‹ Marie-honnêteChapitre 18 sur 30 · MARIE, CHARLOT · texte numérisé non relu

MARIE, CHARLOT

CHARLOT

La voilà. .le n'ai pas la force de rester!

MARIE

Seul , ici ! près de lui je ne puis marrêter.

(ils s'en vont l'an et l'antre et restent rharnn ii titic porte.) CHARLOT.

Mais pourtant, m'en aller, cela serait bien bète.

MARIE

Au fait, ces! mon mari qui veut ce tête-à-tête.

CHARI.OT.

Oli ! restez s'il vous plaît!

MARIE

Pourquoi faire, vraiment?

CHARLOT

Je veux vous distiller un peu de sentiment.

MARIK

. Pas de ça. car je suis une femme fidèle.

CUVRLOT.

De (pioi donc vous parler"?

MARIE, rherchant:

De savon, de canelle...

De votre état eiilin.

CHARLOT

Quand nous nous rapprochons.

Est-ce donc pour penser, madame... (Avec dédain.) aux cornichons !

MARIE

Quel hors-d'ceiivre ! — Au comptoir ou vous attend . je pense.

CHARLOT

D'un garçon épicier je n'ai que l'apparence. .Sous ce vieux pa:ilalon je caciie un jeune amant , L'engelure à mes mains prouve le senli.-neiU. Dans les qiialro-meiidians je demande l'aumône. L'aumône d'un seul mot : il faul (pion me la donne. Ah! dites-moi je t'auie!

Ah! non!., je ne peux pas.

CHARLOT

Si.

\()ii.

.Si (ail.

MARIE

flIARI.OT.

MAHIi:.

.Non pa>.

CIIAKLOT.

Diles-lc Midi loitl l)a.>

MARJK.

.\i tout bas. ni toul haut!

CHARLOT

Il faut me le ptonieide.

MARIE

Une femme ne peut ainsi se compromettre.

CHARLOT

Tout cela c'est des motsi avant que d'être nés. Nos parens nous avaient à l'hymen destinés, Tout petits, tout petits, nous avions même llaiumc. J'étais petit mari! vous ma petite femme! Vous avez oublié ce temps si doux! fort bien! Alors , je vous méprise !

MARIE, tmue.

Oh! non, il n'en est rien.

CHARLOT

Si fait!

MARIE, désolée.

Comment, de lui je, serais méprisée!

CHARLOT

Oui, oui.

MARIE, égarée.

Non, non, j'étais par moi-même abusée.

CH.ARLOT, avec ameitnme.

Vous ne m'aimâtes donc jamais!

MARIE

C'est délirant !

CHARLOT, du même.

.41» ! vous me déchirez le cœur.

MARIE

(rest déchirant !

CHARLOT, de même.

On pourra vous fair' voir comme la femme sauvage. Pour deux sous.

MARIE

Le cruel!

CHARLOT

Oui, femme antropopliage.

MARIE, sérriant

-Vh! je n'y puis tenir! apprends donc mes secrets! Eh bien ! oui , je l'aimais et je te le taisais! Dans les premiers momens d'un fatal mariage, En pensant à papa, je prenais du courage, aiais quand je repensais à .ses premiers projets. A loi je revenais et je te revoyais!

En vain je me parais de rubans, de dentelle. Pour toi seul, je voulais essayer d'être belle; Mais alors je souffrais, pâlissais, rougissais, El puis je me pâmais, et mourir me sentais!

CHARLOT

A la bonne heure ! eh bien! môme sort ixuis ras.semblc!

Nous étions séparés et uous vivions ensemble.

Car, moi, de loin, de près, souffrais quand tu souffrais,

Riais quand tu riais, pleurais quand tu pleurais.

MARIE

C'est assez , quittons-nous : car la femme en ces crises. Quand elle en dit, est prête à faire des sottises.

CUARLOT, avec aiuour.

Ah! faisoDS-enI

MARIE, sévèremeut.

Chariot, taisez-vous!

CHARLOT, fie même

Non , tu peux Faire mon bonheur!

MARIE, sexaltant

Heureux!., il serait heureux.

CHARLOT

Deux cent mille fois plus que je ne peux le dire.

MARIE

Qui donc me défendra de mon propre délire!

CHARLOT

J'ourquoi celle pensée, ah! ne to défends pas.

MARIE

Qui , moi . je tomberais !

CilARLOT.

Oui , tombe dans idos bras.

MARIE

IVon, non; à mon secours, dans ce moment criliquc . J'appelle la vertu!

CHARLOT

Voilà ta domestique.

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