‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 71 sur 86 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

puisse aimer?... Il est certain que ce n'est pas

possible.

Je ne saisis pas bien ce que tu viens cle dire...

Pourtant, c'est assez simple. En le sauvant, je te livre sans défense au bandit qui t'entraînera avec lui, de déchéance en déchéance, au fond d'on ne sait quel abîme de folie et de misère d'où aucune force humaine et raisonnable ne pourra te faire remonter. En outre, pour ce qui me concerne, je te perds sans retour, en te donnant ainsi, de mes propres mains naïves et imbéciles, à celui qui me prend mon bonheur par des moyens contre lesquels un homme qui tient encore à son nom d'homme n'essaie pas de lutter. Au lieu qu'en l'abandonnant à son sort, il reste plus d'une chance

de te voir revenir à la lumière, 9t pour moi

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quelque espoir de te retrouver sur ma route; car nos deux vies ont encore, je l'espère, un long espace à parcourir, et de nombreux chemins, tu ne l'ignores pas, aboutissent à Rome...

Je comprends... Je comprends, puisqu'il faut bien comprendre; mais ne crois pas encore... Non, ce n'est pas possible, et tu n'es pas venu, tel que je te connais, pour me dire froidement que tu voulais le perdre et te venger ainsi d'un mal qu'il n'a pas fait... Il y a, il doit y avoir autre chose...

VERUS

Il y a autre chose, en effet... II nous reste, si tu y tiens absolument, un moyen de le sauver... I\îais, au point où nous sommes et où j'ai poussé l'aventure, le sauver, c'est probablement me perdre. En outre, le temps presse. La sentence est écrite, je l'ai vue. II sera mis

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