‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 26 sur 62 · ACTE m , SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m , SCÈNE I

LE PRÉSIDENT

L'ambassadeur lui-même est chargé par son maître De venir en ces lieux féliciter le traître. De Pespoir de régner flatte-t-il son orgueil ?

RAVESTAIN.

A son âge plutôt y Phomme pense au cercueil. L^intérêt de Marie est le seul qui le presse ; En elle il voit sa fille , et non pas sa princesse , Et s'il conserve encor un pénible pouvoir , C'est que d'un père il veut accomplir le devoir.

LE PRÉSIDENT

Ce devoir est-il donc plus cher que la patrie ?

RAVESTAIN.

Je soupçonne l'auteur de tant de perfidie : Lui-même , sous ses pas, il allume un volcan ! ....

LE PRÉSIDENT

Qui donc soupçonnez-vous ? nommez le moi ?

RAVESTAIN.

Tristan !

LE PRÉSIDENT

Je l'ai cru ; mais Tristan m^'a donné Passurance Que le Belge n'a point a redouter la France.

RAVESTAIN.

Eh ! quelle foi , seigneur , méritent ses discours ? Des envoyés des rois on connaît les détours.

LE PRESIDENT

On ourdit contre nous une trame coupable; Tristan m^en a promis la preuve irre'cusable.... Et Marie aux e'tals n'obéit qu'a regret.

RAVESTAÏN.

Un membre des états n'est-il plus un sujet ? Elle est votre princesse et votre souveraine; Ce titre ne doit point exciter votre haine : Et puisqu'elle a le droit ici de le porter , Notre devoir, a nous, est de le respecter. Est-elle née , enfin , pour régner en tutelle ? En voulant être libre , elle serait rebelle ? De quel droit osent-ils, ces tribuns factieux...,

LE PRÉSIDENT, V interrompant.

De quel droit osent-ils , ces rois audacieux Mettre a la liberté de honteuses entraves ? Sommes-nous donc pour eux un vil troupeau d'esclaves? Ces monarques si grands, que seraient-ils sans nous? Craignons notre faiblesse et non pas leur courroux : Sur notre abaissement repose leur puissance j Abjurons pour jamais l'erreur de notre enfance. Soyons libres enfin, et que Thumanité Reprenne ainsi ses droits, son rang, sa dignité !.,.. Abattre les tyrans , c'est se couvrir de gloire , Qui sait leur résister est siir de la victoire ; Privons les , un seul jour, de l'appui de nos bras, Et nous verrons tomber leur couronne en éclats !

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