‹ Marie-honnêteChapitre 21 sur 30 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes , M - FOLIGNY, MÉLETOLT.

MÊLETOUT, entrant.

Que diable, l'amoureux va-t-il donc faire là?

M""= FOLIGXV, entrant

Kli bien ! donc, pour le bal es-tu prête, cousine?

M.VRIE, sicliement.

Je n'y vais pas.

M""- FOLir.NV.

Vraiment ! tu restes? (a pan.) Je devine. C'est quelqu'amour caché qui la retient ici.

MARIE

Pour Pontoise, je pars, avec mon cher mari.

L'ÉTOFFÉ

\h 1 cela vous surprend! (aux valets Qu'on prenne chaque malle. Et (iii'oii l'attache bien dessus l'impériale.

MÊLETOl T.

Qu'empi)r(ez-vous donc là ?

l'étoffé.

Des cadeaux éiégans, Que j'avais destinés pour mes correspondans; Alais pour remercier ma femme si lidèle. Du plaisir (|ue J'éprouve à voyager près délie. Je ne donnerai rien . je lui carderai tout , Ce que j"em|)()i(e là. sera for! de son goût. Quand ikmis arri\er(>tis. \or> la lin dp déremlire.

.le ferai déposer tout cela dans ta chambre ;

Et si tu crois trouver quelque colifichet,

Tu seras bien surprise, en voyant ce que c'est.

LA SERVANTE , entrant.

Monsieur, votre voiture est là , sous la fenêlre , L'escalier est étroit, et les raalles peut-être \"y pourraient point passer.

l'étoffé.

Oui, le fait est réel.

Comme on n'a . là-dedans, rien mis de casuel . On peut du haut en bas jeter tout ce bagage.

CHARLOT, passant sa tête.

Grand Dieu ! l'appartement est au troisième étage.

LÉTOFFÉ.

Jetez, jetez cela promptement dans la cour. C'est, vous le voyez bien, le chemin le plus courl.

MÈLETOt T, à part

11 faut la prévenir; si l'on ne les arrête, .\ ce pauvre garçon , ils vont casser la tête.

(Les domestiques coniniencent à jeter les paquets par la croisée. CHARLOT, à part.

Par la fenêtre, hélas! faut-il faire le saul!

MÈLETOIT, i Marie

Ma chère , empêchez donc qu'on ne casse Cliarlol.

M.VlllE.

Comment?

MÈLETOLT.

Pour l'autre monde, à l'instant on l'endjalle! Il sesl fourré le sol...

MARIE

OÙ donc ?

MÈLETOIT.

Dans celte malle.

An m' uirni où les doniestiqiii'S »onl lenipiirler, Jlarie s assicil ijfs^y» .MARIE.

Ail ! mon Dieu !

l'étoffé.

yuas-tu donc?

MARIE

le vais mo (rouver mal.

.MÈLETOIT. a pari.

C"e.«l fort bien !

'.L'Etoffe court i sa femme, et s'assicil .sur la uialle auprès dcUc.' MARIE.

Mon ami. si ça vous est égal, Laissez là cette malle : elle contient des choses Que vous vouliez m'ofTrir ; je n'en veux point pour causes.

'Elle se lève et éloii;n8 son mari.) f;ilARL0T, sorlan! sa lélc de la malle.

C(»mmeiil, .sortir d'ici, pour sortir d'embarras?

l'étoffé.

C'est ollert tie bou cœur pourtant.

MARIE

Je n'en \ eux pas.

Je prétends, à mon rôle en me montrant fidèle, Que l'on dise de moi , c'est la fenune modèle.

L ÉTOFFÉ , montrant la malle aux domestiques.

Qu'on l'enferme au grenier, sous quatre cadenas. (a Maiie ) Je te la donnerai lorsque tu reviendras.

CHARLOT, sortant sa tête de la malle.

Peste! je serais mort ! et la charge est trop forte. (Bas à Marie. Vous auricz bien mieux fait de me mettre à la porte.

MARIE , bas à Chariot

Taisez-vous, grand dadais, car c'est votre devoir

D'étOUCfer là, plutôt que de vous faire voir. (EUe referme la mallc.

(Tendrement; J'étals prête à céder : oui , j'avais un caprice ; (Sèchement.; Mais, je pars ! et voilà rnon second sacrifice.

(L'orchestre joue : bon voyage cher dumollet.^ FIN DU DEUXIÈME ACTE

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