‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 24 sur 86 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

pleure, Longinus entreprit de me consoler. Il m'écrivit une éloquente lettre, où, s' appuyant de l'autorité de Métrodore, de Panitius et d'Hermachus, il me prouvait que la douleur est non seulement inutile mais ingrate; je sais presque par cœur, tant ils sont frappants, les principaux passages de cette lettre que j'ai retrouvée et relue ce matin... C'étaient les plus hautes paroles que la sagesse humaine puisse prononcer contre la mort et la douleur... Elles m'avaient autrefois protégé.

Quelles étaient ces paroles?,.. II est bon de ne point ignorer ce qui peut adoucir la douleur...

SILANUS

« Vous attendez, me disait-il, des consolations, vous ne recevrez que des reproches. Si vous supportez la mort d'un enfant avec

tant d'impatience, que feriez-vous si vous aviez perdu un ami?... Il faudrait vous mettre dans cette disposition d'être pîas satisfait de l'avoir eu que i'âclié de ne l'à\ ùr plus. Mais la plupart comptent pour rien les avantages et les plaisirs passés. Ils mettent Tamitié au tombeau avec leur ami... »

Je reconnais et je sahie la forte sagesse de notre vénérable maître.

SILANUS

Pourquoi ne s'en souvient-il pas quand le malheur le frappe? Mais pourquoi l'oubliai-je moi-même lorsque j'en eus besoin? « Je vous assure, ajoutait-il, qu'une bonne partie do ceux que nous avons aimé's demeure après que le destin les a retirés. Le temps qui est passé est à nous, et je ne vois rien dont nous soyons plus assurés que de ce qui a été. L'esr'éronc^

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