‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 52 sur 62 · ACTE V , SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE III

Du suprême pouvoir supportez donc le poids , S'y soustraire , du ciel c'est me'priser les lois : Piiisqu'a re'gner enfin il vous a condamue'e, Subissez ses décrets et votre destine'e.

MARIE

Que le ciel fit aux rois un funeste pre'sent ! Pourquoi m'imposa-t-il un fardeau si pesant ?

(a^ec égarement.) S'il m'eut abandonné le choix de ma carrière, Libre, heureuse, inconnue, en une humble chaumière, Entre ma mère et vous j'eusse passé mes jours j De ma félicité rien n^eut troublé le cours !.... Des peuples ignorant l'inimitié jalouse , D'un mortel vertueux peut-être heureuse épouse.... D^ennemis acharnés , sans craindre les poignards.... Et partageant ma vie entre vous et les arts , Que cet heureux destin eut excité d'envie !

Çà la Douairière.)

Conçois- tu le bonheur de ta fille chérie , Tendre mère ?.... avec moi partage ce transport.... Ciel ! le bruit de ses fers me rappelle mon sort !

( elle est accablée. )

HUGONNET, à part.

Ah ! par un prompt départ épargnons sa faiblesse !

LA DOUAIRIÈRE, à Hugonnet.

Dans ces derniers momens souffrez que ma tendresse....

HUGONNET , montrant Marie,

C'est elle qu'il faut plaindre et qu'il faut secourir ; Moi , je n'ai pas besoin qu'on m'apprenne a mourir ; Au devant du tre'pas sans regret je m'avance, El dans le sein d'un Dieu, sans crainte, je m'e'îance !....

[à lui-même.) Profitons de son trouble et fuyons de ces lieux.

(^aux gardes.) Je suis prêt. (^ àla Douairière. ) Recevez mes e'ternels adieux I

LA DOUAIRIÈRE

Quel moment ! Ravestain tiendra-t-il sa parole ?

O ciel î ne rendez pas sa promesse frivole !

On vient !... le président !... c'en est fait pour jamais !....

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