‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 4 sur 62 · ACTE I , SCÈNE i · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE i

Choisi par les Flamands , pour combattre la France , On lui promit ma main pour prix de sa vaillance : 11 part j vole k la gloire , et meurt dans les combats. Sans espoir , sans douleur , je dus voir ce trépas. Le frère d'Edouard , Pinfortuné Clarence, Si digne d'être aimé, brigua mon alliance; Mais soudain de Louis, les criminels détours, Par le sénat de Londres ont fait trancher ses jours. Aujourd'hui l'on me fuit j Pon craint la destinée D'une jeune princesse au malheur condamnée ; De Clarence et d'Adolphe on redoute le sort , Aspirant a me plaire ils ont trouvé la mort.

LA DOUAIRIÈRE

Contre vos oppresseurs , de votre indépendance Un époux peut-il seul embrasser la défense ? Pour soutenir vos droits vous avez des amis

MARIE

Des amis !.... Us ont craint et le peuple et Louis ; Leur ame , en ma faveur , fut un moment flottante ; L'amitié qui balance est bientôt inconstante , Bientôt ils m'ont livrée k mes persécuteurs f Un seul est demeuré fidèle a mes malheurs : C'est le sage Hugonnet ; ce vieillard vénérable Dans. son attachement se montre inébranlable ; Je sais qu'a me trahir on voudrait l'engager , Mais sa fidélité croît avec le danger : Depuis ma tendre enfance , il me tient lieu de père ;

o MAhlK DE liOURGOGNE.

Hélas ! de ses vertus quel sera le salaire ?

La haine des partis, Pexil, des fers la mort !..».

LA DOUAIRIÈRE

Quelle vaine terreur !

MARIE

Je tremble pour son sort.

Ne vous souvient-il plus que du tems de mon père , Les Gantois indompte's, sans craindre sa colère, Et de sanglans combats affrontant le hazard, De la rébellion levèrent Pétendard?

Que vaincus, vainement ils obtenaient leur grâce, Que plus on pardonnait, plus ils montraient d'audace, Et que de Charle, enfin , fatiguant la bonté. Ils sentirent le poids de sa sévérité ? Oubliant les bienfaits d'une sage indulgence Ils. disent, que de Charle excitant la vengeance, Hugonnet conseilla d'anéantir leurs droits, Et de les asservir a d'odieuses lois.

Sa tête, dès ce jour, en secret fut proscrite : Dans les yeux des Gantois je vois sa mort écrite j Leur aveugle fureur n'attend plus qu'un signal. Reculez, juste ciel, un moment si fatal I Chaque fois qu'Hugonnet se présente k ma vue^ Je sens naître l'effroi dans mon ame éperdue. Il s'élève , en mon cœur, un noir pressentiment, Tout mon être est frappé d'un froid saisissement.... Je ne vois que poignards qui menacent sa vie ; De présages affreux mon âme est assaillie !.... Le sommeil bienfaisant ne ferme plus mes yeux ,

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