‹ Marie MignotChapitre 13 sur 63 · P ÉPOQUE, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

P ÉPOQUE, SCÈNE VII

parle de ton mariage, ça a paru l'intéresser, qu'il en est devenu tout pâle, quoi !

MARIE

Qu'en pcnse-t-il?

MIGNOT

Il allait me le dire, quand nous avons été interrompus par une ducLesse. 11 voulait la renvoyer pour moi: parceque lui, les duchesses, ce n'est rien du tout. Mais je me suis retiré, et il m'a fait reconduire de force en carrosse.

MABIE.

Comment! 11 en a un?

MIGNOT

Celui d'un marquis dont il a fait saisir les mevibles.

Air du vaudeville des Maris ont tort.

Ah ! dam', c'est un beau privilège !

Un procureur voit chaque jour, Dans son étude qu'on assiège , A ses pieds la ville et la cour.

On cède à tout ce qu'il ordonne.

Les plus grands implor'nt son appui ; Comme il n'a d'é.gards pour personne.

Ça fait qii' tout 1' monde eu a pour lui.

Comme sa première femme était heureuse !

MIGNOT

Je crois bien.

LAGARDIE, à part.

Que dit-elle? Ce caprice...

MARIE

Un mari qui tient dans ses mains le sort de tant de personnes !

MIGXOT.

Et leur carrosse.

MARIE

Qui peut humilier les uns.

MIGXOT.

Qui fait remise des frais aux autres.

MARIE

Courir en poste à la fortune!

MIGSOT.

Courir! dis donc voler!... Et puis le désintéressement... Moi, si je n'étais pas pâtissier, je voudrais être procureur.

MARIE

Dieu! si vous l'étiez!

LAGARDIE

Qu'entends-je ! Lui ou moi , n'est-ce pas ?

Eh bien! qu'est-ce qui te prend donc?

MARIE

Lagardie!

MIG>OT, apercevant Nacquart, qui paraît dans le fond.

Ah! tenez, c'est lui; c'est ce bon M. Nacquart , mon digne procureur.

LAGARDIE, à part.

Procureur! pourquoi pas?... J'écrirai à mon oncle. Je cours voir mes amis... Marie, vous serez contente... Père Mignot...

(Il lui secoue la main. )

sQs

MIGNOT

Mais encore , dis donc...

LAGARDIE

Ne me retenez pas... Adieu, Marie, adieu.

{ Il sort par le fond, très vivement, en heurtant M. Nacquart , qui se trouve sur son passage. )

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