ACTE V , SCÈNE III
Du suprême pouvoir supportez donc le poids , S'y soustraire , du ciel c'est me'priser les lois : Piiisqu'a re'gner enfin il vous a condamue'e, Subissez ses décrets et votre destine'e.
MARIE
Que le ciel fit aux rois un funeste pre'sent ! Pourquoi m'imposa-t-il un fardeau si pesant ?
(a^ec égarement.) S'il m'eut abandonné le choix de ma carrière, Libre, heureuse, inconnue, en une humble chaumière, Entre ma mère et vous j'eusse passé mes jours j De ma félicité rien n^eut troublé le cours !.... Des peuples ignorant l'inimitié jalouse , D'un mortel vertueux peut-être heureuse épouse.... D^ennemis acharnés , sans craindre les poignards.... Et partageant ma vie entre vous et les arts , Que cet heureux destin eut excité d'envie !
Çà la Douairière.)
Conçois- tu le bonheur de ta fille chérie , Tendre mère ?.... avec moi partage ce transport.... Ciel ! le bruit de ses fers me rappelle mon sort !
( elle est accablée. )
HUGONNET, à part.
Ah ! par un prompt départ épargnons sa faiblesse !
LA DOUAIRIÈRE, à Hugonnet.
Dans ces derniers momens souffrez que ma tendresse....
HUGONNET , montrant Marie,
C'est elle qu'il faut plaindre et qu'il faut secourir ; Moi , je n'ai pas besoin qu'on m'apprenne a mourir ; Au devant du tre'pas sans regret je m'avance, El dans le sein d'un Dieu, sans crainte, je m'e'îance !....
[à lui-même.) Profitons de son trouble et fuyons de ces lieux.
(^aux gardes.) Je suis prêt. (^ àla Douairière. ) Recevez mes e'ternels adieux I
LA DOUAIRIÈRE
Quel moment ! Ravestain tiendra-t-il sa parole ?
O ciel î ne rendez pas sa promesse frivole !
On vient !... le président !... c'en est fait pour jamais !....