SCÈNE VIL
Les Mêmes, MIGISOT.
MIGSOT, entrant par le fond, à droite.
A la broche ! chaud, chaud... Ah ! te voilà... J'ai pensé à ta proposition; me succéder! c'est ambitieux, mais ça ne me déplaît pas; ça vaut mieux que d'aller se faire tuer sur la frontière. Sois tranquille ; une fois entre mes mains... Cest que j'ai fait des élèves! Vatel, par exemple, le petit Vatel , le maître-d'hôtel du prince de Coudé ; il sort de mes fourneaux .. Et , dismoi, qu'est-ce que tu crois que ton oncle pourra bien te donner à-peu-près?
LAGARDIE
Il m'avait parlé de quatre mille écus ; mais à présent, qu'importe?
MIGSOT.
Comment, diable!... Douze mille livres!
mais avec ça nous nous entendrons bien.
LAGARDIE
Au contraire, j'ai peur que non ; votre nièce... Ah! père Mignot!...
Qu'est-ce que c'est? une querelle? Allons donc! L'amour, c'est comme un dioer, ça ne vaut plus rien quand ça refroidit. Ce mariage-là me convient tiès fort. Je viens d'en toucher, tout-à-l'heure, deux mots à M. Nacquart, qui te baise bien les mains, Marie.
LAGARDIE
Ah! M. Nacquart. Quel est cet homme-là?
MIGSOT.
Oh dame! c'est un homme charmant, un procureur honnête et désintéressé , seul et unique de son espèce... Croirais-tu qu'il n'a jamais voulu recevoir mon argent? 11 me fait remise des frais .; c'est superbe... Ah ! c'est qu'il est riche, celui-là.
MARIE
Je crois bien! à la bonne heure, voilà un état... procureur !
LAGARDIE
Comme mon oncle. Quoi! vraiment, ça vous plairait?
MIG.NOT.
l'n procureur doit toujours plaire à une femme, quand il fait bien ses affaires. Et M.Nacqtiart! il faut voirdans son antichambre, des grands seigneurs, et je dis des plus huppés; les mains dans leurs poches, ou bien soufflant dans leurs doigts. Voilà comme il les traite. Moi, c'est différent: reçu tout de suitc,etdes politesses.. . — Comment va la belle Marie ? Penset-elle toujours à moi? — Aussi , quand je lui ai
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