VŒU DE L'ART
De beaux marbres mirant leur front dans un bassin, Épurent, en passant, les yeux des jeunes mères, Oui moulent le fruit de leur sein Sur ces merveilleux exemplaires.
Par le clairon des vers, de beaux faits répétés Éveillent à Thonneur plus d'une âme affaiblie,
Les grands hommes sont imités,
Et la vertu se multiplie.
Heureux effet de l'art, produit harmonieux,
Alors qu'on voit s'unir dans une seule trame
La beauté qui charme les yeux
Et la beauté qui touche Tâme.
AUX ETsVIRONS D'ALBA^O.
Bois où se sont perdus Merlin et Viviane , Aviez-Yous plus d'arôme aux coupes de vos fleurs? Plus d'émail à vos pieds? Sur la verte liane Les oiseaux brillaient-ils de plus riches couleurs? O délices du lac d'Albane!
Calme et parfum ! Et puis des couples gracieux Qui la main dans la main, lentement, sous les chênes, Vont chercher quelque danse aux collines prochaines. Je passe et poliment on me sourit des yeux. Ainsi, vers Comanà, cheminant un dimanche , De chaque feutre noir, de chaque coiffe hlanche, M'arrivait un honjour, mais grave et sérieux.
Ébloui des splendeurs de cette terre épique , A midi je m'assieds sous la chaleur du jour ; Je tourne encor les yeux vers la Sabine antique , Puis, vaincu, je les ferme au bruit d'un chant rustique Un jour Milton dormant eut un baiser d'amour.
Pour les dames allant vers leur villa de marbre Sans gloire et sans lauriers mon front ne brille pas ; Mais, filles d'Albano, sous Fombre de cet arbre
Arrêtez, arrêtez vos pas!
Les lè^Tes qui cliantaient ma jeune paysanne, S'ouvrent encore et mon cœur en émane...
LES DECX fleurs.
A Xavier Marmier.
Écrase à tes pieds la mélancolie , Cette fleur du nord et d'un ciel souffrant . Dont le froid calice inondé de pluie S'exhale en poisons et trouble Opliélie Le lon2 du torrent.
Mais aux bords latins si tu veux descendre , La tristesse y croît , fleur bonne au plus fort , Qui rend l'homme doux et la femme tendre , Et calme Tesprit quand il faut s'étendre Aux draps de la mort.