SCÈNE III
Les Mêmes, LUCIUS VERUS.
MARIE-MAGDELEINE, courant à Verus, les bras tendus,
C'est bien toi, mon Verus, c'est bien toi!... Un œil qui me regarde en face, une épée, des épaules, une main qui ne tremble pas!... Viens, viens, que faut-il faire?... L'as-tu vu?... Où allons-nous?... Comment t'aider?... Combien d'hommes te faut-il?... Où sont les tiens? Il n'est pas seulement innocent, tu sais bien, il est tellement pur, il est tellement haut que les pensées des âmes ne peuvent pas l'attein-
tiO MARIE -MAGDËLEINE
dre... Il supporte tout, par bonté, pour les péchés du monde, mais nous ne voulons point qu'il s'immole pour nous... Un seul de ses regards, une seule de ses paroles valent toutes les vies de tous les autres hommes...
VERUS, glace.
Est-ce bien ici que je devais te rencontrer?... Qu'est-ce que ces... hommes... qui t'entourent?...
Ils sont sûrs... Ils l'aiment autant qu'il les aimait, mais il leur faut un chef... C'est toi qu'ils attendaient... ils te suivront partout...
VERUS, ironique.
Je ne suis pas venu pour commander cette Iroupe... étrangère. Je ne sais ce que tu veux (lire. Il y a quelque malentendu, et ce n'est