‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 51 sur 86 · SCÈNE ÏII · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏII

Les Mêmes, LAZARE.

Au fond du vestibule, les esclaves. Plus loin, plutôt devint qu'aperçue, la foule juive.

Un grand silence. On voit, du fond du vestibule, s'avancer lentement Lazare. Il ne regarde rien de ce qui l'environne. Les esclaves de la villa accourus parmi les dernières colonnes se grouprnt un moment comme pour lui bairer le passage. Mais à l'approche du Ressuscité qui semble ignorer leur présence, ils s'écartent silencieusement et successivement, Lazare entre par le fond de l'atrium et s'arrête sur le seuil exhaussé de trois marches. Marie-Magdeleine recule jusqu'à l'une des colonnes du premier plan, contre laquelle elle s'écrase, immobile. Mais Verus, rompant le silence, et la main sur la garde de son cpée, se rapproche de Lazare.

VERUS, d'une voix brutale.

Qui êteS-VOllS?... (Lazare ne répond pas.) VoiîL-

ne répondez pas?... Il est en eiïet plus facile de couvrir de silence ce qu'on n'ose avouer. Mais, si vous n'avez rien à nous dire, vous n'avez rien à faire ici! Il est heureux pour vous que ma pitié l'emporte sur mon indignation. Allez !

Nouveau et profond silence.

LAZARE, d'une voix qui ne semble pas encore rcdever.ue humaine, s'adressant à Marie-Ma^dclcine.

Viens, le Maître t'appelle.

Marie-Magdeleine se détache de la colonne où clic s'appuie, et l'ait, pour se rapprocher de Lazare, qualre ou cinq pas somuambuliqucs.

VERUS, lui barrant le chemin.

Où vas-tu?...

UARIE-MAGDELEINE, comme reprenant difllcilcmeiU conscience, d'une voix étonnée, hésitante, qu'elle s'efforce vainement de raffermir.

Où il veut...

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