MARIE DANS L’ÉVANGILE 6I RAZIONI LASCIA MIAO NE IENA
et pendant qu’elle était sur la terre, par sa condition de viatrice. Même Jésus-Christ, par sa condition d'homme et de viateur fut un peu au dessous des Anges. Entendons saint Thomas:
« Respondeo, quod conveniens fuit Matri Dei annuntiari per angelum divine incarnalionis mysterium propter tria. Primo quidem ut in hoc eliam servaretur divina ordinalio, secundum quam medianlibus angelis divina ad homines perveniunt. » Et dans la réponse ad primum, il ajoute : « ad primum ergo dicendum quod Mater Dei superior eral angelis quantum ad dignilatem, ad quam divinilus eligebalur ; sed quantum ad stalum præsenlis vilæ inferior erat angelis, quia el ipse Christus ralione passibilis vite modico ab angelis minoralus est».
De plus un ange des ténèbres, avait, par son intervention, causé notre chute, il était convenable qu'un autre ange, un ange de lumière, traitàt avec une autre femme pour notre rachat.
« Secundo, continue le saint Docteur, hoc fuit conveniens reparalioni humanae, que fulura erat per Chrislum ; unde Beda dicit : Aplum humanæ restauralionis principium ut angelus a Deo milterelur ad Virginem partu consecrandam divino, quia prima perditionis humane fuit causa, cum serpens a diabolo millebatur ad mulierem spirilu superbia decipiendam.»
En dernier lieu, un tel messager céleste était tout indiqué pour se présenter à celle qui, devenant Mère de Dieu, ne cessait pas d'être vierge. C’est qu’il y a des liens très étroits entre la pureté angélique et
la pureté virginale ; vivre dans le monde et conserver toujours la candeur virginale, c’est plus qu’humain, c’est déjà mener la vie même des Anges.
« Terlio conclut saint Thomas, quia hoc congruebal virginitati Matris Dei ; unde Hieronymus dicit in sermone Assumplionis (ce discours lui est faussement attribué) : Bene angelus ad virginem millilur, quia semper est angelis cognata. virginitas. Perfecto, in carne, præler carnem vivere, non terrena vila est sed cœlestis ty (les).
VI. Authenticité du colloque entre Marie et l'Ange. Réfutation de la critique rationaliste. Enchaînement logique des paroles de l’Ange.
Le récit que saint Luc nous donne de l’Annonciation de l’Ange, paraît trop gênant à la critique rationaliste pris tel quel, et par suite elle s’est donnée la peine de le refaire à son agrément. Nous ne parlons pas de ceux qui plus radicaux, mais certainement plus logiques, suppriment les deux premiers chapitres de saint Luc, qu'on pourrait appeler l'Evangile de l'Enfance. Nous avons seulement en vue ceux qui plus pudiques, mais d’une pudicité illogique quelque peu comique, admettent les récits de l’enfance, mais suppriment l'affirmation de la virginité de Marie. Cet insigne privilège de la Mère de Dieu brille d’une pleine lumière dans sa conversation avec l'Ange ; aussi est-ce sur ce point que se rebelle la critique rationaliste, celle même qui vou-
MARIE DANS L'ÉVANGILE 63 drait passer pour plus modérée et donner à ses propres arguments l’auréole scientifique.
Voici comment ils procèdent :
Kattenbusch (1) propose d'éliminer du colloque avec l’Ange, quatre mots que l’Evangéliste met dans la bouche de Marie ere: avdpa où yivwsxw parce que je ne connais pas d'homme. Quatre mots seulementi.
Harnack ne se contente pas de si peu, ce qui pourtantestdéjà d’un arbitraire intolérable. A fin de mieux éliminer l’idée de la Conception virginale de Jésus, il soutient que les versets 34, 35 doivent être regardés comme interpolés, comme aussi le titre de vierge donné à Marie au début du récit. Donc, suivant Harnack, dans le texte primitif, on ne lisait pas ces passages : « 34. Alors Marie dit à l'Ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme? » 35. L’Ange lui répondil: « L’Espril Saint viendra sur vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’élre saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu ».
Quelles sont îes raisons qu'invoque le Professeur de Berlin — qui du reste, est justement célèbre par son érudition et qui raisonne très bien, quand il n’écoute pas ses préjugés — quelles sont, demandons-nous, les raisons sur lesquelles il appuie cette assertion d’interpolation ? S'il s'agissait de catholiques voulant supprimer quelques textes génants, on