CHANSON
(Il AN SON.
— Sur Virgile —
Laissant traiiier sa robe, à la fois doux et L^rave T>es dieveiix neulisés, dans le [)alais dDctave Il entrait a pas lents, et le soir, an festin . Uévait a sa Mantoue, a ses forêts de pin.
Un mot Veux t'ait roiiiïir. Sur le bras de Miecène Souvent il s'appuyait afin de prendre haleine . Comme font, sous le poids d'un ennui pénétrant , Ceux dont le corps est faible ou bien le cœur souffrant Kntre ses grands amis tel fut le doux Virgile : A consumer ses jours sa nuise fut agile ; ï)e sa tombe il peut voir Naples et Procida , Oij l'on dit quen chantant la syrène aborda
LA (HAINR l>'(»R
LA CIlAl-NK l>'H;
C'est un usage encor thms nos pieux rochers : Aux approches du sou", quand les jeunes vaelier?; Ramènent en sitllant leurs troupeaux ;i letable , Ces enfants croiraient faire une action coiip.ibk'
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S'ils éteiiiiioient alors la braise du lisoii Qui fuma tout le jour dans le creux d'un buisson ; Durant la nuit , qui sait si l'aine d'un vieux pâtre -Ne viendra point s'asseoir sur la pierre de Tàtre , Et , frileuse, y souffler, de même qu'autrefois Ce vieux pâtre en gardant ses vaches dans les bois? Si le chef d'une ferme, ou la mère, ou la fille, Si quelque membre enfin décède en la famille. Les ruches, qui chantaient aux deux côtés du seuil Sont couvertes de noir, en siofne d'un grand deuil . \ux pleurs de la maison et presque a ses prières On veut associer ce peuple d'ouvrières.
Au contraire, à la ferme, un matin fortuné, Qu'après neuf mois d'attente arrive un nouveau-ne Qu'im bonheur imprévu dans la famille éclate, (",ba(pie ruche reçoit sou voile dCcarlate ;
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Tous ont riiabit de fête, et dans les deu\ maison.'- On entend résonner la joie et les chansons.
— Non . non . la poésie, amour d'une ànie forte ï/antique poésie au inonde nest pas morte: Mais cette chaîne d'or, ce fil mystérieux Qui liait autrefois la terre avec les cieu\ . Notre orgueil Ta rompu : devant tant de merveilie>> Nous sommes aujourd'hui sans yeux et sans oreille> Quelques patres grossiers . des poètes enfants . Plus forts que la science et ses bras étouffants . Dou.x et simples d"esprit. seuls devinent eneon' [/ensemble harmonieux du monde qui s'ignore. De la terre et du ciel la secrète union . Et les liens caches de la Création
Le inonde est une ch.iine éleetrique, mouvante; Dieu tient p.ir lun des bouts eette chaîne vivante, Dans chaque anneau descend un invisil)le feu , Qui les parcourant tous , remonte jusqu'à Dieu. Gloire, dans leurs hameaux , quand la nature entière ^^'est plus pour le savant (ju'une aride matière. Un sujet de calculs oriiueilleux et menteurs , (lloire, dans leurs hameaux , a ces Innnbles pasteurs! Le monde est pour eux seuls une douce harmonie , Rt leur àme innocente a la sienne est unie. Tout sVnchaîne a leurs yeux ; et le bruit de la mer . La voix des animaux, les sifflements de l'air, Tout leur parle et leur dit la vie universelle; Klle respire en eux , ils respirent en elle ; L'abeille rit et chante autour de leur berceau , Kt rhumide matin pleure sur leur tombeau.
— Quand Louise mourut à sa quinzième année. Fleur des i)ois par la pluie et le wnt moissonnée. In corteue nombreux ne suivit pas son deuil : Un seul prêtre, en priant, conduisait le eeretieil : Puis, venait un entant qui . d'espace en espace. Aux saintes oraisons repondait a voix basse : Car Louise était pauvre, et jusqu'en son trépas Le riciîe a des bonneurs (jiie le pauvre n'a pas. La simple croix de buis, un vieux <lrap mortuaire Lurent les seuls apprêts de son lit funéraire ; Et quand le fossoyeur, soulevant son beau cirps. ])u xilkiiie natal l'em|)orta cbez les morts. A peine si la cloebe avertit la contrée Que sa plus douce vierue en était retirée. Llle mourut ainsi. — Par les tadiis couverts. Les vallons endjaumes , les genêts . les blés verts ,
I.e convoi descendit au lever de Taurore : Avec toute sa pompe avril venait d'eclore. ÏA couvrait , en passant , d'une neige de fleurs Ce cercueil virginal et le baignait de pleurs ; L'aubépine avait pris sa robe rose et blanche . TJn bourgeon étoile tremblait à chaque branche . Ce n'étaient que parfums et concerts infinis. Tous les oiseaux chantaient sur le bord de leurs nids
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