ACTE TROISIÈME iGÔ
défendu par ses anges... Je ne peux pas passer... Il n'y faut pas songer...
VERUS
En voilà assez, et puisque tout est inutile, qu'il en soit fait comme tu Tas décidé... Ce n'est pas moi qui le mène au supplice.
MARIE-MAGDELEINE, s'atlachant aux vêtements de Véru» qui fait un pas vers la porte.
V^érus! Vérus!... Je t'en supplie!... Ce n'est pas tout!... Tout n'est pas dit!... Cela ne peut se décider ainsi!... Mais ne demande pas la seule chose impossible... Je serai ton esclave, je veux vivre à tes pieds, te servir à genoux, le reste de mes jours, mais donne-moi sa vie sans détruire en mon âme et par toute la terre ce qui est la vie même de notre vie nouvelle!...
VERUS
Cela suffit!... Du reste, il n'est plus temps.
166 MARIE -MAGDELEliNE
Ma patience à sauver un rival que je hais, est aussi ridicule que ton obstination à sauver ton amant en chantant ses louanges!... Quand tu le verras mort avant trois heures d'ici, ne pleure pas sur lui, de crainte que tes larmes ne
te rejaillissent au visage!... (Apercevant Joseph jUArimathi© qui discrètement entr'ouvre à gauche, la porte du
Cénacle.) Qui va là?... Entrez donc, cela tombe à merveille!... Il nous faut des témoins. Où sont les bateleurs, les monstres, les lépreux? Il faut que je leurdise...
Quoi?...
VERUS
Ils sauront qui a livré leur Dieu!... Nous verrons en même temps si tu auras le coeur de l'achever, sous leurs yeux et comment ils accueilleront la nouvelle... Si répugnants