‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 10 sur 62 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HUGONNET, RAVESTAIN.

H U GO N NET

Seigneur, nous sommes seuls.... apprenez que Marie , Comptant sur votre honneur, veut que je vous confie Un secret important, et de tous ignoré.

RAVESTAIN.

A moi ?.... Par ce discours je me sens honoré ! Mais je dois m^étonner de cette confidence ; Jamais personne en moi n'eut tant de confiance !

l4 MARIE DE BOURGOGNE.

Je sais qn^en ce palais on soupçonne ma foi ; Comme dans les e'tats , on y doute de moi.

HUGONNET

Le pre'sident peut seul vous faire cette injure.

RAVESTAIN.

Je prouverai bientôt si je suis un parjure ! Qu^'avez vous a m'apprendre ?

HUGONNET

Il vous souvient, seigneur.

Qu'a la cour de Louis je fus ambassadeur ? Dans un fatal e'crit, Marie eut l'imprudence D'accuser les états de haine et dinsolence , De se plaindre d'un joug qu'elle ne peut souffrir, Et dont elle pre'tend, en secret, s^affranchir. Louis, quMclaire alors sa sombre politique. Certain que les partis divisent la Belgique, Reçoit avec transport cet e'crit important; J'ai lu dans ses regards, quel fruit il en attend !.... Par cette confidence e'tr ange, inattendue, La paix, qu'il promettait, fut soudain suspendue; Comptant sur les malheurs de nos divisions. Et mettant a profit Pardeur des factions, Tristan saura bientôt ranimer dans nos villes Les feux a peine éteints des discordes civiles ; Des Gantois je connais la terrible fureur : Tout m'inspire PeîFroi !.... Je songe avec horreur, Que bientôt nous verrons notre triste patrie Au joug de Te'tranger pour jamais asservie.

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