‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 41 sur 62 · LA DOUAIRIÈRE, RAVESTAÏN , HUGONNET · texte numérisé non relu

LA DOUAIRIÈRE, RAVESTAÏN , HUGONNET

LA DOUAIRIÈRE

Quoi, déjà de retour , seigneur , sans la princesse ?

RAVESTAÏN virement.

Non î vous n'avez pas eu la coupable faiblesse De l^abandonner seule , en ce moment fatal , A l'animosite' d'un affreux tribunal ?

LA DOUAIRIÈRE

Ne Tavez-vous pas dit ? Vous êtes sa famille ?....

HUGONNET

Un père a-t-il jamais abandonné sa fille ?.... En entrant au conseil , des murmures confus Ont rendu 5 quelques tems, nos efiorts superflus; Mais bientôt la princesse , obtenant le silence, Avec noblesse et calme au milieu d'eux s'avance : « Vous qui m'avez , dit-elle , appele'e en ces lieux , » Vous , nobles défenseurs des droits de vos ayeux , » Voulez-vous usurper les droits de la couronne ? » Pourquoi vous assembler sans que je vous l'ordonne ?.. » — 11 est tems , dit La Marck , de vous désabuser ; » Vous venez vous défendre , et non point accuser !... » Madame, ignorez-vous qu'au nom du peiiple même » Nous sommes assemblés ?.... L'éclat du diadème , » Qui vous aveugle encor, comme tant d'autres rois^ )) N'autorise jamais a mépriser les loi^ !

6o MARIE DE BOURGOGNE.

)) Vous voulez , en secret, au conseil vous soustraire ?

» De Pappui de Louis , Arras fut le salaire !

» Qu'avez-vous a re'pondre ?... > A ces mots insultans ,

J'ai su 5 non sans effort , commander a mes sens j

J^ai voulu 5 contre tous , défendre la princesse ?

« Avez-vous oublié son auguste promesse ?

)) Dis je. » Le président m 'interrompant aussi:

{( — Arrêtez , me dit-il ; qui vous appelle ici ? »

» — Vos intérêts, mes droits , et votre souveraine î... )

Bientôt ces furieux , dans leur aveugle haine ,

JN^e pouvant la combattre ont étouffé ma voix.

Et j^ai dû leur céder pour la première fois !

Contre tant d'ennemis que pouvais-je entreprendre ?

Alors de ce conseil qui craignait de m^enlendre ,

Indigné , je sortis ; et j'attends près de vous ^

Contre Marie et moi, l'effet de leur courroux.

Mais voici la princesse !

RAVESTAIN.

Elle pleure!...

Page 1