LES GOÉLANDS
Un brick appareillait dans un Hes ports de Nantes . Kt des femnies en pleurs . des filles . des amantes Erraient dans les rochers . tout le lon2 de la nier : Puis dansant une ronde elles chantaient cet air ;
(> matin , à la mer liante , T. es marins dn Ooazic Vont s'embarqner snr leur brick, -Mes sœurs , chantons sur la côte
Goélands , Goélands , Ramenez-nous nos amants !
Les goélands volaient par milliers sur les lames De la terre au navire, et des marins aux femmes Ils allaient . revenaient . passaient en tourbillons Sur la ronde j)laintive et dans les pavillons.
(loelands. aux ports dl.spa^ue Miiidez nos cliers matelots .
Kt parlez-leur sur les Mois Des filles de la Bretagne.
Goélands , goélands , llanienez-noiis nos amants !
T.e brick ouvre sa voile ; adieu ! Pancre est tirée. Il part, comme un marsouin . poussé par la marée. Les fidèles oiseaux Tout suivi : mais, hélas! Les femmes vers la mer tendaient en vain les hras.
Suivez, suivez leur voyage, En Espagne , en tout pays !
Ne craignez pas leurs fusils Les amis au blanc plumaue.
Goélands, goélands.
Ramenez-nous nos amaiils
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Paris.
Si je ne t'aimais pas, qui donc pourrais-je aimer? Quand ton cœur au mien seul semble se ranimer. Lors((uedanst()utlejour peut-être il n'est|)ointd*heur» [)\w ta pensée aimante autour de ma demeure
Xe vienne, redoutant mille lointains pénis
Kt des chagrins sans nombre et dont souttre ton lils !
Et quel est ton bonheur, sinon avec ta mère.
Mon autre mère aussi , ear le destin sévère ,
Sous lequel je me traîne et m'agite aujourd'hui .
Du moins me réservait en vous un double appui! ) Toutes lieux en secret quel bonheur est le vôtre,
Sinon de me pleurer , et toujours l'une a l'autre De parler de celui que vous ne pouvez voir, D'une lettre en retard qu'on eut du recevoir, Oui vous arrive enlin , mais rouvre vos alarmes, Et que vous arrosez , comme moi , de vos larmes? Et vous vous consultez ; et tu m'écris alors Pour forcer ma paresse à de nouveaux efforts : C'est mon sort , c'est le tien ; au besoin, tu m'en pries ; Et (ju'il faut triompher de ces sauvageries,
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De ces lieres humeurs . de ces hauteurs de ton Que nie transmit mon père avec le sana breton : Puis viennent de ces riens, de ces mots, de ces choses . Que toute fenuiie trouve, en écrivant , écloses. Qu'on baise avec transport, et qu'on relit tout bas. — Oh 1 qui pourrais-je aimer, si je ne t"aimais pas? Et maliiré tes avis, mes soins de toute sorte, .Si ma mauvaise étoile, enfin , est la plus forte ; Si je sens par degfré mon âme se flétrir, Et se miner mon corps, vers qui donc recourir? Verstoi qui toujours douce, et bienveillante et bonne. D'un reproche tardif n'affligerais personne . Dont l'esprit induisent n'a pas encor vieilli . Dont le front , jeune encore, est demeure sans pli ! Lorsque seule, en hiver, assidue a l'ouvrage. Le soir, tu sentiras défaillir ton courage,
Songeant que sans profit pour mon bien a venir, .l'ai quitté la maison pour nv |)lus revenir ; Quand ton cœur abime dans cette idée amère , Sera près de se rompre, alors prends, ô ma mère, Prends ce livre quMci j'écrivis plein de toi , Et tu croiras me voir et causer avec moi î Tes conseils, mes regrets, nos communes pensées Y sont avec amour et jour par jour tracées ; Ce livre est plein de toi ; dans la longueur des nuits , Qu'il vienne, connue un baume, assoupir tes ennuis ; Si ton doigt y souligne un mot frais , un mot tendre De ta bouche riante, enfant . j\'ii dii l'entendre ; Son miel avec ton lait dans mon âme a coule ; Ta bouche, à mon berceau , me l'avait révèle.