‹ Marie-JeanneChapitre 41 sur 85 · ACTE II, T. Il, SCENE IV. m · texte numérisé non relu

ACTE II, T. Il, SCENE IV. m

enfant pour le reco7inaîtrc.) Ainsi, quand nous serons morts tous les deux , moi par le désespoir et le remords... toi par l'isolement , par l'abandon , car je te connais, si je ne te rends pas bientôt notre enfant, tu ne vivras pas, pauv' Marie-Jeanne... et après nous personne ne pourra lui dire : Voilà où repose votre mère , c'était une brave et digne femme qui vous aimait bien; personne ne pourra lui montrer la croix de bois devanllaquelle il devra prier à genoux... non, Marie, non, c'est impossible ; maudis-moi, quitte-moi, mais laissemoi du moins l'espoir de te retrouver lorsqu'à force de privations et de travail je pourrai te rendre ton lils.

MARIE

Eh bien !... eh bien ! oui, je vous le dirai.

BERTRAND

Ah ! enfin...

UARIE.

Mais, souvenez- vous que je ne vous reverrai qu'avec lui.

BERTRAND

Avec lui, c'est convenu.

MARIE , pleurant.

J'ai mis sur lui un papier où j'ai écrit son nom , Charles Bertrand.

BETRRAND.

Après ?

MARIE

J'ai placé près de lui mon anneau de mariage, et la branche de buis béni qui était au-dessus de son berceau.

BERTRAND

C'est tout?

MARIB.

Oui , tout... et à présent, adieu...

Elle 8'éloign« par la gauche.

BERTRAND

Adieu, Marie-Jeanne; je te le rapporterai, ou je mourrai à la peine...

Il s'éloigne par le fond, à droite.

APPiANi, au milieu du thcâlre, et lisant ce qu'il a écrit.

Charles Bertrand... un anneau de mariage... une branche de buis béni...

II va à la petite porte de l'hospice, en agile la sonnette ; la

porte s'ouvre, il entre; l'intérieur est éclairé et laisse voir

un tableau de sainteté. Le rideau baisse.

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