SCENE VI
M.\RIE-JEAÎSNE, BERTRAND.
DEftTRAND , la regardant avec douleur.
Ma pauv' femme, ma pauv' Marie-Jeanne, le r'trouver dans cet état !
MARIE
Ob! ne m'plaiûs pas» répoûds-moi.
BERTRAND
Comment?
MARIE
Par grâce, par pitié, réponds-moi. Où l'ai-jevu pour la dernière fois?
BERTRAND
Là-bas... devant l'iiospice...
MARIE
Que t'ai-je dit, alors ?
BERTRAND
Que lu me pardonnerais le jour où j'te rendrais notre enfant...
MARIE
Eh ben ?
BERTRAND
Eh ben, j'ai revu Réuiy, et je l'ai chassé , comme tu m'avais chassé, nioi-mônije , et je suis allé au chantier. Là, on m'a d'abord repoussé, mais ça, j'm'y attendais, j'suis resté tout d'même... On m'a dit qu'y n'y avait plus d'argent à gagner pour moi chez l'bouigeois; n'importe, je suis resté ; car ce n'était pas de l'argent qu'il me fallait d'abord, mais de l'ouvrage, rien que de l'ouvrage; pour m'y faire de nouveau , pour rompre mes bras à la fatigue , et mon corps aux privations, pour m'habituer à me passer de repos et de sommeil, à travailler enfin trois fois plus qu'un autre; et , malgré le contre -maître, malgré le bourgeois lui-même, je me suis mis à l'ouvrage, je suis resté !...
MARIE
C'est bien, ça!... Mais après?
BERTRAND
Le lendemain , j'étais au chantier au point du jour, et j'y étais encore à l'entrée de la nuit... et je me disais : Va, malheureux, va, c'est pour rendre à la pauvre Marie-Jeanne l'enfant que lu lui as arraché. Et je travaillais, je travaillais toujours... V'ià qu'en relevant