ACTE V, SCENE IV. f
GUILLAUME
Pardon, monsieur, mais j'ai encore quelque chose à vous dire.
AppiANi , revenant.
Qu'est-ce donc?
GUILLAUME
Tout-à-rheiire,en revenant de la poste , je me suis aperçu qu'une femme me suivait de loin...
APPIANI
Une femme !
GUILLAUME
J'ai fait exprès plusieurs détours ; je me croyais enfin délivré de sa poursuite, lorsqu'en rentrant ici , je l'ai encore apperçue au bout de la grande allée , et cette fois, j'ai pu distinguer ses traits et la reconnaître. Cette femme, c était la folle !
APPIANI
GUILLAUME
Oui, monsieur, c'était elle!
APPIANI, passant à gauche.
Libre !... libre déjà, et déjà maîlresse de mon secret ! mais qui donc a guidé ses pas ?.... Comment a-telle pu découvrir cette retraite?... Était-elle seule, au moins?
GUILLAUME
Oui, monsieur, seule...
APPIANI, à part.
Oh ! n'importe, si ce médecin a alleslé qu'elle n'est pas, qu'elle n'a jamais été folle ! Comment pourrais-je étouffer sa voix ! faire taire ses accusations ?... Si elle arrive jusqu'à Sophie, si elle parvient à ébranler son esprit, à y semer le doute et le soupçon !... tout sera bientôt perdu pour moi.
GUILLAUME, à part.
Comme il est agité !
APPIANI
Écoute, je puis compter sur loi, n'est-ce pas t
GDILLAUME.
Monsieur sait que je lui suis tout dévoué.
APPIANI
Je sais... comment je te payerai si lu me sers bien , et comment je te punirai si lu me trompes.
GDILLAOME.
Alors , vous êtes deux fois sûr de moi ! Que faut-il faire !
APPIANI
11 faut veiller toi-même sur cette femme, empêcher qu'elle puisse ni pénétrer ici, ni être aperçue de la comtesse.
GUILLAUME
C'est bien, monsieur.
APPIANI
Et ce notaire qui m'attend!... va, et souviens-toi de mes ordres.
GDILLAUME.
Soyez tranquille, monsieur, nous y veillerons tous... Appiani entre chez Sophie, Guillaume emporte un flambeau et sort par le fond.