‹ Marie MignotChapitre 15 sur 63 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MARIE, NACQUART

NACQUAKT.

Nous voilà seuls, tant mieux !... Ma belle ilemoiselle, allons, que votre cœur se rassure... Cette fois - ci , mes ^-ues n'ont plus rien qui puisse vous mécoittenter... J'espère qu'il est enrore temps?

MARIE

Assurément... je ne dis pas... Mais, monsieur Nacquart, combien coi'tte une charge de procureur?

>'ACQUART.

Ah! j'entends... Les moindres de notre compagnie se vendent quinze et vingt mille ëcus.

MARIE-

Pauvre Lagardie!... il n'a que douze mille livres'.... Et, pour être procureur, il faut de longues études ?

NACQUART

Trois ans de droit, et cinq ans de clérica-

ture.

MARIE , à part.

Huit ans! oh! que c'est long!... Je l'aime bien... mais je n'attendrai jamais jusque là.

NACQUART

Il faut du temps pour faire sa fortune, et moi , Marie, je vous en offre une toute faite... Oui, c'est un secret de famille, les jNarquart sont procureurs de père en fils; la pelote a grossi en roulant, et aujourd'hui, je ne dis cela qu'à vous, parceque la réputation de mon père pourrait en souffrir un peu... aujourd'hui je compte par cent mille écus.

MARIE

Cent mille écus !

NACQUART

Le dotible.

MARIE

Six cent mdie livres!

NACQUART

Encore!

MARIE

Vraiment?... Et Lagardie!... Oh! non, non, jamais!... Monsieur Nacquart, vous m'aimez, vous le dites du moins, et je veux bien le croire ; ne pourriez-vous l'aider à faire sa fortune, le protéger?...

NACQUART

Enfaniillage!. .. on devient commis, on

CÔ9

avance par protection... mais procureur, c'est autre chose!... i! faut du travail et de l'argent... Allons , nous avons ruiné tant de {^ens ! j'ai besoin d'enrichir quelqu'un... ça me ferait du bien. Le contrat est prêt: je vous aime, Marie... Je vous assure toute ma fortune... Je vous donne un rang... Je vends mon étude... J'achète une charge au parlement... Pour vous plaire, je monte ma m-aison sur le pied le plus somptueux... Vous aurez équipage... Je donnerai des fêtes, où la Cour et la ville se presseront comme à celles du surintendant Fotjquet...

MARIE

Monsieur Nacquart... de grâce... comme vous me pressez!...

NACQUART

Il est permis d'embrouiller les idées de son juge, c'est démon état. Voyons, choisissez: blanchisseuse, ou grande dame... Le curé m'attend... Les diamants sont prêts.

MARIE

Les diamants !... Ah ! ce pauvre Lagardie !

ceiSfiassssâseeassefisciewwiwvSwSssâeoâûwsesesaoMesâeeeesee

Page 1