ACTE 11, T. l, SCENE V. m
BERTRAND
Ah! oui, si je travaillais... encore la même rangaine... Avec ça que c'est amusant de s'éreinler du matin au soir... D'ailleurs, j'ai eu des mois avec le bourgeois, et j'ai pas trouvé d'ouvrage ailleurs... je me luis mis en grève.
MARIE
Tu n'as peut-être pas assez cherché.
BERTRAND
Allons, bon ! v'ià que c'est de ma faute à présent!... Ah ! mariez-vous , mariez-vous donc' pour être scié comme ça! Imbécile, va ! j'étais si heureux avant... MARIE, avec résignation.
Oh ! mon Dieu ! si c'est nioi qui suis la cause de votre malheur, il faut me quitter, Bertrand.
BERTRAND, avCC (loUCeUt.
Vous quitter ?
MARIE
Puisque vous ne m'aimez ()!us... puisque c'est uo supplice pour vous de rentrer à la maison, d'entendre mes plaintes et de me voir [)leiirer... bA\ bien ! renvoyez-moi.
BERTRAND
Te renvoyer I
MARIE
Comme ça, du moins, n'y aura qu'un de nous malheureux. . et il faut mieux que ce soii moi... qui €d ai l'habitude...
BERTRAND, étîlU.
Voyons... Marie...
MVRIE.
Seulement... il faudra lue lais.ser noi* pauvre petit enfant... ce n'est pas pour vous l'ôier que je dis ça... mais il est faible... vois-tu... et s'd manque de soins... il mourra !...
40 llARIE-JEANiNE.
BERTRANB, à part.
Mourir !... lui !...
MARIE
El tu ne veux pas qu'il meiirte, n'est-ce pas ?...
BERTRAND, cssuyaîit SCS ycux.
Oh! lais-loi, ia;s loi , Marie; rien que ce mol-là , ça i»e bouleverse, ça ine déchire le cœur... Et... et je le sens, j'ai eu lort de le parler comme je l'ai fait... MARIE, avec bonté.
Oh ! je n'y pense déjà plus.
BERTRAND, à lui-même.
Pauvre femme... tant de douceur, de bonlé... (4 l^Jarie.) Tiens, je vois à présent comme j'ai été coupaltle envers loi...
MARIE
Bertrand !
BERTRAND
Oui, bien coupable, et lu dois me délester, me maudire !
MARIE, souriant.
Par exemple !
BERTRAND, 56 levant.
Oh! c'est égal... tu ne peux plus m'airaer comme autrefois, je t'ai donné tant de chagrins !... MARIE, elle lui prend la main.
Mais tu m'as aussi donné... notre enfant.
Tiens , ne me parle pas de lui ; ça m'a fait honte quand je songe qu'y a des momens où je peux l'oublier... c'est bien affreux... Mais c'est aussi la faute de ce brigand de Rémy.
MARIE
Oui, c'est sa faule... Car, toi, tu es faible, tu le laisse entraîner. v'Ià tout... et si au lieu de ses mauvais conseils, il t'en avait donné de bons, tu les aurait suivis de même.