‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 37 sur 154 · III. Et l'arche d'alliance incorruptible · texte numérisé non relu

III. Et l'arche d'alliance incorruptible

Aux Pères fut familier un autre symbole extrait pareillement de l’Ancien Testament, dans lequel nous trouvons implicitement l'affirmation de l’Immaculé Conception. Ils découvrirent Marie dans l’arche de l’ancienne loi dont on parle dans l’exode, chap. XXXVII, v. 1 : Beselel fit pareillement l’arche de bois d’acacia, il la revêtit d’or pur en dedans et en dehors. Le setim comme l’on sait, était un bois incorruptible.

Ce symbole appliqué à Marie revient très souvent dans les Pères postérieurs au 1v° siècle, mais on les retrouve aussi dans les écrivains antérieurs.

On le trouve par exemple en saint Hippolyte. qui scella de son sang sa foi peu après l’an 220. Son témoignage est d’une valeur inestimable à cause de son antiquité, et aussi, parce qu'il démontre claiment comme Hippolyte croyait à l'Immaculée Conception. Il écrit: « L'arche d’alliance formée de bois incorruptible, c'était le Sauveur. Elle signifiait son tabernacle exempt de pourriture et de corruption, qui n’a engendré aucune corruption de péché. Or, le Seigneur était exempt du péché, ayant été formé d'un bois non soumis à la corruption humaine, je veux dire dela Vierge et de l'Esprit Saint, ayant été entouré dedans et dehors comme de l'or très pur du Verbe de Dieu » (1).

Marie est donc proclamée incorruptible comme l'arche d'alliance et même son incorruptibilité est comparée à celle de l'Esprit Saint. Marie et l'Esprit Saint sont le bois incorruptible d'où est tirée l’arche de la nouvelle alliance, c’est-à-dire le Sauveur. Nous le savons, ces paroles pourraient dans le sens immédiat signifier l’incorruptibilité virginale de Marie ; mais vouloir les limiter à cette seule signification serait les restreindre sans aucun motif plausible. Même en disant que cette arche incorruptible

1. « Porro autem arca ex lignis quæ putrescere non poterant, erat ipse Salvator. Per hanc enim, putredinis et corruptionis expers, ejus tabernaculum significatur, quod nullam peccati putredinem genuit... Dominus autem peccati expers erat, et ex lignis putrefactioni non obnoxiis secundum hominem, hoc est ex Virgine et ex Spiritu Sancto, intus et foris

tamquam purissimo Verbi Dei auro circumtectus ». (Gall., te 10, D 100):

LES PRÉROGATIVES DE MARIE Ton

ne pouvait engendrer aucune souillure de péché, Hippolyte nous fait très bien comprendre que sa pensée était d’écarter de Marie toute souillure et corruption morale, il voulait exclure d’elle toute sorte de péché. Et ceci nous fait comprendre la valeur des autres appellations données par le même auteur à Marie. Au livre de Christo et antichristo, n° 4, il l’appelle « toute sainte, toujours vierge, sainte, vierge immaculée ».

Bien que l’observation de Petau soit fondée, à savoir : les appellations de sainte, sans tache, immaculée données par les Pères à Marie n’indiquent pas toujours son immunité de la faute originelle, cependant cette observation ne nous semble pas applicable au cas de saint Hippolyte. Mises en corrélation avec les autres écrits de ce saint, ces expressions constituent la formule, on peut dire claire et complète, indiquant le grand privilège de Marie.

IV. Saint Ambroise se montre favorable à l’Immaculée Conception, en appelant Marie vase céleste, exempte de quelque sorte de péché que cé soit.

L'enseignement de saint Ambroise, qui vécut un siècle après Hippolyte (333-397), est aussi assez clair sur ce point. Dans son œuvre de inst. Virg., il appelle Marie « vase céleste » (1), non point, comme le fait observer saint Alphonse dans ses Gloires

1. Non de terra utique sed de cœlo vas sibi hoc per quod descenderet Christus elegit (De Inst. Virg., n° 33).

de Marie, parce que Marie ne fut pas de la terre par sa nature, comme ont rêvé les hérétiques, mais céleste par grâce, parce qu’elle fut supérieure aux Anges du Ciel en sainteté et pureté.

Dans le Commentaire du Psaume 118, il dit ouvertement que Marie fut exempte de toute sorte de péché ab omni integra labe peccali. Voici d’ailleurs le contexte en entier : « Cherchez votre serviteur, car il n’a point oublié vos commandements, venez donc è Seigneur Jésus, venez chercher votre pauvre brebis fatiguée... Venez donc la chercher non pas par des serviteurs, non point par des mercenaires, mais cherchez-la vous-même, prenez-moi dans cette chair qui est tombée en Adam, recevezmoi non de Sara, mais de Marie, de sorte qu’elle demeure vierge, exempte, par la grâce, de toute sorte de péché » (1).

Que pourrait-on désirer de plus explicite en faveur de l’Immaculée Conception de Marie? Nous devons toutefois en toute sincérité faire remarquer que l'authenticité de cet écrit n'est point hors de contestation.

1. Quære servum tuum, quoniam mandata tua non sum oblitus. Veni ergo Domine Jesu; quære servum tuum, quære lassam ovem tuam... Veni ergo et quære ovem tuam jam non per servulos, non per mercenarios, sed per temetipsum. Suscipe me in carne, qua in Adam lapsa est. Suscipe me non ex Sara, sed ex Maria, ut incorrupta sit virgo per gratiam ab omni integra labe peccati.

Fo

V. Quel appui donnent au dogme de l’Immaculée Conception, Îles apocryphes mais anciens témoignages mis sous le nom del’apòtre André, d’Origène, de Denys d'Alexandrie, de saint Jean Chrysostome.

Pour prouver la foi des premiers temps à ce privilège de Marie, on a coutume de citer encore les paroles que saint André apôtre aurait prononcées du haut de la croix où il était attaché; s'adressant au proconsul de Patrace Egée, il aurait dit entre autres choses : « Parce que le premier homme avait été créé d’une terre immaculée, il était nécessaire qu’un homme parfait naquit d'une vierge immaculée, afin que le Fils de Dieu qui avait d’abord créé l’homme, le restitua à la vie éternelle qu’il avait perdue par la faute d'Adam (1). » Ce passage affirme clairement l’immunité de Marie, non point tanten vertu de la simple parole immaculée, qu'en vertu de l’antithèse établie entre le Christ et Adam. L'un et l’autre est formé de quelque chose d’immaculé. Adam est façonné de la terre immaculée de l’Eden, Jésus de la chair de la Vierge immaculée Marie. Et de même que la terre d’où fut tiré Adam était immaculée en ce sens qu’elle n’avait pas encore été souillée par la faute d'Adam et par celle de ses descen-

1. Et propterea quia immaculata terra creatus fuerat primus homo, necesse erat ex immaculata virgine nasceretur perfec= tus homo, quo Filius Dei, qui antea condiderat hominem, vitam æternam, quam perdiderant homines per Adamum, repararet. (Bibliot. Patrum, Gallandi, t. I, p. 157).

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