‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 20 sur 92 · IV. Le pourquoi de l’Annonciation · texte numérisé non relu

IV. Le pourquoi de l’Annonciation

Pourquoi Dieu voulut-il que le mystère de l’Incarnation fut annoncé avant son accomplissement, et pourquoi le faire annoncer par un ange ? A cette double question, saint Thomas répond admirablement dans sa Somme théologique, 3° partie, question 30.

Il n’y avait certes pas dans tout cela nécessité absolue. Dieu maître souverain de toute chose, aurait pu rendre Marie Mère de son Fils sans lui envoyer un message précédent et même sans attendre son consentement. Mais il était convenable que cette bienheureuse Vierge sùt d’avance tout ce qui allait s'agcomplir en elle, pour quatre raisons. La première, afin qu'elle put se préparer à recevoir dignement le Verbe divin. Avant de concevoir matériellement le Fils de Dieu, il convenait qu'elle le concut spirituellement, concentrant sur lui en un effort suprême toutes ses affections et toutes ses pensées. Pour tant que le Roi de l'Univers voulut rester inconnu en entrant dans le monde, il était

trop juste qu’au moins sa mère lui fit fête et lui rendit grâce pour tant de bonté.

Congruum fuit dit saint Thomas, B. Virgini annunliari quod esset Christum conceplura. Primo quidem ut servarelur congruus ordo conjunclionis Filii Dei ad Virginem : ut scilicel prius mens ejus de ipso instruerelur, quam carne eum conciperel. (1. c.).

De plus, Dieu pensait à nous, en faisant cette révélation. Il voulut que Marie en fut exactement instruite, afin qu’elle put à son tour rendre devant l'humanité un témoignage invincible de ce mystère. C’est en effet par elle, que saint Luc apprit les diverses circonstances dans lesquelles Dieu s’incarna. Secundo, c’est toujours saint Thomas qui parle, ut possel (Maria) esse cerlior leslis hujus sacramenti, quando super hoc divinitus erat instructa.

L’Annonciation fut encore convenable, parce qu'elle fournit à Marie — ainsi que nous le dirons bientôt — l’occasion d’exercer les plus admirables vertus. Tertio, ul voluntaria sui obsequii munera Deo afferet ; ad quod se promptam oblulit, dicens : Ecce ancilla Domini.

Enfin Dieu, agissant ainsi, a montré une fois de plus comment il aime traiter chaque chose suivant sa nature et le délicat respect qu’il garde toujours envers la liberté humaine. L’amitié, l’alliance ne s’imposent pas à un étre libre, les convenances veulent qu’on le laisse volontairement choisir. Dieu entrait par l’Incarnation en de plus intimes rapports avec l'humanité ; c'était un indissoluble mariage qu'il

contractait avec elle; mais Il voulait de la part de l'humanité une libre acceptation, et Marie, au nom de nous tous, la donna dans sa réponse à .l’Ange. Une autre femme par son libre consentement aux injonctions de l’Ange mauvais, nous avait perdus, Marie nous restituait librement à l'amitié de Dieu, lorsqu'elle répondait à Gabriel. Quarto, ul ostenderelur esse quoddam spiriluale matrimonium inler Filium Dei et humanam naturam. Et ideo per annunlialionem expeclabatur consensus Virginis loco lotius human nature. (l. c., art. 1).

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