‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 82 sur 142 · Ibid,,p · texte numérisé non relu

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des larmes et des peines infinies. On a toujours accoutumé mes enfants à avoir grande conûance en moi, et quand ils ont eu dos torts, à me les dire eux-mômes. Cela fait qu*eD les grondant j'ai l'air plus poinéc et allligée do ce qu'ils ont fait que fâchée. Je les ai accoutumés tous à ce que un omîou un vo7i, prononcé par moi, est irrévocable; mais je leur en donne toujours une raison à la portée de leur ûge, pour qu'ils ne puissent pas croire que c'est humeur de ma part. Mon fils ne sait pas lire et apprend fort mal, mais il est trop étourdi pour s'appliquer. Il n'a aucune idée de hauteur dans la tête, et je désire fort que cela continue; nos enfants apprennent toujours assez tôt ce qu'ils sont. Il aime sa sœur beaucoup, et a bon cœur. Toutes les fois qu'une chose lui fait plaisir, soit d'aller quelque part, ou qu'on lui donne quelque chose, son premier mouvement est toujours de demander pour sa sœur de mémo. Il est né gai ; il a besoin, pour sa santé, d'être beaucoup à l'air, et je crois qu'il vaut mieux le laisser jouer et travailler sur la terrasse que de le mener promener plus loin. L'exercice que It^s petits enfants prennent en courant et jouant à l'air est plus sain que de les forcer à marcher, ce qui souvent leur fatigue les reins ^..

Tel est cet admirable document, qui ne fait pas moins honneur à la raison de Marie-Antoinette (lu'à sa tendresse, et la montre si profondément pénétrée des devoirs particuliers et de la responsabilité terrible d'une mère de roi. Quelque temps auparavant, elle écrivait k M"'® de Polignac, h propos de ce même Dauphin, pour lequel elle trace ces prescriptions délicates que modifiera si brutalement le farouche Simon :

Mon cher cœur, notre tendresse doit être sévère pour cet enfant; il ne faut pas oublier que ce n'est pas pour nous que nous devons l'élever, mais pour le pays. Les premières impressions sont si fortes dans l'enfance, qu'en vériti^ jo suis effrayée quand je pense que nous élevons un roi *...

Le lendemain du jour où elle s'occupait de l'éducation de son fils, en ces termes mémorables, Marie-Antoinette, livrée à des préoccupations moins douces, songeait à disputer à la démagogie triomphante son héritage déjà diminué. Elle écrivait à son frère Joseph :

1. Recueil d'Hunolstein, p. 132. ^ Recueil Feuillet de Conches, p. 241.

2. Histoire de Marie* Antoinette, par MM. Edmond et Jules do Concourt, p.S72.

Sn MAtlE-ANTOINETTE

. . Tu 1 ;4e.-e '^ '.-rce «ie %cuï -^ir-re Les f^rrces d'Iiorreur dont nous avons èU» innai^s^ ec i-icl v-.u5 n'êtes ^ùrerr.er.: -r^* :r':p iL^tniit m'ont navré le cœar, et je ne l>ais ijoe z:ie taire sur la douleur que j'ez. ress^fL?. Je souhaite que le calme renaisse bïecUit. L arrivée de M. NecLf r apporteni. ;■? I esi^-êre. la paix. La justice et la raison de tocLs Le? Ujds, c* il en reste cacore. met:roi; «ia baume sur la plaie qu*ont faite les pertnr^jateurs. Mais, hélas! je r.e suis point tranquille, il s'en faut, et il est inutile de ¥005 8.1 dire les tristes raisons *.

Il n'est pas douteux que ces tristes raisons ne fussent la double expérience qu'elle faisait tous les jours de l'égale impossibilité où le caractère du roi le jnetlail de satisfaire des exigences insatiables ou de les réprimer.

Le 2.*i juin, Louis XVI avait, par une initiative qui eut pu ètiv <lécisiv(% — si après avoir fait ce que l'Assemblée était venue faire vi ne faisait pas, il avait fermé Tenceinte de ses délibérations stériles et en .ivait mis la clef dans sa poche, — Louis XVI avait, disonslîous, lu cette déclaration fameuse qui donnait à la monarchie le <l()ul)Ie mérite de réaliser et de clore la Révolution. Cette déclaration contenait, (^ii trente-cinq articles, tous les bienfaits que Sa Majesté accordail, /9ro/>no motu, h ses j)eui)les. « Je puis dire, sans me faire illusion, aflinnait avec raison Louis XVI, (|ue jamais roi n'en a fait autant pour aucune nation ; mais (juel autre peut Tavoir mieux mérite par ses sentiments ({ue hi nation française?))

(letle dé( laration loulait sur l'ensemble des cahiers, sur tout ce c|iii fonnail de|)uis si l()])<;temps les vohix de la nation, fornnilés dans ses mandais à ses députés : impols, emprunts, publicité de l'état des linances, réduction dr<> sommes attribuées aux divers déparlements et à la maison du roi, consolidation de la dette publique, suppression des privilèges pécuniaires de la noblesse et du clergt*, de la taille et du franc-lief, respect pour les propriétés de tout gcnn'

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