SCÈNE PREMIÈRE
PET EN L Al R , Chœur de Mitrons. "
( L’orchestre joue l’air : La Boulangère a des e'cus. )
PETRNLAIR.
Illustres Boulangers, la finir de la Villette,
Héros de nos faubourgs et guerriers en j iquette ;
Vous prêtez donc l’épaule à mes transports jaloux ,
Et, pour un coup-de-main , je puis compter sur vous.
durouleac.
D’où vient, cher Petenlair, une ah i te aussi vive?
PETENLAIR.
C’est pour une beauté qu’ici i'un tient captive!
C’est pour Marie, enfin !
DÜROOLEAU. /
Quoi! la veuve Jobard!
Qui s’en est fait conter par le tiers et le quart ,
Qu’un conseil de famille enfin vient d’interdire ?
PETENLAIR.
Ah ! laissez*moi parler , j’en ai long à vous dire !
Vous savez, comme moi, que feu Jobard premier Jadis , avec honneur, porta le tablier ,
Et gouverna long-temps , traiteur-proprietaire ,
L’hôtel du Léopard, dit l’hôtel d’Angleterre.
La Parque , qui confond sous ses aveugles doigts
Le bonnet de coton et le bandeau des rois , ,
Vint Je saisir un jour, et Uiss» ses espèces A Marie , à Reinette . . . elles étaient ses nièces ! Mais cwiàipçs ... , jamais !J ! — le comptoir aux ccu Leur parut trop et» oit pour deux... individus.
On plaida ! L’une avait grâce na'ive et franche,
IVIais sa rivale avait les juges dans sa manche!! !
Et Marie exilée . . . huuible , éplucha des pois,
Dans ces lieux où son oncle en vendait autrefois!
A Fhotcl d'Angleterre étaient festins et noces ,
Et Marie en sabots végétait dans les cosses.
• DUROULEAÜ.
Mais vous ne dites point, qu'aisée à consoler .
Marie avait souvent bien du laissezallcr ; Cependant vous savez qu’011 lui fait des reprochés , Vous savez. . .
PETENLA1R.
Oui, je sais qu’clle a fait des bamboches !
Ne doit-oti rien aussi permettre à la douleur ?
Et qui doit s’amuser, si ce u’esft le malheur ?
Ah! si ses yeux coquets , si, sq beauté falalq ,
Ont soufflé quelquefois des cœurs !f sa rivalç. N’est-elle pas, bêlas'! bien vexée aujourd’hui?
Dieu ! l’est-ellç,!'.! ! Reinette, cq invoquant l’qppui D’un conseil 3c famille et de mainte pjslctJc ,
L’a fait, dans ce séjpijrj rtifrrmcr comme folle,
Et près de ses parents prend cç, tardif, tqpyeu Pour sauver un honneur qui ne risquait plu,s *iwt>
DUROULEAU.
Quels sont donc vos desseins ? çt qu^ voqlez-vous
, PETENLAIR,.
L’enlever !... On prétend qu’un vil apothicaire La tient en ce local (Jit maison de santé ,
Lieu terrible aux vivants , cher à h faculté ?
DimOT7LEAU.
Ne nous liasardonspoint en de pareils bastringues^ Ces gens-la sont armés ?
PETEIVLAIft.
Je braye leurs seringues , Et les défie,- amis, d’éteindre mon ardeur!
Sur mes projets, pourtant, n’ayez point de frayeur, Je conspire avec art , et je puis vous promettre Que je ue pa<y}: rai que pour me compromettre.
TtttioVLtAil.
Et que prctendcï-vdus en l’enlevant ainsi?...
PETÊNLAIR. ■ ‘
La voir , l’épouser , 1.1... que te dirais-je , a rai!
CVst trop dialoguer ; il tint , en toute hâte ,
Mettre les fers aux feux et la main à la pâte.
( Ils sortent tous sur V Air : Ah ! c’ cadet là, quel pif il a ! )
' Le Théâtre change.
Fin du premier acte,
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