jusqu'à la table où il siégeait entre sa pipe et son verre, et lui posa cette question : « Capet, si les Vendéens te délivraient, que me ferais-tu ? — /c vous pardon-fierais » , répondit l'enfant * .
Nous ne suivrons point pas à pas cette agonie de deux années, que le génie infernal de Simon s'épuisa à précipiter, et dont quelques rares éclairs de joie, quelques fugitifs et furtifs petits bonheurs illuminent à peine la ténébreuse angoisse. Le Dauphin était né avec le goût de trois choses, charmantes en effet, la musique, les oiseaux et les fleurs. Quelques conmiissaires de service au Temple, les Meunier, les Barelle, les Debiemes, dont la souriante pitié tranchait parfois sur l'insolence uniforme de leurs collègues : Laurent, Gaumin, Lasne, qui devaient successivement remplacer Simon dans ses fonctions et adoucir la mission de ce premier geôlier, sans pouvoir réparer les irréparables effets de son odieux ministère, procurèrent à l'enfant flétri par la solitude, l'inertie, rongé par de précoces réflexions et de silencieuses douleurs, quelques amusements, quelques récréations, quelques joujoux consolateurs. C'est ainsi qu'en décembre 1793, le Dauphin reçut du bon Meunier le cadeau d'une douzaine de serins, touchant tribut payé avec empressement par les rares maisons qui avaient encore osé conserver le luxe aristocratique d'une volière. L*enfant, qui ne prenait plus aucun plaisir au monotone refrain d'un