‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 140 sur 154 · VI. Par droit de victoire, elle commande à l’enfer · texte numérisé non relu

VI. Par droit de victoire, elle commande à l’enfer

Par droit de victoire, Marie est encore reine des abîmes infernaux. Le démon, l’enfer ressentent les effets de sa victoire, ils s’en dépitent, haïssent sa supériorité, mais sont obligés de l’admettre. Cette souveraineté sur l’abîme infernal que possède Marie, se manifeste par le pouvoir spécial qu'elle a d'empêcher, de détruire, de ruiner les plans que le démon, agent d’interminables méfaits, va machinant contre les hommes. Dès le commencement du monde, Dieu a annoncé, qu'entre Marie et le serpent infernal il y aurait une guerre implacable. Cette guerre se déroule acharnée autour des àmes. Marie veut les sauver, Satan veut les entrainer dans l’éternelle damnation. Celui qui se met sous la protection de la Vierge ne périra point : il ne peut périr. parce que Marie, reine dominatrice, mesure impérieusement leurs attaques aux portes de l’enfer. Nous n’admettons pas que la puissance de Marie aille jusqu’à délivrer les damnés. Admettre cela serait aller contre les plus solides enseignements de la théologie sur l’immutabilité du jugement final. Le jugement que Dieu prononce à la mort de tout homme est absolument irrévocable, les exemples contraires doivent se retenir pour absolument légendaires, nous croyons même qu'ils

sont dangereux, pouvant créer de fatales illusions.

Mais s’il en est ainsi, il est vrai aussi que tant que nous sommes sur terre, il n’y a point d'assaut de Satan que Marie ne puisse dissiper : l’enfer se sent absolument impuissant devant la majesté de la reine de l’univers.

VII, Le règne de Marie sur l'humanité : fruits qu'il est destiné à produire.

Enfin Marie est reine de l’humanité. Son empire sur nous est non de faste ou de mondanité, mais d'amour et de bienfaisance. Elle règne sur nous, comme Jésus : son empire est celui de la plus tendre, de la plus délicate, de la plus prévoyante des mères. Elle est notre reine, parce qu'elle est notre mère et notre corédemptrice. Nous avons déjà étudié l’ineffable pouvoir de Marie pour nous obtenir les grâces divines. Ce pouvoir atteignit son faîte, au jour de l’Assomption. Alors, selon la révélation de Marie elle-même, en 1876, à Eustelle Faguette, à Pellevoisin, elle acquit un tel ascendant sur le cœur de Jésus, que ce cœur ne refuse aucune de ses demandes. Cette perpétuelle et toute-puissante intercession de Marie en notre faveur, voilà son royaume d’amour sur toute l’humanité.

Marie attend de nous, en retour, que nous la fassions régner sur notre cœur, sur notre esprit, sur nos sentiments, sur notre volonté, sur notre corps, sur notre âme, en copiant notre vie sur la sienne, en lui portant un amour illimité, inférieur seule-

ment à l'amour que nous portons à son fils Jésus, Dieu béni dans tous les siècles.

Ce triomphe, cette extension du royaume miséricordieux de Marie parmi nous, sera la mesure, la cause, l’exposant et la coefficient de l’extension et du triomphe du royaume de Jésus-Christ. Les novateurs ont eu une crainte bien vaine: ils ont pensé que l’amour donné à Marie est une diminution sacrilège de l'amour dù à son Fils. Rien de plus illogique que cette pensée, rien de plus contraire au bon sens, rien de plus à l’opposé des plans de la Divine Providence. La mère n’est pas autre chose qu’un lien plus doux, plus fort, qui unit au Fils. Marie veut régner sur les cœurs, mais non en égoiste, elle veut régner, pour mieux faire régner, par les attraits de son immortelle beauté, son divin Fils, Jésus.

Un saint éminent, vénéré parmi les dévots de Marie, a prédit que « Dieu se réserve de renouveler les derniers temps du monde, par le triomphe du règne de Marie. » — « Dieu, écrit le Bienheureux Grignon de Montfort, veut se former des élus en Marie et par Marie, et il lui dit : in eleclis meis mille radices. Jetez, è mon épouse très aimée, jetez les racines de vos vertus, dans mes élus, afin qu’ils croissent de vertus en vertus, de grâces en grâces, j'ai pris tant de complaisance en vous, quand vous viviez sur la terre, dans la pratique des plus sublimes vertus, que je désire encore vous trouver sur terre, sans que vous cessiez d’être au ciel. Repro-

duisez-vous donc à cet effet dans mes élus, afin que je voie en eux et avec complaisance, les racines de votre foi invincible, de votre profonde humilité, de votre universelle mortification, de votre prière sublime, de votre ardente charité, de votre ferme espérance, et de toutes vos vertus. Vous restez toujours mon épouse fidèle, pure et féconde, que votre foi me donne des fidèles, votre pureté des vierges, votre fécondité des élus et des temples.

Quand Marie a jeté ses racines en une âme, elle y produit des merveilles de grâces, qu’elle seule peut produire : elle seule, en effet, est la vierge féconde qui n’a eu et n’aura jamais d’égale dans la pureté et la fécondité.

Marie a produit par l’Esprit Saint la plus grande de toutes les merveilles, c’est-à-dire l’homme Dieu, et par suite elle produira, les plus grandes merveilles des derniers temps. L'éducation et la formation des grands saints, qui vivront alors, lui sont réservées, car seule, cette vierge excellente et miraculeuse peut produire, en union avec l'Esprit Saint, de grandes et extraordinaires choses.

Quand l'Esprit Saint, son époux, la trouve dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique abondamment à cette âme, selon que celleci lui donne place ; et une des grandes raisons pour laquelle l'Esprit Saint actuellement, ne fait point de grandes merveilles en nos âmes, c'est qu’il ne les trouve pas suffisamment unies avec sa fidèle et inséparable Epouse. Je dis « inséparable » Epouse,

car, depuis que cet amour substantiel du Père et du Fils, a épousé Marie, pour engendrer Jésus, chef des élus, et pour l’engendrer dans les élus, il ne l’a jamais répudiée, car elle est toujours fidèle et féconde, » (0: €.\pe 16-17).

Page 1