‹ Marie-honnêteChapitre 15 sur 30 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes , CH ARLO r .

MARIE

Ah ! grand Dieu ! cesl Cliarlol 1 l'étoffé.

Approchez . grand garçon.

M""^ FOLIGNV.

Quelle tête à Calot!

MARIE, à part.

Dis>inuilons.

• CHARLOT, avec trouble.

Madame...

M"" FOLIGNV.

Il a l'air d'une asperge.

.MARIE, saluai.l

Monsieur !

L'ÉTOFFÉ

Qu'avez-vous donc ?

CHARLOT , a part.

Ah! peut-être me perds-je!

L'ÉTOFFÉ

Si l'on veut l'écouter un seul petit moment. Ce joli garçon va vous conter son roman.

.MARIE, niodcsteiiienl.

Ce roman se peut-il conter devant des femmes?

MARIE-HONINÊTE. 15

M'"" KOLI(î>V.

:Moi j'aime les roiuans quand ils sont bien iulàmes.

CHARLOT

Le mien est très moral,

M""" FOLIGNY.

Il doit être ennuyeux, S'il était indécent, je l'aimerais bien mieux!

CHARLOT

Il était une fois, dans cette capitale.

Des voleurs qui volaient d'une façon brutale.

Je sortais du concert Musard, quand devant moi ,

Je vois un gros nionsieur qui me glace d'elTroi...

Je lève mon bâton , à frapper il s'apprête ;

Je recule, il recule , je m'arrête, il s'arrête.

Nous avions l'air tous deux de ces deux généraux .

Que l'on voit se poursuivre et se tourner le dos.

D'Alaix et de Gomès nous imitions l'allure.

Enfin je me rassure , alors il se rassure.

Tous les deux à la fois, nous crions au voleur!

A ce cri belliqueux, tous les deux moris de peur .

>"ous tombons ; il me dit : Monsieur, voilà ma bourse !

J'allais donner ma montre et puis prendre ma course ,

Lorsque nous expliquant, pour nous apprécier.

Il m'apprit à la fin qu'il était épicier.

Ce mot me rassura ! — Calme ta peur fatale ,

Dis-j', je suis caporal dans la gard' nationale !

>'os dangers respectifs devenant moins réels.

Nous tombâmes soudain dans nos bras mutuels!

Et depuis ce temps-là comm' la Suisse et la France,

Nous vécûmes tous deux en bonne intelligence.

M"" FOLtGNY.

C'est joli.

i.'ktokfé.

Je lui dois la vie.

MÈLETOtï. à part.

Et moi, pour cause, Je pense (piil pourra lui devoir aulre chose.

l/KTOFFIi: , a Marie.

S'il eût élé voleur, tu perdais ton mari.

Je Neux d'après cela (lu'il soit de toi chéri .

Qu'il soit dans ma maison , tout connue dans la sienne,

Que libre auprès de loi, sans cesse il aille et vienne.

MÉII.ETOIT.

C'e:*t un peu siiimilier!

i.'ktoffé.

Vous en êtes jaloux?

El je >ais bien pourquoi! J'ai mes soupçons sur >ous, Eaneur!.. Je m'en \ais faire un voyage à Ponloise, Et je \oux qu'il surveille el v(»us et la ixtiirgeoise.

Miii.r.roi T.

Me surveiller 1

Kl MUSÉE DRAMATIQUE.

l'étoffé.

-Mais oui; je veux ce soir, qu'au bal Il aille avec ma fenuiie et vous.

MÉLETOIT.

C'est idéal.

CHARLOT , timidement.

Je oe sais pas danser : au bal qu'irai-je faire?

Oh ! vous irez, monsieur. Priez-ie donc, ma chère !

MARIE , embarrassée.

Ce n'est pas à la femme , à prier les messieurs ! Pardon ! pour un moment , il faut que j'aille ailleurs. . Madame Foligny. tenez-leur compagnie. (Eiie son.

M""^ FOLIGNY.

Uu tout , il m'ennuîrait par sa monotonie. Je vais finir de lire un roman de Balzac , Puis au Jardin-des-Plant's m'amuser à voir Jack. L'Orang-Outang! (EUcson

l'étoffé.

Vraiment elle a le ton des halles !

Je vais pour mon départ faire arranger mes malles, (n sun

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