TRISTAN , HUGONNET
Avant tout , en ces lieux , j'ai désiré vous voîr^ Et vos vertus , seigneur , m'en faisaient un devoir.
l8 MARIE DE BOURGOGNE.
HuGONNET^ a^^ec ironie.
Naguère vous teniez un tout autre langage ,
Et ces vertus , alors j n'avaient pas votre hommage ?
TRISTAN
J'étais trompé ; tous deux nous vivions 'a la cour ; Vous connaissez assez ce perfide séjour.
HUGONNET
Il est certaines cours dont je connais les brigues ; 11 est des favoris dont je sais les intrigues ; Mais je sais mieux encor que tous les courtisans Changent selon hs Heux, les personnes , les tems. Je suivais, au Plessis , une pénible route : D'aimer la vérité j'avais grand tort , sans doute , Et ma sincérité , déplaisant k Louis , Ce motif suffisait pour nous rendre ennemis.
TRISTAN
Ah ! que vous jugez mal , seigneur , mon caractère !
HUGONNET
Vous m'estimiez , alors , mais de peur de dépla're , Vous renfermiez, en vous , ce secret sentiment ! De ce sublime effort je. suis reconnaissant ; Oui ! pour mieux me servir vous aÔ'ectiez la haine !
TRISTAN
Dans quel aveuglement votre erreur vous entraîne I M'avez-vous vu jamais tramer contre vos jours ? Chef des lois , je pouvais invoquer leur secours.....