EPISODE
LE MARI
Adieu, mes bons petits. Toi. plus frais qu'une pomme , Mon Paul, un iiros baiser. Encore un 1 ejicore un 1
Feiiî me , entre vos deux bras serrez donc m ieux votre homme; Songez que jusqu'au soir je vais rester à jeiîn.
LA FEMME
Vous, Vincent, veillez mieux sur vos échafaudages. Ah ! pour nous mettre en deuil il suffit d'un faux pas. Enfoncez bien vos pieux, nouez bien vos cordages. Vraiment le long du jour ici je ne vis pas.
LE MAKI
La bâtisse s'achève; avec notre ami Jacques,
Bientôt je reviendrai , nous serons joyeux tous : Du vin, un bon rôti, des œufs rouges de Pâques! Tu sais, Jacques, tu sais que ta place est chez nous.
Courage ! Encore une journée Et cette reine des maisons Dans Paris sera terminée : Courage, apprentis et maçons !
Avec leurs marteaux, leurs truelles, Et des gravats plein leurs paniers , Comme ils sont vifs sur les échelles Moins vifs seraient des mariniers.
Qu'on prépare un houquet de fcte Au pignon il faut le planter.
Les plumes au vent sur le faîte, Vovez-vous le moineau chanter ?
Eux, ce soir, les gars de Limoge, Du travail chanteront la fin ; Et vous entendrez votre éloge , Bourgeois, si vous payez le vin.
LA FEMME
— (. Sainte mère du Christ, vous êtes mon refuge, Le matin je vous prie et le soir dereelief : Des frayeurs d'une femme, helasl vous êtes juge, Vous-même avez tremblé pour votre bon Joseph.
Comme moi vous n'aviez, recours des indigentes , Que les deux bras du saint appelé votre époux, Au risque de ses jours élevant des charpentes, Construisant des maisons qui n'étaient pas pour vous.
Mais votre esprit veillait ! ^Moi, faible et presque morte, Que puis-je pour celui qui me donne ses jours? Yierge, comme son corps rendez sou àme forte ; Dans ses hardis travaux soutenez-le toujours.
Dieu ! quelle rumeur sur la place ! — « A l'aide, à l'aide. Limousins !
« Du foin, de la paille ! oh ! de grâce , « Des matelas et des coussins ! » —
« Si l'un à cette pierre blanche « Peut s'accrocher, ils sont sauvés...
« Ah ! tous deux font craquer la planche ! " Ils vont tomber sur les pavés. »
Et vers Tétai qui se balance Tous restent là les bras en haut; Alors , dans le morne silence , On entendit sur l'échafaud :
— « J'ai trois enfants, Jacque, une femme! Jacque un instant Je regarda .
« C'est vrai ! » reprit cette bonne âme , Et dans la rue il se jeta.
Ah! ton nom, ton vrai nom, que ma voix le répande, Toi que j'appelai Tacque, ô brave compagnon ! Inconnu, qui portais une Ame douce et grande , Pour riionneur du pays, héros, dis-moi ton nom!
Sommes-nous au-dessous des temps de barbarie? Les tiens dans ton hameau ne t'ont point rapporté! Ils ne t'ont point nommé saint de leur confrérie! Les rimeurs se sont tù ! l'orgue n'a point chanté!
Des amis ;uii surtout; pleurant sur tou cadavre, Quelques mots du journal , voilà ton seul honneur Honte à qui voit le mal sans que le mal le navre, Ou qui voyant le bien n'est ivre de bonheur !