‹ MarieChapitre 82 sur 84 · L'IDÉAL · texte numérisé non relu

L'IDÉAL

A mon frère Edmond, en Américrue.

Tous le voyaient en rêve aux terres atlantiques Kt, maliire les boas et les serpents ailes. Chercheurs d'tl-Dorado, les voila tous ailes Au pays lointain des Caciques.

I.a, sur un lit dOnyx et de saphirs, il dorf r.e vieillard ideni couvert de |)oiidre dOr î

Au pa\s lointain des Caciques Heureux, nouveaux Jasons, ceux-là qui sont ailes Qu'inipoi'te les boas et les serpents ailés Si Ton suit son beau rêve aux terres atlantiques.

Fantôme du bonheur, son ombre, son reflet^

Que vous attirez Tàme humaine !

Ah ! s'il est un bonheur pur, durable, complet , Anges, emportez-nous vers son riche domaine !

Dieu sur tout l'univers refléta sa beauté , Wotreâme par instinct cherche la belle image,

s 293 G Et, croyant la saisir, frémit de volupté : O mers, cieux étoiles, vallons pleins de ramage , Où rhomme bien souvent poursuit son idéal , Jusqu'au divin auteur transmettez cet homma^re ! Heureux les cœurs saisis d"un amour virginal, L'undansl-autreabsorbéscommeenleurbiensuprème:

Enfin, murmurent-ils. j'ai l'être sans égal 1

C'est que l'objet aime nous semble Dieu lui-même. -

Fantôme de l'amour, son ombre, sou rellet ,

Que vous entraînez l'âme humaine !

.^aes, emportez-nous vers le brûlant domaine Où rayonne l'amour pur. durable, complet!

Des aines ont trouvé des aiies Pour voler avant Flieure aux choses éternelles. Elles ont vu, — TAmour, dissipant tout brouillard. Fervent, leur déroulait ses plaines infinies, — Enfin elles ont vu le mystique vieillard ! O saint El-Dorado, roi des sphères bénies, Après ta grande voix que sont nos harmonies , Nos rubis sont les feux de ton ardent regard ? Pour voler avant l'heure aux choses éternelles ,

Des âmes ont trouvé des ailes.

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