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Hélène jeta un cri sourd; die ne put parier; mais son regard éperdu sembla interroger Geoi^ges; elle comprenait qu'elle afait été la cause de ce dud à mort.
— M. de Beam a succombé dans un combat loyal et où il pouvait avoir ma vie comme j'ai eu la sienne, reprit Georges. Avant de mourir il m'a confié sa dernière volonté; il m'a chargé de vous remettre œci.
A ces mots il déposa entre les mains d'Hâène le portefeuille qu'il venait de tirer de dessous son habit.
— Ahl Monsieur, murmura Hélène avec des san* glots convulsifs, que Dieu pardonne h ce malheoreux!
Il Y eut un silence, puis Georges reprit :
— Ce soir je retourne à Paris. Laisses-moi du moins emporter l'espérance que vousrenoncerei à votre résolution, que vous n'irez pas vous enfermer pour toute la vie dans un couvent I Oh I Mademoiselle, regardez autour de vous ! Songez à tout ce que vous voulez quitter, et vous verrez que vous pouvez être encore heureuse en ce monde!
Elle secoua la tête en pleurant.
•— M. de Maivalat vous aime et vous l'aimez, reprit Georges avec effort; aucun obstacle réel ne vous sépare ; vous n'avez qu'à dire un mot pour être heureuse...
— Vous ne savez pas tout, répondit Hélène d'une voix brève; écoutez-moi, c'est vous que je fois juge de ma situation, de mon avenir. Vous êtes un homme d'honneur, M. de Roqueville, répondez-moi franche-
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menu.. Groyez-Toas qu*uB homme d'bomieur puisse épcHBMer une femme que le crime d'uo misérable a soaiUée, que cette femme puisse sans honte et sans remords se donner à lui?
— Oui» répondit Georges; oui, sur mon ame et sur mon honneur, je le crois!
Puis il ajouta d'une voix plus basse :
— Cette femme n'a plus à rougir devant personne, quand le misérable qui l'avait outragée a disparu de ce inonde I
— Ahl murmura Hélène, il est vrai, M. de Bearn est mortl
Alors Georges lui parla long-temps du bonheur intérieur, des satis&ctions intimes et douces que donne une &miile; il l'exhorta à prendre une résolution qui comblerait sa sœur de joie et lui assurerait un heureux et paisible avenir. Emporté par sa propre émotion, dominé par un attendrissement profond, il tenait les mains de la jeune fille dans sa main et arrêtait sur elle son regard plein de douleur et de passion. 1^ cœur d'Hélène s'émut à cette voix; elle comprit lout-à-coup l'amour, le dévoûment de Georges, sa noble générosité.
— M. de Roqueville, dit-elle, oui, je comprends le bonheur td que vous me le peignez dans les douces habitudes de la vie intérieure, dans l'amour d'un honnête homme. J'espère encore en l'avenir.... Et vous? sans doute vous serez heureux aussi... vous trouverez une femme digne de vous.
— moi I murmura-t-il endétoonuuit la vue, je ne me marierai jamais!
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11 y eut on sîience; pois Geoi^es reprit avec efiiwt:
— Votre choix est fait; tous allez rendre la traoquillité et le bonheur à votre sœur, en le déclarant...
» Oui, mon choix est fait, dit Hélène en baissant la vue, mon cœur est libre de tout amour; 'mais il y a un homme que j'estime entre tous, pour lequel je ressens l'amitié la plus vive, et dont je me trouYerais heureuse de devenir l'épouse... cet homme est l'ami ^ de ma sœur, sa famille est depuis long-temps connue de la mienne... il a été dépouillé de sa fortune par un misérable; mais je suis riche pour tous deux...
Roqueville la regarda tout éperdu; il ne savait s'il comprenait. Alors elle se pencha un peu vers lui et reprit d'une voix encore plus basse : Georges, voilà ma main !
Il y avait un quart d'heure que madame Dobouijas attendait dans la galerie qui précédait la chambre d'Hélène; elle avait assisté de loin à une partie de l'entretien dont elle n'avait pas entendu un seul mot; mais quand elle vit Georges serrer sur sa bouche et sur son cœur la main que lui donnait Hélène, eUe comprit parfaitement de quoi il s'agissait, et elle se retira discrètement pour aller en faire part à la comtesse.
— Est-il possible I s'écria madame d'Aire en pleurant de joie; voilà peut-être ce qu'elle n'osait pas me dire!...
— Peut-être! murmura madame Dubouijas en hochant la tète; enfin, n'importe!...
Au bout de quelques jours, le marquis de Roqueville et Thérèse arrivèrenl aux Charmilles; M. Theve-
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net les accompagnait. Georges était allé au-devant d'eux... Après avoir embrassé son père, il tendit la main au notaire, et lui dit avec effusion : Mon cher Thevenet, mademoiselle d'Ëntrevaux veut absolument que j'emploie l'argent comptant qui forme une partie de sa magniûque dot; nous rachèterons Roqueville.
— Oh! nous ne passerons pas cet acte-là dans mon étude, répondit le notaire; il n'en sera pas besoin pour vous remettre en possession, attendu que la chose est déjà à peu près faite.
Et comme Georges le regardait d'un air stupéfait, il ajouta :
— Mademoiselle Alice de Roqueville>Beam est une personne d'honneur. Quand elle a appris la mort de son frère, dont elle est de droit l'unique héritière, elle m'a fait venir à la grille de son couvent, et elle m'a déclaré qu'elle renonçait à cette fortune, frauduleusement acquise selon sa conscience. C'est une vé^ ritable restitution, et nous en avons sur-le-champ passé l'acte.
— Oui, mon fils, s'écria le marquis, dont le visage vénérable était couvert de larmes de joie, nous emmènerons ta femme à Roqueville!
Environ un mois plus tard, Qodomir Dumillet achevait sa toilette devant une grande glace où se réfléchissait sa taille un peu carrée, serrée dans un magnifique habit noir. Il releva les plis de sa cravate blanche, artistement nouée, passa la main dans ses cheveux frisés, et mit ses gants jaunes; puis se tournant vers Lara, qui, assis sur ses pattes de derrière,
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avait assisté à sa toilette et suivi tons ses moaTemens d'an œil intelligent, il lai dît :
— Voilà qui est fini I II me semble qae je sais terriblement beaa... cela ne peut pas être autrement! Dis-donc, Lara» ta sais que nous sommes de nooes aujourd'hui 1...
FIK.