ACTE p;;t?.;IER
de l'avenir nous rend ingrats des biens que nous avons reçus, comme si ce que nous attendons de favorable ne devait pas être bientôt mis au rang des choses passées. Il vous est mort un fds si jeune que vous ne pouviez encore vous en rien promettre, ce n'est qu'un petit espace de temps perdu. Il y a une infinité d'exemples de pères qui ont perdu des enfants en bas ê.ge sans jeter une seule larme, et qui sont rentrés au sénat après les avoir mis au tombeau. Cela n'est pas sans raison, car, en premier lieu, il est superflu de s'attrister quand la tristesse ne sert de rien. Et puis, il n'est pas juste de se plaindre d'un malheur qui est tombé sur une personne et qui pend encore sur la tête de tous les autres. De plus, c'est une folie de se plaindre quand il y a si peu de distance entre celui qui est mort et celui qui le regrette. Prenez garde que le genre humain, qui tend à une même fin, n'est séparé que par de petits intervalles, lors même qu'ils paraissent bien grands. Celui qne vous pensez cire perdu est allé seulement devant. Puisque
nous avons un même chemin à faire, n'est-il pas indigne à un sage de pleurer celui qui est parti plus tôt que nous? Se plaindre que l'ami ou l'enfant soit mort, c'est se plaindre qu'il ait été homme. Nous sommes tous liés à un même sort. Qui est venu au monde ne peut se dispenser d'en sortir. L'espace peut être différent, mais la fin est toujours égale. Le temps qui court entre le premier jour et le dernier est incertain et variable. Si vous considérez la misère de la vie, il est long même pour un enfant, si vous regardez la durée, il est court même pour un vieillard*. »
Cela ne m'eût point consolée...
SILANUS
Consoler, madame, n'est pas anéantir la douleur, mais apprendre à la surmonter.
A ce moment, on entend s'élrvcr dos routes, des sontiers et de toute la campagne invisible que domine
i Sf'nùqni- : Ad Lncilium. Episloln, XCIX.