ACTE TKOîSiÈME
le supplice du seul homme qu'on adore, au contact de mes lèvres. Mais qu'as-tu donc?... Il semble qu'on te parle de choses inconcevables!... Qu'ai-je dit? Qu'ai-je fait?... Tt.n visage se décompose... Il n'y a pas de quoi UxO regarder ainsi, avec des yeux épouvantés et fous, comme s'ils assistaient à la chute du soleil ou à la violation d'un tombeau...
Laisse-moi!... Tu ne peux pas savoir... Je commence seulement à comprendre...
VERUS
II y a quelques jours tu comprenais plus proraptement...
MARIE-MAGDELEINE, d'uue voix douce et lointaine.
Oui, oui... Car on ne voit que peu à peu...
(Reg-nJant fixeineut devant elle.) Cela Se dérOulc
158 MARIE-MAGDELELNE
lentement, comme une chose qui n'aurait pas de commencement, pas de fin, pas de nom... II y a deux morts ici, j'ai deux morts dans ma main; et c'est cela qui est trop lourd pour un pauvre être né sur cette terre...
VERIJS
Deux morts?... Que veux-tu dire?... Tu n'as pas l'intention de le suivre?... Ta mort, puisqu'il t'aime, ne ferait qu'ajouter à la sienne une amertume bien inutile...
MARIE-MAGDELEINE, de la môme voix douce et loinl;une.
Non... Ce n'est pas de la mienne que je parle... Ce sont deux autres morts... J'ai encore ma raison... Je vois clair dans l'abîme... Laisse-moi regarder où tu ne peux rien voir...
VERUS
Je n'aurais pas cru qu'en venant t'apporter