‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 25 sur 62 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE PRÉSIDENT , RAVESTAIN.

LE PRÉSIDENT

Vous m'apportez un ordre au nom de la princesse? Ce mot me semble e'trange , il m'e'tonne et me blesse S^adresse-t-il a moi ? Ne se trompe-t-on pas ? On paraît ignorer que le chef des états Ne reconnaît ici les ordres de personne ; Qu'il n'en reçoit jamais , et que seul il en donne. Un lâche courtisan peut l'oublier ; mais vous?.... Pour votre noble cœur , se peut-il qu'il soit doux D'obéir, sans murmure, aux ordres de Marie ? Vous le voyez , on veut asservir la patrie ! Est-ce pour nous trahir que vous êtes armé ?

RAVESTAIN.

Dans votre esprit, seigneur, si l'on m'a diffamé,

A me justifier je ne veux point descendre :

Qu'on m'attaque au conseil j je saurai me défendre.

LE PRÉSIDENT^ auec intérêt.

Apprenez que , sans moi , vous seriez accusé : Au vœu de ce conseil je me suis opposé j

56 MARIE DE BOURGOr.KE.

Bu moins si mon estime a pour vous quelques charmes y Comte, faites cesser de trop justes alarmes; Expliquez- vous, enfin!

RAVESTAIN.

Vous parlez a mon cœur :

Je cède a Pamitié , mais non k la terreur ; De quoi m'accuse-t-on ?

LE PRÉSIDENT

Vous secondez Paudace D'un ministre pervers , qui de'ja nous menace ;

RAVESTAIN.

De Pambassadeur ?

LE PRÉSIDENT

Non; de ce fier chancelier.....

RAVESTAIN.

Vous vous laissez surprendre h ce piège grossier ? Hugonnet de trahir ne fut jamais capable ! 11 ne souillera point sa vie irréprochable.

LE PRÉSIDENT

Pour mieux nous asservir il veut que du Dauphin La princesse reçoive et le cœur et la main : Le perfide , en secret , acheté' par la France , Trafique y avec Louis , de notre indépendance.

RAVESTAIN.

Louis ?.... plus que nous deux il craint de le servir; 11 connait mieux Louis , il doit plus le haïr .'

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