‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 7 sur 142 · Mémoins éâmadami Cav«i^6iitwo Bim^ vl>i · texte numérisé non relu

Mémoins éâmadami Cav«i^6iitwo Bim^ vl>i

fortune de M. l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, et d'avoir contribué à un ministère fatal pour la France. Disons d'abord que les fautes du cardinal de Brienne, aux prises avec les événements avant-coureurs de la Révolution, sont de celles qu'il faut rejeter plutôt sur les choses que sur les hommes, et qui sont, en quelque sorte, inévitables. Disons ensuite que le noble aveuglement de la confiance de l'abbé de Vermond, l'intrépide opiniâtreté de sa reconnaissance envers ses protecteurs, sont complètement à son éloge. Il en est de même d'un mot auquel M™" Campan attribue son crédit exceptionnel à la cour de Vienne, et où elle voit à tort, selon nous,

le chef-d'œuvre du machiavélisme.

L'impératrice, l'ayant rencontré chez l'archiduchesse son élève, lui

demanda s'il avait formé quelques liaisons à Vienne :

— Aucune, madame, répondit-il ; l'appartement de M*"* l'archiduchesse et l'hôtel de l'ambassadeui* de France sont les seuls lieux que doive fréquenter l'homme honoré du soin de l'éducation de la princesse.

Marie-Thérèse, frappée de cette réponse si modeste et si fière à la fois, voulut savoir si elle était l'effet de principes arrêtés ou simplement une heureuse inspiration du hasard.

Un mois après, rencontrant de nouveau l'abbé de Vermond, elle répéta, comme par mégarde, sa question, et reçut la même réponse. Le lendemain l'abbé reçut l'ordre flatteur de se rendre tous les soirs au cercle intime de la famille impériale, où, depuis quelque temps, la future Dauphine elle-même était admise.

Joseph II, les archiduchesses aînées, quelques seigneurs honorés de la confiance de Marie-Thérèse, formaient cette réunion, et tout ce qu'on peut attendre de personnes d'un rang et d'un caractère si élevés, en réflexions et en observations sur le monde, sur les cours et sur les devoirs des princes, faisait le sujet habituel de ces graves et féconds entretiens.

AjootcKis çaôn^ i la dtkharz? la riiic>!c i 7-?j:^ fui bxnme mal connu €i trop mal jo^. <9i t^tii làf î^ ôii^Lîcé ^?IL ^ZL^às/^ à o?rUÎDes pbc^s le cnklft à la Siis et la c:û:ninî^. çne 5**s «icL-iiift azs <fe toutepuiâsacte Êkveur ce laf raf çortièrçiit r!«î, et. rar me abcêz2tî>:*a qui a sa grandeur. demeu!?er»î:i siieries p«:Gr sa 5:rt3ne- Le simple titre de lecteur suffit i fanoixtcn «i? cet brmnie îniiJceîniict et désîntéresse qui prêterait la o^ciacce au p«:o .ir. •le 5»:ct !à des bits éloquents par eui-mènies. et (^ n'auraîent pa? bes*:Gi ^y* la cocfirmatioD de ces rapides pn?çrès de Marê-Antrcette. «10: knient le précepteor autant que ks scrupules, par suite desqœls il demeura pauvre, honorent llioaime.

Du reste, il en est d'une âiaraiiocL cxnme d*un art>re : oa les juge par leurs ÊTifts. Or, toccî drs nmics qui iyct ê^atezcenl homiear à Farbre et au jardtnkr, à l'élève et au îsaitre.

La jeune arcfakterfrfsse ftit un xmit qitestiocDée sur le caractère particulier de chaque peuple de rEur^rpe et sur le tr»5oe qu'elle préférerait à tous les autres, si elle tuLi appelée à cboc^ir : t Celui de France i. rêp«?nd:t-efle avec une vivacité qui col»,>ci îtmDédiatefnefit ses joues d'un pudique incarnat.

L'impératnor hii en demandant la raison, elle aj«.xita sans hésiter : « C'est le tr>ne de Henri IV et de L^hils XIV, dont l'un donne l'idée du Ih/n et l'autre celle du 'rru/ii. 1

On ^oit que Marie-.Vntoinetîe ne sa>a:t pas trv»p mal son histoire de France.

L'impératrice embrassa avec transport son iutcUijcente fille, et répétait souvent cette remarquable réponse, quelle se plut à Èdre connaître à l'ambassadeur de France, avec prière de la transmettre au roî son maître.

Mais aui traits qui font Téloge de Tesprit de la jeune prii a &ut en ajouter qui font surtout Téloge de son cœur.

Maiie-Thérèse lui avait sans (Joute phis d'une fois raconté celle scène fameuse de sa jeunesse si malheureuse et si héroïque, alors que luttant sans argent et presque sans armée contre toute l'Europe coalisée, chassée de Vienne par rap|)roche d'un usurpateur victorieux qui venait de ceindre h Francfort la couronne des empereurs, elle

s'était réfugiée h Presbourg, traînant dans l'affliction une pénible grossesse, et ne sachant pas, écrivait-elle à la duchesse de Lorraine, sa belle-sœur, s'il lui resterait une ville pour faire ses couches. A Presbourg, elle avait assemblé les quatre ordres de l'État et, tenant entre ses bras son fils aîné (qui fut depuis Joseph II), elle leur avait adressé en latin (langue oITicielle qu'elle possédait fort bien) celle simple et touchante harangue ;

" Abandonnée de mes amis, persécutée par mes ennemis, attaquée

par mes plus proches parents, je n'ai de ressources que dans votre fidélité, votre courage et ma constance. Je mets entre vos mains la fille et le fils de vos rois, qui attendent de vous leur salut. »

On sait que les seigneurs hongrois, enthousiasmés par cette noble confiance, tirèrent leurs sabres et s'écrièrent, en entourant, pour ainsi dire, leur souveraine et ses enfants d'une voûte d'acier : « Moriamur pro rege nostro^ Maria-Theresia ! Mourons pour notre roi, Marie-Thérèse! » Ils tinrent parole et se montrèrent, en eflet, aussi fidèles et aussi dévoués dans la mauvaise fortune qu'ils s'étaient montrés indépendants et même rebelles dans la bonne. Marie-Thérèse, grâce à leur appui, grâce à la fortune, que son courage sembla avoir ralliée à la bonne cause, triompha glorieusement de l'avidité de la Prusse, de l'hostilité de la France, de l'indiflerence de l'Angleterre, où l'admiration des femmes entraîna celle des hommes, et valut une alliance aussi décisive qu'imprévue à celle qui venait d'honorer le titre de mère. Fugitive en 1742, Marie-Thérèse était partout, en 1745, victorieuse et reconnue. Elle avait fait élire empereur son mari, le grandduc de Toscane, couronné sous le nom de François P% et elle avait joui modestement de cet admirable triomphe de la fermeté politique et du dévouement conjugal. Ce fut là le plus beau jour de sa vie, dignement raconté par Voltaire.

Malgré les protestations de Frédéric, l'élection de François I" avait été maintenue. Marie-Thérèse assista à la cérémonie solennelle de ce couronnement d'un prince qui lui devait sa couronne; elle fut témoin de la cérémonie de l'entrée.

« Elle fut la première à crier Vivat! dit Voltaire, et tout le peuple lui répondit par des acclamations de joie et de tendresse... Elle alla voir ensuite son armée, rangée en bataille auprès de Heidelberg, au nombre de soixante mille hommes. L'empereur son époux la reçut répée à la main, à la tète de l'armée; elle passa entre les lignes,

saluant tout le monde, dîna sous une tente et fit distribuer un florin à chaque soldat. »

On comprend que le souvenir de ces scènes d'adversité et de triomphe était demeuré aussi ineffaçable dans le cœur de l'impératrice que dans celui de sa fille. L'une et l'autre admiraient ce peuple fier et généreux, impatient et fidèle, qui avait fourni de si braves soldats à un gouvernement qu'il accusait de lui avoir ravi ses privilèges, et avait resserré, en les cimentant de son sang, ces liens souvent importuns que le malheur de ses souverains lui offrait l'occasion, mais une occasion indigne, de rompre. Aussi Marie-Thérèse, qui avait si habilement, lors de son couronnement à Presbourg en juin 1741, ménagé les susceptibilités traditionnelles des Hongrois, et avait juré sans hésitation ce pacte un peu rude à une bouche de femme et de reine, par lequel elle absolvait d'avance la rébellion fondée sur le maintien de ces privilèges superbes, pareils à ceux des assemblées aragonaises, se plaisait-elle, en toute occasion, à reconnaître et à honorer un dévouement si opportun et une fidélité si héroïque.

Un jour, l'impératrice étant malade, des militaires hongrois attendaient dans son antichambre le moment où il leur serait permis de lui présenter une requête. L'archiduchesse les ayant aperçus entra chez sa mère et lui dit : « Maman, vos amis sont inquiets de votre santé et désirent vous voir. — Eh ! quels sont ces amis ? — Des Hongrois. — A merveille, ma fille. » Leur demande fut accordée sur-le-champ.

Mille faits du même genre protestent suffisanmient, surtout après la confirmation décisive de la correspondance entre Marie-Thérèse et Marie-Antoinette, de 1770 à 1780, que nous examinerons bientôt, contre l'assertion légère, sinon malveillante, de M"' Campan : que réducation de Marie-Antoinette manqua de soins essentiels, dont elle se trouva bien, plus tard, de ne pas laisser privée celle de ses enfants ; cpie Marie-Thérèse, imposante par ses grandes qualités, inspirait aux

archiduchesses plus de crainte et de respect que d'amoui* ; enfin, que rimpératrice, dans Marie-Thérèse, absorbant la mère, elle laissa entre elle et ses enfants une distance fâcheuse, et que les droits du rang chez elle portèrent préjudice à ceux du cœur.

M'"* Campan,qui ne choisit pas toujours heureusement ses preuves, fonde son opinion sur un fait qu'elle interprète vraiment avec une sévérité outrée. Lorsque l'empereur Joseph II perdit sa femme, elle lui fut enlevée en peu de jours par une petite vérole de la pire espèce. Son cercueil venait d'être déposé dans le caveau de la famille impériale. L'archiduchesse Josèphe, accordée au roi de Naples, au moment de quitter Vienne, reçut de l'impératrice l'invitation fort naturelle de ne point partir sans être allée faire une visite et une prière d'adieu dans le caveau de ses pères. La jeune princesse, poursuivie d'un pressentiment funeste et persuadée que cette obéissance lui serait fatale, regarda cet ordre, dit M"** Campan, comme un arrêt de mort. Avant de l'exécuter, elle prit sur ses genoux sa sœur, Marie-Antoinette, qu'elle adorait, l'embrassa en pleurant, et lui dit qu'elle ne la quitterait pas pour se rendre à Naples, mais bien pour ne plus la revoir; qu'elle redescendrait bientôt dans ce caveau où elle allait descendre. Son pressentiment fut réalisé : une petite vérole confluente l'emporta en peu de jours, et sa sœur cadette monta à sa place sur le trône de Naples. Il y a là un regrettable malheur;... mais qui pourrait y voir une faute et comme une sorte de crime ? Pour nous, nous absolvons sans hésiter Marie-Thérèse, et nous pensons qu'aucun remords n'empoisonna les larmes de sa juste mais innocente douleur.

La meilleure réponse à ces injustes médisances et à d'autres du même genre, trop facilement accueillies par cette légèreté' française dont les meilleurs serviteurs ne sont pas exempts (M"* Campan le prouve), est dans la correspondance intime de Marie- Antoinette avec sa mère. Mais nous ne saurions ouvrir ce recueil si intéressant et si

ET SA FAMILLE. a

décisif sans donner les détails nécessaires sur l'événement solennel et prévu qui vint clore, pour ainsi dire, l'adolescence de Marie-Antoinette, et qui, en l'éloignant de son pays et en la séparant de sa mère, provoqua ces périodiques épanchements devenus aujourd'hui une des sources authentiques de notre histoire.

Ce n'est que sur la frontière d'Allemagne que nous devons quitter Marie-Antoinette archiduchesse, pour la recevoir Dauphine à la frontière française. Esquissons donc les joies et les douleurs, les craintes et les espérances qui donnèrent un caractère si particulier, si populaire, si touchant, aux fêtes et aux cérémonies par lesquelles la princesse prit congé, au milieu des acclamations et des larmes, de sa cordiale population de Vienne et fit à son pays les derniers adieux.

Dès les premiers mois de l'année 1769, au moment où Marie- Antoinette atteignait sa quatorzième année, et où la femme commençait à fleurir dans la jeune fille, il fut sérieusement question, dans les cours et les chancelleries, de ce mariage si longtemps préparé, qui devait, pour ainsi dire, unir en face de l'autel, par l'anneau conjugal, deux puissances longtemps ennemies et enfin réunies par un chefd'œuvre, plus habile qu'heureux, de la politique de Marie-Thérèse et du duc de Choiseul.

Les chancelleries sont en mouvement et ne s'occupent plus que de hâter, avec toutes sortes de coquetteries flatteuses, cet événement qui anime et déride les correspondances officielles, et rajeunit, en quelque sorte, la morose raison d'État. Le peintre Ducreux est envoyé de France pour faire le portrait de l'archiduchesse, dont le reflet de tous ces vœux, de toutes ces espérances coalisés embellit encore la beauté en lui prêtant je ne sais quel charme providentiel. Le portrait anténuptial est commencé le 18 février, et le roi fait presser Ducreux, qui trace lentement cette efligie décisive. Aiguillonné par une sorte de conspiration d'impatiences, il achève enfin, et le marquis de Durfort,

le propre fils de notre ambassadeur, est aussitôt dépêché à Paris, chargé de cette précieuse image. Une fête donnée à Laxenbourg, par l'impératrice, le jour anniversaire de la naissance de Marie-Antoinette, fournit l'occasion de la présenter solennellement, dans tout réclat de sa grâce pudique, aux murmures d'admiration des représentants des deux cours. Le 1" juillet, dans un entretien définitif avec M . de Kaunitz, le marquis de Durfort règle, sauf quelques réserves, le mariage du Dauphin, le contrat, l'entrée publique, le cérémonial à suivre pour l'ambassadeur extraordinaire du roi. Le 16 du même mois, Louis XV mande galamment à M. de Durfort d'accélérer la convention suprême. Le projet de contrat est soumis à l'impératrice et présenté à la ratification du roi à son retour de Compiègne. Le 13 janvier 1770, la dernière note de la cour de Vienne sur le mariage est remise à la cour de France. Dès le mois d'octobre 1769, la Gazette de France annonçait d('jà que les préparatifs commençaient et qu'on réparait les chemins par où la future Dauphine devait passer pour se rendre en France. Cinq mois après, au bruit des marteaux, un peuple' d'ouvn'rTs élève en chantant, dans le Belvédère, cette salle féerique; d'* r|ij;iln; cf'iîts pieds où doivent se donner le souper et le bal rnaM|ué du niariagr*.

IW'.H co ni(irn''nl, l'impératrice ne quitte plus de l'œil et couve, pour ainhi din*, nial<nir'llr'nicnt la princesse qui glorifie ces sollicitudes. Kllr- la fait coiulwr dans sa chambre et consacre ses veilles et ses Ir^Hirn du matin Ji iu'\\r\t*r de former mystérieusement et de rendre dipçrie iU* la France* et capable» d'<;nchanter le peuple le plus difficile du mr^rid'', cellcj Mari<î-Antoinette (|ui, sortie parfaite de ces suprêmes Kçons, f'u\vt'v:i d'un |)a.s (ht déesse dans l'Olympe de Versailles, Nous em|)runlonH ht tableau de la solennelle demande en mariage aux élo(|uentH hiHtorienH (|ui nous ont devancés dans cette voie charmante et douloureuse :

Le 46 avril 4770, vers les six heures du soir, la cour étant en grand gala, Tambassadeur de France était reçu par les grands officiers de la maison d'Autriche, les gardes du palais bordant le grand escalier, les gardes du corps, les gardes noble et allemande formant double haie dans les antichambres. II se rendait à l'audience de Tempereur, puis à celle de Fimpératrice-reine, à laquelle il faisait, au nom du roi très-chrétien, la demande de madame l'archiduchesse Antoinette. Sa Majesté Impériale et Royale donnait son consentement, et Son Altesse Royale l'archiduchesse, appelée dans la salle d'audience, recevait les marques de l'aveu de l'impératrice, et prenait des mains de l'ambassadeur de France une lettre de monseigneur le Dauphin et le portrait de ce prince, qu'attachait aussitôt sur sa poitrine la comtesse de Trautmansdorf, grande maîtresse de sa maison. La cour se rendait ensuite à la salle des spectacles, où étaient joués la Mère confidente de Marivaux et un ballet nouveau de Noverre, les Bergers de Tempe ^.

Le 17, l'archiduchesse renonçait solennellement à ses droits dans la succession héréditaire, tant paternelle que maternelle, au trône impérial. Alors commencèrent les fêtes du Belvédère, qui durèrent jusqu'au 26, jour du départ de l'archiduchesse, devenue Dauphine de France. Le 7 mai elle arrivait à la frontière française, précédée d'une admirable lettre de sa mère qui fut rendue publique, et que nous trouvons dans les Mémoires du temps et dans plus d'un historien moderne :

Votre épouse, mon cher Dauphin, vient de se séparer de moi; comme elle faisait mes délices, j'espère qu'elle fera votre bonheur. Je l'ai élevée en conséquence, parce que, depuis longtemps, je prévoyais qu'elle devait partager votre destinée. Je lui ai inspiré l'amour de ses devoirs envers vous, un tendre attachement, l'attention à imaginer et à mettre en pratique les moyens de vous plaire. Je lui ai recommandé avec beaucoup de soin une sincère dévotion envers le Maître des rois, persuadée que l'on fait mal le bonheur d'un peuple qui vous est con6é quand on manque envers Celui qui brise les sceptres et renverse les trônes comme il lui plaît. Aimez donc vos devoirs envers Dieu, je vous le dis, mon cher Dauphin, et je l'ai dit à ma fille. Aimez le bien des peuples sur lesquels vous régnerez toujours trop tôt. Aimez le roi votre aïeul; inspirez ou renouvelez cet attachement à ma famille. Soyez bon comme lui;

1. nittoira de Marii' Antoinette, par MM. Edmond et Jules de Concourt.

ft SAIIE-ANTOINETTE

[Maiet-iv^o^ «Kcasbl^ an nuihnrrai: 0 t^ impuééiAe qa'ra tobs c «uo; u-'i^r* pkî if bceiKm m porta^. Ma GIIc km? aûnen. f « sus sAre, pMos q j^ ti ciwtut^ : mab pfa» je tok repockii •k' -oa amm' M de «9 mus, pins je va ■kBiaBif li* t<ù TooH' le pbe tndrr atUcfiemMi. Adim. ■os cher rn^itiiii. aoji hMnvK. mwlR-la besreve... je nt^ loue baignée de hm». ToCrv teodre nàe.

VABIK-TaÈlÈS*.

La population de Vienne s'associa par les plus touchantes i festalions à CC5 douleurs malemelles. si partagées qu'dles en 0 cissaieni ffiur ainsi dire la joie nationale. Marie-AntcHoeUe ' mèiW!, gagn*^: H c'>mme glacée en plein triomphe par I df;s Tf-içT'M |K)piilaircs, ne put retenir ses lannes, et, frayée des pruu'fntm fV:ti':MX Kans cesse mèlt^-s, pour les empoisonner, aux plus flalbrfir* \fT^-Mfiiit:n, KlUi dit, au milieu des lannes, à sa mère et à mtt frti^i^. 'rfi ft)x;rdarit la frunticre française, des adieux qu'elle mutait ^-ir': Ita d':nii';rs, » L'n seul mot, dit Wcber, sortit akvs de nu \f>ut:ht: : « Je rie les verrai plus ! »

Mais assez tôt, trop tôt viendront les jours funèbres. Disons d'abord ce radieux poëme des jours heureux. Disons cette ri^ception cnlhoueiaste de la France folle de sa jeune Dauphine, car c'est trop peu dire I amoureuse, envahissant les Oglises, couvrant les chemins, et envoyant èi son devant, sous les arcs de triomphe, les processions de jeunes filles chaires de fleurs, guidées par les évêques armés de l'encensoir. Partout la religion et l'innocence souhaitèrent à la royale étrangère, adoptée avec orgueil, une grave à, la fois et gracieuse bienvenue.

îî MAEIE-ANTOIXETTE

Partout, avec une inépuisable présence d'esprit, une infatigable bonté, elle accueillit les hommages des \ieillard5. les vœux des femmes attendries et les bouquets des jeunes filles. Et c'est sous cette couronne de fleurs des ovations populaires que la jeune et belle fiancée, qui s'avançait modestement vers la couronne d'un grand empire, arriva devant la cour impatiente de l'admirer, sacrée reine des cœurs, avant rh>Tnénée qui allait la faire reine de France.

A Strasbourg commença cette longue série de fêtes triomphales qui devait faire à la voiture de la Dauphine un chemin parfumé, éclairé par les lueurs des feux d'artifice et scandé, en quelque sorte, par la voix des cloches et du canon. On avait préparé, sur la fix)ntière auprès de Kehl, un superbe pa\iIlon composé d'un très-vaste salon qui communiquait à deux appartements : l'un où devaient se tenir les dames et les seigneurs de la cour de Vienne, chargés d'accompagner la princesse dans sa nouvelle patrie ; l'autre destiné à ta suite de M"* la Dauphine, composée de la comtesse de Noailles, sa dame d'honneur, de la duchesse de Cessé, sa dame d'atours ; de quatre dames du palais ; du comte de Saulx-Tavannes, chevalier d'honneur ; du comte de Tessé, premier ocuyer ; de l'évêque de Chartres, premier aumônier ; des officiers des gardes du corps et écuyers. C'est là qu'eut lieu la cérémonie symbolique de la remise. La princesse, entièrement déshabillée par ses femmes, laissa entre leurs mains jusqu'au moindre de ses vêtements d'origine autrichienne, et fut aussitôt parée par sa nouvelle suite à la mode et aux couleurs françaises. Puis, ce tribut douloureux payé à une traditionnelle et inexorable étiquette, les portes s'ouvrirent, et Marie-Antoinette embrassa la France dans la personne de sa dame d'honneur, la sévère mais sage M"* de Noailles, destinée comme elle à l'échafaud de la Révolution et de la vertu.

« La princesse — dit M"" Campan — lui demanda, les larmes aux yeux, et avec une franchise qui partait de son cœur, de la diriger, de

la conseiller, d'être en tout son guide et son appui On ne put qu'admirer cette marche aérienne ; on était séduit par son seul sourire, et dans cet être tout enchanteur où brillait l'éclat de la gaieté française, je ne sais quelle sérénité auguste, peut-être aussi l'attitude un peu fière de la tête et des épaules, faisaient retrouver la fille des Césars. » Comment la Dauphine, qui avait tant de raisons d'être heureuse, n'eût-elle pas, avec la perspicacité du bonheur, à ces moments où l'âme attendrie se trouve offensée d'un pli de rose, été en même temps péniblement impressionnée des coïncidences fâcheuses, des humiliants contrastes que, dès Strasbourg, le pavillon de Kehl lui-même, la destinée multipliait autour d'elle comme de menaçants avertissements? Comment son imagination n'eût-elle pas été attristée par ces circonstances, plus tard comptées et analysées avec une sorte de terreur, p^r l'imagination des contemporains ? Goethe, alors étudiant à Strasbourg, a raconté qu'il fut saisi, comme on l'est devant le subit refroidissement d'une journée de printemps, par un de ces faits qui semblaient déjà donner raison à l'horoscope prophétique dont le fameux thaumaturge, le docteur tyrolien Gassner, consulté par Marie- Thérèse, lors de la naissance de sa fille, lui avait en tremblant fait la confidence. A Kehl, le pavillon destiné à la recevoir avait pour tentures des tapisseries des Gobelins, représentant Jason, Creuse et Médée, c'est-à-dire les personnages de ce tragique hymen demeuré l'exemple le plus sinistre des antiques fatalités. A ce moment, l'impression de ces rapprochements n'eut, immédiatement emportée par la joie d'une fête, que la valeur d'une seconde d'anxiété, d'une sorte de fugitif frisson. Mais plus tard, quand les événements se furent chargés de vérifier, de dépasser même les prévisions les plus pessimistes, chacun se rappela cette circonstance et bien d'autres, souvent puériles, la tache d'encre, par exemple, qui voila de deuil au registre de la paroisse de Notre-Dame de Versailles, la signature nuptiale de la

♦i MARIE-ANTOINETTE

IViuphine; une autre \Taiment terrible : les cent trente-deux pers>iux*5 xictimes de leffroyable catastrophe de la place Louis XV qui, ooiiuiie une hécatombe humaine, troublèrent à jamais de leur dernier soupir les fêtes du mariage, et allèrent attendre au cimetière de la MAdeloîne le couple martyr qui devait, vingt-trois ans après, les y rejoindre.

Marie-Antoinette cependant, confiante en Dieu, confiante en elle- UH^nu\ ne donna qu'un moment à ces sombres pensées et, s'arrachant oounigeuseinenl à rélreinle de ses pressentiments, elle s'abandonna tout ontièi*e à la joie d'aimer et d'être aimée du peuple le plus habile do la tenv dans l\irl de faire à ses souverains des entrées triomphales ou lie cruels départs. Un adorable sourire, pareil au soleil qui chasse los nuages, apparut sur son visage et ne le quitta plus. Les larmes nuHullt'^ront encore ses joues, mais c'étaient des larmes de reconnais- »suuv et d'orgueil. Embarrassée de ces compliments continuels qui la Mduaient h son passage, la Dauphine, après y avoir répondu avec unt* enchanteresse bonté, disait à ses dames, le front tout coloré d'une pudiipfe rougeur : « J'espère que toutes ces louanges ne me sui\Tont pas toujours. Comme je n'ai encore rien fait pour les mériter, je vais ni'occuper de m'en rendre digne. )>

Les recueils de lettres récemment publiés, et qui offrent, pour la première fois, à l'historien de Marie-Antoinette la bonne fortune des hourcrs authentiques et l'embarras du choix pour y puiser (tant elles ,,()nl abondantes), nous permettent d'apprécier enfin les sentiments de la Dauphine, tels qu'elle les confie naïvement à sa mère, au moment 0(1 elle (juilte la frontière allemande pour pénétrer sur la frontière Iranraise, On nous saura gré de citer ces attendrissants documents où Mari(*-Antoinette se peint elle-même, sans le savoir, pour la postérité.

Partie le 26 avril 1770 de Vienne, la princesse, parvenue dans les premiers jours de mai aux confins de sa patrie allemande, écrivait à

Marie-Thérèse, mêlant au renouvellement de tendres adieux les premières effusions de la joie d'une réception triomphale.

Elle écrivait aussi à sa sœur Marie-Christine, mariée au duc de Saxe-Teschen, gouverneur des Pays-Bas autrichiens, et donnant un plus libre cours à ses souvenirs, à ses regrets, à ses craintes, elle épanchait dans son cœur la tristesse mêlée de terreur dont elle se sentait oppressée en présence du charmant et effrayant inconnu de sa destinée.

Enfin, le 8 mai 1770, au matin, Marie-Antoinette écrivait à sa mère, plus rassurée et rayonnante, pour ainsi dire, au milieu de ses larmes :

Madame ma très-chère Mère,

J'ai été, depuis mon départ, comme dans un tourbillon, et à Kohi, aux cérémonies, j'aurais été bien heureuse d'être auprès de ma chère maman ; j'ai suivi ses conseils, je me suis laissée aller à mon cœur, et il me semble que cela m'a réussi. La comtesse de Noailles, qui répond à tout ce qu'on avait dit à ma chère maman, me sert de guide avec un intérêt et un dévouement admirables. Quel bon peuple qu3 les FraHçais! je suis reçue à Strasbourg comme si j'étais une enfant aimée qui revient chez elle. Le chapitre m'a dil des choses qui m'auraient fait pleurer. Seulemont on me fait trop de compliments. Cela m'effraie parce que je ne sais comment je pourrai les mériter. J'avais déjà bien du penchant pour les Français, et sans tous ces compliments qui montrent qu'ils attendent trop de moi, je sens que je serais à mon ai^e avec eux. La ville est pleine de gens qui sont en fête et co.-nme en ivresse. Les jeunes ûUes me jettent des fleurs et m'offrent des bou ^uets, et il y en a une que je n'ai pu m'empêcher d'embrasser pour toutes les autres, tant elle me paraissait heureuse et criait d'une jolie voix : Vive Monsieur le Dauphin ! Vive Madame la Dauphine !

Je n'ai pas voulu quitter la première ville de France où je suis entrée sans embrasser ma chère maman, la prier de me conserver ses bons conseils et sa tendresse. Puisqu'elle a bien voulu me le permettre, je lui rendrai compte do ce qui se passera dans la suite du voyage, et de mon arrivée à Compiègne, où est le roi, et je serai heureuse si ma chère maman est contente de moi et reçoit avec bonté mes respects *.

Antoinette.

1. Louis XVI, Marie- Antoinette et Madame Elisabeth, recueil de correspondances inédites, publié par M. Feuillet de Conches, t. I, p. 1 et 2.

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h^ IX^uphino quitta Stra^bvHirg: le S mai, après la messe en luusiquo et le grand ovnuvrt au pakiis épiscopal, et fut reçue à Saverne, ^ sopt luHUVs du SiM>. jxtr le cardinal de Rohan. Après le bal et le ftni tlarlilioo, un souper réunissait autour de 3Iarie-Antoinette les dnnit^s do s^i maison ot ses diunes autrichiennes. Le 9, après la messe ^^l W tlt\jouner, la Diuiphine se séparait, non sans attendrissement, de m f*uilt^ allonmndo, qui retournait à Vienne.

I. ifllr0S inétUlêt d$ yanf^AntoinitU, publiées par le comte d*Hanoltteio, p. 7 et 8.

Nancy, Chàlons, Reims, Soissons : telles furent, jusqu'à Compiègne, les étapes de ce voyage triomphal accompli au milieu des villes en liesse et des campagnes endimanchées. Voyage uniformément heureux dont, à tout moment, quelque nouvel épisode animait, variait et parfois attendrissait la féerie.

A quelques lieues de Châlons, par exemple, c'est un vieux pasteur, à la tête de ses paroissiens, qui doit haranguer la Dauphine et qui, saisi à sa vue d'une éblouissante admiration, se trouble, perd le fil de son discours et ne sait que répéter, avec un touchant attendrissement, le verset du Cantique des cantiques qu'il avait pris pour texte. Marie-Antoinette sourit, et le bon prêtre encouragé retrouve la mémoire et y ajoute la reconnaissance.

Partout où la Dauphine fit quelque séjour, elle gagna les cœurs par son extrême douceur, sa bonté, sa piété, sa charité, en quelque sorte impatiente de ces devoirs protecteurs pour lesquels elle était si bien faite. Parfois aussi, sans les rechercher, elle enlevait, par la finesse de ses réparties ou l'à-propos de ses souvenirs, de plus difficiles suffrages.

Dans quelques villes des environs de Compiègne, par exemple, des professeurs et des écoliers vinrent la complimenter en latin ; quel fut l'étonnement de ces petits Cicérons lorsqu'ils entendirent l'archiduchesse leur répondre dans la même langue, dont la fille de Marie- Thérèse, reine de Hongrie, ou le latin est la langue officielle, avait une suffisante et imprévue expérience !

Le 11 mai, à deux heures de laprès-midi, la Dauphine et son cortège partaient pour Compiègne. Le dimanche 13 mai, le roi avait quitté Versailles, s'acheminant de son côté vers la résidence de rendezvous. Le marquis de Chauvelin, envoyé à Châlons pour complimenter la Dauphine, le duc d'Aumont, premier gentilhomme, chargé de la même mission à Soissons, avaient témoigné de la paternelle impa-

» MAI lE- ANTOINETTE

tience de Lwiîs XV, et galaHiiDeiit rej^^êsentê et àevèncé sa personne.

Par uDe prévenant de^ pla5 d-Skaîes, c'e^ aa doc de CtKMseul, âoteur de ?-ja mariage, qiie fat réservé, par c*dne du rw, Hionnenr de pré^eDt^ àmadâiDe la Daophiije les bi^mmages de la ojor^qiii s'avançait s-:*!? le? vcwtip^ verd^vantes de b f«.«rèi en ^rand oxiiè^e, à la suite do n:»i et de la fsaniile royale. A la \Tie do carT*>sSie d? tète, Marie-AntoÎDette descend du sien et, cc»Dduite par leoi-mte de Saulx-Ta vannes et le c*ArAe de Tessé, acc^flapasn-e de t»jutes se^s dames, elle se jette Hir le zhzon aux pieds du r:*i, qui la relève adtctneusement et rembrasse tout attendri. Lui-njârie présente la jeune princesse à son époux.

* ÏJ: D3iuphin s'approcha avec \ivacité, saisit une de ses mains et b baisa avec transport. De temps à autre, il jetait sur elle des regards d'admiration. La Dauphine avait les yeux baissés, une aimable rougeur colorait ses joues * .

Cette scène se passait au lieu dit le Pont-de-Beme, dans b foièt, digne théâtre de ces premières effusions et des plus favorables à cette blanche et fraîche fiancée qui, rapprochée de b nature, en paraissait plus belle. Arrivés au château, le n>i et le Dauphin donnèrent b main à b Dauphine jusque dans son appartement. Le roi lui présenta le duc d'Orléans, le duc et la duchesse de Chartres, le prince de Condé, le duc et la duchesse de Bourbon, le prince de Conti, le comte et b comtesse de la Man:he, le duc de Penthièvre et b princesse de l^mballe.

Marie-Antoinette subit avec sa gnice, sa modestie et son bonheur onlinaires, Tépreuve de ces présentations, et elle eut tous les honneurs do cotte promiore rencontre.

Le 15 mai, à sept heures du soir, la Dauphine arrix-ait au chà-

L iÊémoîtfS iif Wtbtr^

teau de la Muette, où le roi lui offrit une magnifique parure, composée des diamants et des perles de la feue Dauphine, ainsi que le fameux collier de perles d'un seul rang dont la plus petite avait la grosseur d'une aveline et qui, apporté en France par Anne d'Autriche, avait été destiné par cette princesse aux reines et dauphines de France.

C'est de ce château de la Muette que Marie-Antoinette, le soir même du jour où elle arriva, écrivait à sa chère mère une de ces lettres que nous regarderons toujours comme une bonne fortune de citer, et dont nous n'usurperons pas, par un récit toujours inférieur à ce premier jet de la vérité elle-même, le légitime effet.

Ch&teau de la Muette, ce 15 mai 1770.

Madame et ma très-chère Mère,

Tout ce qui s'est passé est pour moi comme un songe. Le pavé était partout couvert de fleurs comme à la fête de saint Etienne, et je marchais entre des tentures et des décorations. S'il n'y avait pas tant de discours et de compliments à entendre, je trouverais ça charmant. Que ma chère maman soit assurée pourtant que je me suis bien étudiée pour ne déplaire à personne. On a été si aimable, que je n'aurais pu faire autrement. Madame de Noailles était là à qui je demandais des informations sur la noblesse de province et sur les usages du pays...

 quelques lieues de Compiègne, le duc de Choiseul avait envoyé au-devant de moi. J'ai vu avec bonheur un homme si estimé de ma chère maman, et je l'ai traité en ami de la famille. Dans la forêt, deux pages à cheval sont accourus vers M. de Choiseul, et, peu après, j'ai vu arriver un grand cortège. C'était le roi qui avait la bonté de venir me surprendre. Aussitôt que je l'ai aperçu, je me suis jetée toute confuse à ses pieds. 11 m'a reçue dans ses bras en m'embrassant à plusieurs reprises et m'appelant sa chère 611e, avec une bonté dont ma chère maman aurait été touchée. Après cela, il m'a présentée à M. le Dauphin, qui m'a saluée à la joue. Le roi m'a parlé aussi de ma chère maman, disant : a Vous étiez déjà de la famille, car votre « mère a l'âme de Louis le Grand. »

On a été coucher à Compiègne. Le roi a ordonné de partir dès le lendemain pour la Muette, et quand nous sommes arrivés à Saint-Denis, très-près de Paris, j'ai suivi le conseil particulier que m'avait donné tout doucement le bon duc de Choiseul, en demandant à voir, à son couvent des Carmélites, la fille du roi. Madame Louise. Le

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V>;^i X]i>iejLj:. v^fi'fi r:>:::. v;wt 5C>i»?^ '7^^l Art p>.ximient tenir lieu vie vV viccu:::«:::: rr:Cirii\* ^-i: -«-CS :u^re 5ur lizie de )larie-Antoiiiettt* k*:> piu> i::tin>?5 fyr^pnv'C'.-rS, «et --.(is i.cne 5ur eUe-mème, h \t*rite jvAr elfe^-nièfBK\ a^ec xi ui aot.î lie sincérité et de naïveté que 110U5 canoii5 >oùr vv qu elle vfcvri: t^t qu'il noos semble entendre ce qu'elle rt^^vte- Rien ne 5aunut rvcipUoer rautorité et le channe de ivs tenK>ii:iup?5 eoatkientieU i U fois et authentiques, du récit do cette première entrvNue de la Ikiuphine avec sa famille et son ïKHipIe, où nous sentons si bien déjà, à travers les parfums et les rtiNons du présent, les menaces de Ta venir. Dans quelques mois, par exemple, le duc de Qioiseul, qui donne si doucement de si excel-

I. ■ Cet homiiuigc rendu aox Tcrtos, à U mie piété, dit Weber, lui mériu les respects et le« éloges de tous les gens de bien. »

i. Rêcmêil FêuilUt de Cancka, t. I,p. 3, 4, et 5.

lents conseils à la princesse, sera disgracié, et il emportera à Chanteloup ce secret si français que nul n'a possédé mieux que lui, d'acquérir et de mériter la popularité.

Le mercredi 16 mai, vers neuf heures, Marie-Antoinette partit pour Versailles, où devait se faire la toilette nuptiale, et où l'avaient devancée le roi et le Dauphin. A une heure, la princesse, en grands atours et en grand cortège, se rendait à l'appartement du roi qui la conduisait à la chapelle.

Là, suivant un intéressant détail que nous empruntons aux relations officielles, le Dauphin et la Dauphine, précédés du grand maître, du maître et de l'aide des cérémonies, et suivis du roi, s'avancent au pied de l'autel. L'archevêque de Reims bénit d'abord treize pièces d'or et un anneau d'or. Il les présente au Dauphin, qui met l'anneau au quatrième doigt de la main gauche de la Dauphine, et lui donne les treize pièces d'or. A la fin du Pater ^ le poêle de brocart d'argent est tenu : du côté du Dauphin, par l'évêque de Senlis, du côté de la Dauphine, par l'évêque de Chartres.

Tout Paris était à Versailles, le peuple venu à pied dès l'aube, le bourgeois dans des carrosses de remise à trois louis la journée, ou sur des chevaux de louage à deux louis. On juge de la déception de cette foule endimanchée qui roulait dans les avenues et dans le jardin ses houles bigarrées et s'enrouait aux chansons et aux vivats, quand, sur les trois heures, le ciel se couvrit de nuages, quand le tonnerre et la pluie chassèrent les curieux et firent de cette promenade un véritable sauve-qui-peut. Cette disgrâce du temps, si imprévue et si inopportune, dura toute la soirée. Le feu d'artifice ne fut point tiré, les illuminations furent noyées, les rues et les places dçmeurèrent désertes.

A peine sortie de la chapelle, et cédant à la joie et à l'émotion qui, malgré ce contre-temps, débordaient en elle, Marie-Antoinette

MAIIE-AMOINETTE

h sh îoère- nii côun bilkl, écrit nipkksneDt et comme furti- V2EKÎI':, fC-'ire 5eai prèsentalions, en graiîde toilette de mariée :

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