BERTRAND, MARIE
BERTRAND
A présent, à nous deux, madame , comme il faut. MARIE, assise à droite cl regardant dans Vautre chambre.
Oh ! je l'en supplie, Bertrand , pas de cris , pas de violence...
BERTRAND
C'est ça. faudra peut-être que je vous remercie de vos jérémiades devant mes amis!... que je me laisse accuser devant les autres... n'est-ce pas? MARIE, avec douceur.
J'ai peut-être eu tort de me plaindre devant M. Rémy... oui, c'est ma faute!... depuis le temps . je de-
vrais êlre accoutumée à tout ça... à vos colères, à vos absences ; car enfin, voilà trois grands jours que tous êtes dehors sans qu'on sache ce que vous êtes devenu.
BERTRAND
Eh ben 1...
MARIE, se levant.
Eh bien! pendant ce temps-là, les huissiers sont venus au nom du propriétaire, ils ont tout saisi, et demain, il faudra sortir d'ici.
BERTRAND
On en sortira; après?...
MARIE
Mais où irons- nous T.. .
BERTRAND, allant s'asseoir à gauche prè$ de la table. Oh ! quelle galère, mon Dieu!
Mais, si tu voulais...
BERTRAND, avcc force^ en frappant sur la table. Assez, en v'ià assez... ma soupe.
MARIE
Ta soupe?
BERTRAND
Eh bien ! oui, ma soupe. Est-ce qu'on ne mange îplus ici ?
MARIE
C'est que...
BERTRAND
C'est que quoi?
MARIE
Tu .sais bien que l'as emporté tout ce qu'y avait d'argent.
BERTRAND
De l'argent, toujours de l'argent... Est-ce quej'peux en faire, moi. de l'argent? est-ce que j'en fabrique?...
MARIE
Si lu travaillais...