SCENE PREMIERE
LE PRÉSIDENT , RAVESTAIN.
LE PRÉSIDENT
Vous m'apportez un ordre au nom de la princesse? Ce mot me semble e'trange , il m'e'tonne et me blesse S^adresse-t-il a moi ? Ne se trompe-t-on pas ? On paraît ignorer que le chef des états Ne reconnaît ici les ordres de personne ; Qu'il n'en reçoit jamais , et que seul il en donne. Un lâche courtisan peut l'oublier ; mais vous?.... Pour votre noble cœur , se peut-il qu'il soit doux D'obéir, sans murmure, aux ordres de Marie ? Vous le voyez , on veut asservir la patrie ! Est-ce pour nous trahir que vous êtes armé ?
RAVESTAIN.
Dans votre esprit, seigneur, si l'on m'a diffamé,
A me justifier je ne veux point descendre :
Qu'on m'attaque au conseil j je saurai me défendre.
LE PRÉSIDENT^ auec intérêt.
Apprenez que , sans moi , vous seriez accusé : Au vœu de ce conseil je me suis opposé j
56 MARIE DE BOURGOr.KE.
Bu moins si mon estime a pour vous quelques charmes y Comte, faites cesser de trop justes alarmes; Expliquez- vous, enfin!
RAVESTAIN.
Vous parlez a mon cœur :
Je cède a Pamitié , mais non k la terreur ; De quoi m'accuse-t-on ?
LE PRÉSIDENT
Vous secondez Paudace D'un ministre pervers , qui de'ja nous menace ;
RAVESTAIN.
De Pambassadeur ?
LE PRÉSIDENT
Non; de ce fier chancelier.....
RAVESTAIN.
Vous vous laissez surprendre h ce piège grossier ? Hugonnet de trahir ne fut jamais capable ! 11 ne souillera point sa vie irréprochable.
LE PRÉSIDENT
Pour mieux nous asservir il veut que du Dauphin La princesse reçoive et le cœur et la main : Le perfide , en secret , acheté' par la France , Trafique y avec Louis , de notre indépendance.
RAVESTAIN.
Louis ?.... plus que nous deux il craint de le servir; 11 connait mieux Louis , il doit plus le haïr .'