‹ Marie d'EnambucChapitre 18 sur 19 · B0R6ES · texte numérisé non relu

B0R6ES

— Ce n'est rien, Madame, répondit-il, la balle m'a touché à l'épaule...

— Oh! mon Dieu I mon Dieul s'écria-t-elle; et cet homme ? et M. de Bearn ?

— Il est mort, dit Georges avec un tressaillement intérieur; car il avait encore devant les yeux ce cadavre livide et baigné dans son sang.

Madame Dubourjas respira son flacon de sels, elle était réellement près de se trouver mai de saisissement et de crainte du danger passé.

— Mon cher Georges, dit-elle, je vais annoncer cet événement à la comtesse; je n*ai rien dit,' on ne s'est douté de rien ici...

— Je vais en faire part moi-même à mademoiselle d'Ëntrevaux, dit Georges; je lui donnerai avec ménagement cette nouvelle; fiez-vous-en à moi. Madame ; je lui parlerai aussi de sa résolution, de son départ, et peut-être... A présent, j'espère qu'elle restera.

Hélène était seule dans sa chambre quand on annonça M. de Roqueville.

— Bon Dieu I dit-elle en le voyant, vous êtes pâle. Monsieur! que vous est-il donc arrivé? Puis, s'apercevant qu'il avait un bras immobile et attaché sur sa poitrine avec une cravate de soie, elle ajouta avec un effroi mortel : Vous êtes blessé!...

— Oui, Mademoiselle, répondit-il en s'asseyant près d'elle, j'ai été blessé dans un duel.

— Dans un duel ! et contre qui?

— Contre un homme que j'ai tué... contre M. de Bearn!

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