‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 139 sur 154 · ST. ALBERT'S COLLEGE LIBRAR · texte numérisé non relu

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le samedi après leur mort délivrés par elle du Purgatoire.

Ces révélations privées, selon le principe reconnu et incontestable, ne s'imposent point à notre foi. Il faut donc nous mettre sur un terrain plus solide et exclusivement théologique. Or, théologiquement parlant, il est hors de contestation que Marie peut aider, délivrer les âmes du Purgatoire, et en cela précisément consistent ses droits de reine sur le royaume de l’expiation. Marie est la consolatrice des affligés non seulement quand ils se trouvent sur la terre et grossissent de leurs larmes le torrent douloureux qui traverse ce monde, mais encore elle aide de ses bienfaits ceux qui sont sous le poids de la divine justice, si formidable même aux élus. Non pas que Marie puisse supprimer l’œuvre de Dieu, juge sévère même des fautes légères ; mais elle peut distribuer largement ses suffrages à ceux qui dans le purgatoire attendent leur complète purification. Nous, membres de l'Eglise militante, nous pouvons être généreux envers nos frères de l’église souffrante, nous pouvons alléger leurs peines, nous pouvons anticiper le jour de leur entrée dans le ciel, les clefs de leur prison sont dans nos mains. Mais elles sont beaucoup plus dans les mains de Marie, personne comme elle ne peut dispenser de larges secours aux détenus du purgatoire. L'Eglise en est convaincue, et aussi dans la liturgie, dans une des collectes de la messe pro defunctis, les recommande-t-elle à l’intercession de l’auguste Mère

de Dieu. De graves théologiens toutefois contestent à Marie le pouvoir d'appliquer directement aux fidèles défunts les satisfactions dont elle fut riche sur terre. D’après eux, aucun élu du ciel n’a en son pouvoir les mérites par lui acquis, car ils sont déjà dans le trésor de l’Eglise : à elle seulement d’en faire la distribution. Il n’y a, disent-ils, aucune exception, même pour Marie.

Soit, nous ne voulons point contester ce principe que nous admettons. Cela pourtant ne diminue pas le pouvoir de Marie sur le purgatoire, par ce qu'à ses pieuses et généreuses industries maternelles, restent toujours ouvertes beaucoup d’autres voies pour secourir ces pauvres àmes douloureuses. qu'elle aime tant. Par exemple, personne ne voudra nier qu'elle ne puisse par des impulsions, des inspirations secrètes, eflicaces, et célestes incliner ses dévôts qui sont sur terre, à secourir les défunts par leurs prières, par des aumôûônes, par des mortifications, par la célébration du sacrifice de la messe. Nous ne voyons pas comment non plus on puisse lui contester le pouvoir d'obtenir de Dieu par ses prières que les suffrages des vivants offerts pour ceux qui n’en ont plus besoin, ou ne peuvent les recevoir, soient appliqués à certaines âmes plutôt qu’à certaines autres. Et même nous ne trouvons point exagéré, mais au contraire tout naturel, d'admettre que de temps en temps, pour ses fêtes, elle apparaisse au purgatoire pour consoler par sa présence ces âmes qui ne désirent plus qu’entrer au

ciel. Pourquoi la terre qui fut tant de fois, surtout de nos jours, le théâtre de ses visites serait-elle sous ce rapport plus fortunée que le purgatoire.

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