‹ MarieChapitre 5 sur 84 · LE BARDE · texte numérisé non relu

LE BARDE

Lfc: BARDE.

•Morne et seul . je passais mes jours a iiiatliisler , Mais rtsprit du pays ui"est venu visiter. Kt le son de sa voix semblait le Hiant des brises Oui sitïlent dans la lande aux bords de> pierres grise>

Il dit : - Je fus un barde au temps du grand lor ; Cette colline verte au-dessous de Ker-rorh , Est ma tombe. A ses pieds le torrent se décbaîne. Là, durant les chaleurs, sous les branches d'un chêne, Un vieux prêtre chrétien souvent venait s'asseoir , Et toi, qui par la main guidais cet homme noir. Enfant , tu t'asseyais près de lui sur la mousse , Et tu lisais alors d'une voix calme et douce. Tout ce que j'ai connu du Christ et de sa loi , Moi , mort avant le temps , je l'ai connu par toi J'ai redit la nouvelle aux Esprits des bruyères, Et ceux des bois taillis , des étangs , des rivières , Quand ton livre s'ouvrait volaient en tourbillons : On eiit dit sous le chêne un essaim de frelons, Tant arrivaient d'Esprits , d'Ombres et d'Ames folles Pour recueillir le miel des divines paroles.

On t'aimait. \ la nuit , quand par le l)ois d'Klô, Tu revenais au bourg, des touffes de bouleau Entendais-tu sortir des plaintes étouffées? Ces plaintes, cher enfant , étaient relies des fées : C'étaient leurs cris d'à mour , leurs cbants grêles, leurs v( ru \ Car plusieurs te suivaient en baisant tes cheveux . Kt quand l'une dans l'air déployait son écliar|)e. Tous les bardes chantaient inclinés sur la harpe

Otte nuit le jeune honiuie est triste ; la cité r,e retient en ses murs comme en captivité ; Seul devant son foyer, voyant le bois (jui tume. II pense au sombre Vrvor tout entouré de bnmie Il entend la mer battre au pied de Loii-Onà , Kt la nue en pleurant passer sur Omana

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.leime lioinine, dans ton cœur ainsi tu te désoles ;

Mais Paris, c'est le lieu des arts et des écoles ;

Ici toute science a ses temples ouverts,

Kt l'Armorique, hélas ! n'a plus que ses bois verts

Rejeton du passé , barde , notre espérance ,

Reste encore et grandis dans ces villes de France !

L'Esprit de ton pays viendra te visiter.

Quand ton cœur est trop plein, laisse ton cœur chanter,

Adieu, l'ombre pâlit. Sur tes vitres mouillées Comme le vent se plaint ! Bruyantes et gonflées Les sources vers la mer vont dégorger leurs eaux , Et les rocs de Penn-marc'h déchirent les vaisseaux : Partes vers , 6 chrétien ! calme donc ces flots sombres (!ar le Christ a ravi leur force aux anciens \oml>res

HYMNE

Dédié

A M. 1 NCR ES

(lliaciin a son poète et ehaeim sa beauté.

De ce moule ou le monde en naissant tut jeté

Des types merveilleux sortirent, le poète

Comme dans vm cristal dans ses chants les rellète.

Vm' le riniiul-Ouvrier tel fut Tordre prescrit : Il mit les Eieinents sous la loi d'un Esprit , Pour que chaque rouage, en l'immense macliiiir Remplît, sans dévier, sa fonction divine ; Et les artistes saints , créateurs après Dieu , Animés de son souffle, éclairés de son feu , Durent par les couleurs, et le marbre, et la lyre Rendre de l'univers ce qu'ils y savent lire. Il est doux par le Beau d'être ainsi tourmente, Et de le reproduire avec simplicité ; Il est doux de sentir une jeune ligure S'élever, sous nos mains, harmonieuse et puie : Si belle qu'on l'adore et qu'on en fait le tour. Amoureux de l'ensemble et de chaque contour ; Sous la forme il est doux de répandre la flamme En s'écriant : Voici la fille de mon àme!

Jusquau foyer d amour pour elle jai monte :

Admirez ce reflet de la Di\initëî

Nous ne redirons j)as ce que di>ait la haine.

Que toute poésie est une diose vaine :

Chanter, peindre, sculpter, c'est ravir au toinheau

O que la uiain divine a crée de plus heau :

(Jianter. c'est prier I )ieu ; peindre, c'est rendre honnuage

A celui (pii forma l'hofiime à sa propre imaire;

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