‹ Marie Mignot (volume 2)Chapitre 6 sur 44 · II · texte numérisé non relu

II

dîsalt an jour Mazarîn à la Régente , qui prenait son éventail en entendant prononcer mon nom : — Est-ce que Ma- <lamerépondraittouzoursd'elle.même?-Quelle(]emande.

— Ma si on offrait h Madame oun million? — Quelle horreur ! — Oun million de pistoles ? — Flnirez-vous ! — Onna centaine de millions ?

MARIE

Ah ! dame , vous en direz tant. . .

MARI ON

Allons donc... voilà des Marlon Delorme toutes trouvées.

MIGNOT

Le fait est que c'est une jolie somme.

MARIE , à part.

Dieu ! . . . est-ce que j'aurais aussi mauvais ton , si j'avais voiture ? Je voudrais bien voir. . .

MARION

Oh! moi, je n'en rougis pas... Je serais fière de donner mou nom à la galanterie , comme Corneille au génie tragique.

Et moi aux sauces.

MARIOTf.

Mon existence est si heureuse , si animée ; c'est une ivresse perpétuelle. A mon lever se presse et bourdonne à ma toilette un essaim de jeunes seigneurs. Quelle sera la partie du jour? Où dînera-t-on? Graves questions que ]e décide sans appel. Le soir, j'occupe la plus belle loge à l'hôtel de Bourgogne. Ma parure fait le désespoir des duchesses. A minuit, un tapis vert. Un brillant Lansquenet. Des pyramides d'or qui s'élèvent et disparaissent. Moi , ça m'amuse. .. j'aime les caprices de la fortune; c'est tout simple, n en suis-je pas un?

MARIE, à part.

Dieu ! son bonheur donne des idées.

MARION

Et les amans qu'on prend, qu'on laisse, qu'on désole. . . Ah ! c'est drôle.

MARIE

Pourtant, quand on aime quelqu'un, il me semble que la fidélité. . .

MARION

La Gdelité? je ne l'ai connue qu'une fois, dans un autre temps. » . Pauvre Cinq-Mars ! . . .Mais aujourd'hui. . .

AIR du Charlatanisme.

La fidélité !... c'est mon lot !..

Je l'estime fort et pour causes ; Mais non pas en détail ; il faut En grand concevoir bien des choses :

Un amant a-l-il votre foi ?

Qu'à son cœur le vôtre réponde ; Soyez lui fidèle. . . Pour moi J'aime tout le monde , et je doi Être fidèle à tout le monde.

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