‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 21 sur 154 · I. SUATeZ CSD UNS O CLARA MIT ID · texte numérisé non relu

I. SUATeZ CSD UNS O CLARA MIT ID

vérité. Quelques-uns disent que dans la première sanctification de la Vierge la concupiscence en elle fut liée, ce qui veut dire que la grâce intérieure de Marie n'aurait point sufli à réprimer en elle tout mouvement de la concupiscence, mais que pour cela, il fallut un concours spécial, extérieur de la divine Providence, concours que Dieu n'aurait jamais refusé. D’autres au contraire soutiennent que dans la conception de Marie la concupiscence en elle fut totalement éteinte, ce qui veut dire qu’à cause de l’abondance des grâces dont elle était revêtue, les passions en elle n’eurent jamais la possibilité intrinsèque de se révolter contre la raison.

Cette seconde façon de juger de la soumission des sens à la raison chez la Vierge est sans doute la plus conforme soit à sa dignité, soit aux exigences de son Immaculée Conception. Aussi est-elle devenue universelle chez les théologiens depuis la définition du dogme. Saint Thomas affirme qu’en Marie le foyer de la concupiscence ne fut éteint qu’au moment où le Verbe s’incarna en elle. Avant il n’était que lié : mais il enseignait ainsi, parce qu’il n’admettait point, comme nous le verrons, l’Immaculée Conception.

Pour une âme immaculée, si remplie de perfection, soit dans ses facultés intellectuelles, soit dans ses facultés sensibles, il fallait un corps particulier, un corps doué d'une exquise complexion, d'une délicatesse infinie ; autrement on ne comprendraif point comment dans un corps grossier, de si excel-

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lentes facultés eussent pu exercer leurs nobles fonctions. Mais nous avons déjà parlé du corps de Marie longuement dans la question précédente.

Résumant en une seule image l’ensemble des perfections variées produites en Marie par l’exemption du péché, nous dirons avec Duquesne que la nature de Marie ne ressemblait point à notre terre ingrale et maudite, qui ne produit que ronces et épines et qui pour nous donner quelques fruits attend qu'une culture fatigante les ait extirpées ; cette terre qui souvent trompe nos espérances et ne répond à nos désirs que par une désolante stérilité. La nature de Marie au contraire était une terre féconde, semblable à celle qui s’offrait aux regards de nos premiers parents innocents, placée sous un ciel propice, pénétrée d’une rosée bienfaisante, recouverte de moissons enchanteresses, impatiente de donner ses richesses, de prévenir et de surpasser leurs désirs, n'ayant point besoin de leur travail et ne se fatigant point de leur fournir le nécessaire (1).

Aussi a-t-on coutume d'appeler Marie Immaculée le Paradis de l’Incarnalion. Pleine d’une tranquille harmonie à l'intérieur, Marie immaculée était à l'extérieur crainte et respectée même du plus terrible, du plus implacable ennemi spirituel, du démon. Parce qu’elle fut immaculée, jamais elle ne fut sous son joug, jamais elle n’éprouva Ja honte

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