Madame Cainpan, p. lOi
ciance, mais par réserve. Ce n'est guère avant la Révolution qu'on peut la prendre en flagrant délit d'intervention active, énergique et efficace. Jusqu'en 1789, le vrai royaume de la reine de France, c'est Trianon; elle ne gouverne que le département des fleurs et le département des grâces.
Le moment est venu de la peindre dans l'exercice de ces fonctions qui lui conviennent si bien, et de montrer l'injustice du sort opposant ses résistances à ses efforts, la persécutant à mesure qu'elle s'ttméliore, et lui ôtant sa popularité à mesure qu'elle la mérite davantage. C'est une pensée de sage économie qui lui fit adopter, par exemple, avec prédilection, le séjour de Trianon, dont cependant les prétendus excès de dépenses devaient être un des griefs favoris de l'opposition.
« La reine, dit M°^° Campan, s'était ennuyée des voyages de Marly, et n'avait pas eu de peine à en dégoûter le roi, qui en redoutait les dépenses, tout le monde y étant nourri. »
« Les voyages de Marly, ajoute-t-elle à un autre endroit, étaient fort chers pour le roi; après les tables d'honneur, celles des aumôniers, des écuyers, des maîtres d'hôtel, etc., étaient toutes assez magnifiquement servies pour que l'on trouvât bon que des étrangers y fussent invités, et presque tout ce qui venait de Paris était nourri aux dépens de la cour. »
c< L'économie personnelle du prince infortuné qui a succombé sous le poids des dettes de l'Etat favorisa donc la préférence que la reine accordait à son petit Trianon, et cinq ou six ans avant l'époque de la Révolution il y eut fort peu de voyages à Marly \ »
Le roi voulut, d'accord avec la reine, non-seulement donner l'exemple de cette vie domestique et patriarcale, mais encore il encou-