‹ Marie-JeanneChapitre 67 sur 85 · ACTE IV. SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCENE IV

chei cette pauvre feiiime, qui. ayant perdu son enfant, croit le retrouver partout... Et, comme le dernier qu'elle a vu est le fils de M"^ de Bussières, l'infortunée accuse cette noble et généreuse dame , sa bienfaitrice, du vol le plus odieux...

LE DOCTEUR

Et M"^® de Bussières vous est personDellement connue?...

APPIANI

Je suis son médecin depuis un an , et il y a trois mois que je soigne son enfant !... une frêle et chétive nature, pour laquelle je réclamerai bientôt l'aide de votre profond savoir.

LE DOCTEUR

Je serai toujours à vos ordres.

Ils se lèvent.

APPIANI

Fort bien. Voulez-vous maintenant que nous examinions ensemble notre pauvre folle ?

LE DOCTEUR

J'y consens .. {Il sonne. A l'infinnicr qui parait.) Amenez la femme du numérohuit. .. (L7/j^rmjer sor/.) Ce que vous venez de ra'apprendre des anlécédens de Marie-Jeanne, lève dans mon esprit bien des doutes el détruit bien des hésitations...

AtPiANi, à part.

J'y comptais.

LE DOCTEUR

La voilà ; tenez-vous d'abord un peu à l'écart. SCENE IV.

LES MÊMES, MARIE-JEANNE, accompagnée de l'Infirmier, qui sort sur un signe du Docteur.

UARIE.

Ah! monsieur, prenoz pitié de moi... je vous en conjure !... Vous voyez, je ne me révolte plus, je suis

88 MARIE-JKANNE.

résignée, je suis soumise... mais, défendez- leur de m'aitacher, défendez-leur de me mettre sur la lêle celle glace qui me rendra folle.., et il faut bien que je garde ma raison, pour reprendre mon enfant ! APPiANi, s'approcliant. Bas.

Docteur, reiuarqutz... toujours la même pensée... {Haut.) Votre enfant qu'on vous a volé , n'est-ce pas, Marie-Jeanne ?

MARIE, le reconnaissant.

Ah!... encore cet homme?.., c'est lui qui veut me perdre, lui qui a dit que j'étais folle. .. lui qui a dit que je mentais, que je me trompais, comme si le cœur d'une mère pouvait se tromper !

LE DOCTEUR

Voyons, rassurez-vous ; ce n'est pas monsieur, c'est moi, moi seul qui commande ici.

MARIE

Alors, si vous ne voulez pas être complice de ce crime-là... laissez-moi sortir.

LE nOCTEUR.

Maintenant c'est impossible... soyez raisonnable, soyez calme, et... nous verrons.

MARIE

Que je suis calme ! est-ce que je le peux?... Mais vous me croyez donc folle aussi, vous?.. .Os médecins, ils disent qu ils vous sauvent... Mais vous me tuez, moi, monsieur, vous me tuez !...

APPIANI, à part.

Bien ! bien !... {Au Docteur.) Vous voyez... MARIE, montrant Appiani.

Oh ! ne croyez pas cet homme, ne le croyez pas... Tenez, tenez, M. le docteur, pour vous convaincre, je ferai effort sur moi-même... Je me contiendrai , j onblierai les horribles supplices qu'on m'a fait souffrir... J'oublierai tout ce que je souffre là.,. J'oublierai tout «ntin, pour vous répondre avec calme, pour que vous

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